Parlons de “démocratie”
La fin de l’élection présidentielle le 6 mai dernier, conclue par la victoire de Nicolas Sarkozy, aura été suivie par le triste spectacle d’échauffourées entre militants anti-sarkozistes et forces de l’ordre voire, en certaines endroits, par des émeutes urbaines. Ces évènements, qui furent notamment le fait de nervis d’extrême gauche, appellent à une réflexion (à froid) sur ce qu’est la démocratie, sur son existence et sur les réalités qu’elle recouvre.
Dès le score de Nicolas Sarkozy annoncé, une bande d’activistes issus de la mouvance trotsko-gauchiste anarchisante s’est immédiatement amassée place de la Bastille dans le but d’en découdre avec les forces policières. Les deux jours qui suivirent furent marqués par des violences en tous genres, perpétrées par les voyous banlieusards ou les gauchistes s’affrontant avec les forces de l’ordre. En prime, le mercredi 9 mai, le centre universitaire de Tolbiac fut proclamé « en grève » par une poignée d’étudiants (prétendant parler au nom de tous les autres) et les activités d’enseignement furent paralysées.
En face, les forces de police mettaient en œuvre les pratiques rodées depuis plusieurs années déjà… non pas pour réprimer la délinquance ou les violences urbaines, qui n’ont cessé d’augmenter les cinq dernières années (avec Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l’intérieur), mais pour défendre le pouvoir en place. Plus que jamais, l’adage selon lequel la République gouverne mal mais se défend bien trouve tout son sens.
Le spectacle qui suivit les jours suivant l’élection fut donc celui de quelques poignées d’agitateurs d’extrême gauche essayant de déstabiliser le pays pour faire annuler l’élection de Nicolas Sarkozy (ils y croyaient, oui !), dans le but, qui restera probablement inavoué, de relancer une mouvance gauchiste totalement moribonde et archaïque qui vivote péniblement sur quelques idéologies unitaires, notamment « l’anti-fascisme », seule matrice encore viable des mouvements nihilistes de ce genre. Beaucoup plus graves seront les troubles causés par les banlieues si jamais elles se réveillent, ce qui est loin d’être exclu et peut encore arriver malgré le relatif calme revenu, le spectre des émeutes de novembre 2005 étant encore présent dans tous les esprits… Une étincelle provocatrice de la part de Nicolas Sarkozy ne manquerait pas de mettre le feux aux poudres. Paradoxalement, l’explosion des banlieues aurait plutôt pour conséquence de bénéficier au nouveau gouvernement, ce dernier ayant pris l’habitude de se situer sur une thématique sécuritaire, les Français ayant, on l’a vu, tendance à un peu trop oublier qu’un discours droitier ne dédouane pas l’UMP d’être en grande partie responsable de la situation actuelle de notre pays.
Ainsi, s’opposent dans ce tourbillon chaotique les forces nihilites d’une extrême gauche déclinante, les émeutiers banlieusards, pour la plupart issus de l’immigration, et les forces de l’ordre d’une République crypto-totalitaire. La touche humoristique de ce triste spectacle se situe dans le fait que chacun de ces acteurs se bat… au nom de la démocratie !
Les émeutiers banlieusards tout d’abord : issus pour la plupart d’une jeunesse immigrée trahie par les politiciens cosmopolites et universalistes, abêtie par des années de rap intellectuellement abject et idéologiquement anti-français, le tout saupoudré de quelques notions révolutionnaires sorties du bouillons de l’Education Nationale, leurs figures politiques sont le rappeur Joey Starr qui, après avoir produit de la haine anti-française en musique, produit de la haine anti-française en meeting, et l’ancien footballeur Lilian Thuram qui parvient péniblement à faire croire qu’il est un intellectuel par un nouveau look de porteur de lunettes. Les émeutes de 2005 avaient été décrites par nombres « d’associations de quartiers » et de politiciens véreux de gauche et d’extrême gauche comme des « manifestations/protestations sociales » : ces jeunes n’auraient fait que demander davantage de démocratie (en brûlant la cité et les voitures des prolétaires, aux cris « d’Allah Akbar » et de « Sarkozy sale juif »… !)
Les voyous d’extrême gauche : moins nombreux, leur gabarit est un peu plus recherché. Politisés par le biberon marxisant des profs de sociologie ou des facs de « sciences humaines » (sic), ils rêvent d’une Révolution « démocratique » (encore !) dont l’avenir semble de plus en plus compromis, l’extrême gauche devenant progressivement, toutes tendances confondues, un groupuscule survivant grâce à la complaisance médiatique à son égard et une Education Nationale en faillite qui enseigne mai 68 comme un succès.
Enfin, les forces de la République dont les légions policières ont gagné en puissance ces dix dernières années. C’est la République sécuritaire, celle des caméras dans les lieux publics (et bientôt dans lieux privés ?), celle des armées de policiers habillés en robocop chargés de faire régner l’ordre bourgeois dans une société martyrisée par le désordre moral et le chaos organisé par des décennies (pour ne pas dire « par deux siècles ») de politique nihiliste.
Chacun de ces groupes se bat au nom de la démocratie, c’est peut-être cela qui rend la situation actuelle encore plus pathétique : chaque groupe se renvoyant au visage l’accusation d’antidémocratie. Tout comme jadis les libéraux version Sarko-UMP criaient à l’atteinte contre l’intégrité de la démocratie face aux politiques soi-disant collectivistes des gouvernements socialistes, les gauchistes crient au « fascisme » devant un chef de l’Etat de « droite » sorti des urnes. En face, les forces de l’ordre protègent les capots élus, toujours au nom de la démocratie !
Au fond, ce pathétique spectacle est sans doute bien représentatif de ce qu’est réellement la démocratie : une idéologie illusionniste usitée pour imposer, par le terrorisme intellectuel, certaines politiques. La démocratie n’est, ainsi, pas un simple régime politique, elle est consubstantielle au programme politique de ceux qui s’en revendiquent : il ne peut y avoir de démocratie en dehors des étroits paradigmes de ceux qui en font la promotion. Et, lorsque des acteurs différents opposent différentes conceptions de la démocratie… c’est le drame.
La démocratie n’est qu’ainsi que l’alibi permettant de dédouaner de nombreuses idéologies de leur faiblesse intellectuelle, de leur médiocrité ou encore de leur échec patent : le but n’étant plus de chercher à démontrer que la doctrine que l’on propose est bonne, juste ou légitime, le but étant simplement d’arriver à faire croire que l’on représente la démocratie face aux adversaires de celle-ci, ceci permettant par la suite de jeter des anathèmes sur des adversaires politiques.
Une telle situation n’est rendue possible que par le culte quasi-religieux que nos sociétés occidentales vouent à la démocratie, terme pourtant polysémique qui peut recouvrir des formes de gouvernements très diverses, ainsi que l’a démontré Charles Maurras dans « La démocratie religieuse. » Cette dévotion religieuse envers un mot qui recouvre des réalités très différentes permet d’accuser son adversaire de manquer au sacro-saint devoir de piété à l’égard de la République, quelque soit le terme que l’on mette derrière.
Au fond, derrière les rangées de CRS, les voyous banlieusards et la racaille gauchiste, il y a ce dénominateur commun qu’est l’hypocrisie démocratique, cette hypocrisie qui consiste, par le jeu d’un subterfuge sémantique hors du commun, à faire croire que le simple mot « démocratie » permet tout et n’importe quoi, y compris, pour certaines permis, prendre les armes contre le résultat du suffrage universel.
L’Action française, bien qu’elle ne soit pas intrinsèquement opposée au suffrage en toutes circonstances, récuse la notion de « démocratie, » ce « mensonge universel » comme la définissait Charles Maurras. En elle, nous ne voyons que les idéologies nihilistes qui s’affrontent. A la démocratie, caution des idéologies, nous préférons la doctrine politique traditionnelle qui trouve ses racines philosophiques dans la pensée aristotélicienne puis thomiste et se prolonge chez Maurras. Cette pensée récuse le paradigme démocratique qui voit dans le nombre ou dans une idéologie fondée sur la masse populaire la garantie d’une bonne politique.
Alors que les idéologies s’affrontent pour déterminer laquelle est la plus démocratique, (ou la plus populaire…) l’Action française propose une doctrine tournée vers la France, tournée vers notre héritage, qui observe la saine loi naturelle plutôt que les soubresauts du suffrage ou les chimères idéologiques.
Après cette énième mascarade électorale, il est tant de rejeter définitivement les idoles révolutionnaires, refuser à la fois l’Etat policier républicain, le chaos urbain des bandes délinquantes et le terrorisme de masse des nervis gauchistes.
Balayons les idéologies, enracinons-nous sous la bannière du roi !
Doumenge Mistral
mai 14th, 2007 à 20:14
Bravo, Quel souffle !
Effectivement l’identité française n’est pas née il y a deux siècles !
Votre constat est sans appel et il est possible sinon probable que les réseaux d’agit prop de l’ultra gauche , remontés à bloc chercheront l’escalade.
Mais alors après le constat que proposer ?
Certainement pas une surenchère d’actions violentes mais l’image d’une jeunesse qui passe au second rang ses divisions et porte clairement quoique sans ostentation ses valeurs.
Ainsi elle montrera : au pouvoir en place qu’elle ne transigera sur aucune !
au peuple que le respect de l’autorité de l’état est une des conditions pour faire prévaloir le sens commun et …ses idées !
C’est un fait nous ne sommes pas dupes des limites du suffrage universel quand le choix politique est en fait confisqué par les factions et les partis qui ne sont que le prolongement constitutionnels des organes de propagande des “majors - médias”
Lesquels appliquent à la lettre la leçon d’un chancelier allemand qui indiquait qu’un mensonge bien asséné et longuement répété devenait une réalité pour la masse.
——
Sarko est homme à connaitre et à tenir compte des rapports de forces :
–> Mobilisons autour de nous et pesons fortement sur des thèmes sociétals centraux (pétitions, diffusion large d’informations de réflexions, … ) :
1) Identité : Rebondissons sur le discours fleuve de son meeting parisien et véhiculons autour de nous le fait que contrairement à d’autres états européens la France est millénaire (la période républicaine etant ainsi ramenée à sa dimension conjoncturelle) .
Que son rayonnement était plus grand quant elle était un royaume !
Que son rapport au monde et sa vision humaniste est bien antérieure à la révolution et aux pseudo lumières !!!
Ne pourrait il y avoir des tracts dont les contenus seraient moins provoc mais qui porterait une valorisation positive du fait monarchique et de sa contribution à la nation?
2) Refus d’un mini traité qui serait un nouvel avatar européiste
3) Refus du concept d’homoparentalité et des projets tournant autour du mariage et de l’adoptiion
Les sujets ne manquent pas !! Et les forces soit disant progressistes vont se coaliser probablement.
Pour balayer les idéologies mortifères (ne serait-ce pas un pléonasme ?), l’enracinement sous la bannière du roi n’est certainement pas inutile, mais ne faut il pas être présent sur tous les fronts et rechercher thème après thème une coalition la plus large possible (ex souverainistes, catholiques)pour peser sur ce nouveau pouvoir !
Quelque doute l’on puisse avoir sur sa légitimité on ne peut nier sa réalité !
mai 16th, 2007 à 16:25
bravo!
mai 18th, 2007 à 9:42
Je n’ai qu’un mot a dire SUPERBE
VIVE LE ROI ET LA FRANCE
mai 24th, 2007 à 14:36
C’est pas très intelligent de fustiger les “armées de policiers habillés en robocop chargés de faire régner l’ordre bourgeois”, on en aura peut-être besoin pour mater deux ou trois émutes en banlieue…
mai 24th, 2007 à 17:15
Et si c’est nous qu’ils matent ?
mai 26th, 2007 à 12:05
Alors il faudra un nouveau 6 février. Tu es partant ?
mai 31st, 2007 à 23:49
[…] Quelques remarques : Outre le fait que le parti National-socialiste d’Adolf Hitler arriva au pouvoir en 1933 (et non pas en 1932), on notera avec amusement la petite phrase selon laquelle “La démocratie se pratique entre démocrates, elle ne doit jamais être l’excuse à la prise du pouvoir par le fascisme.” Mais qu’est-ce que la “démocratie” ? Voilà qui laisse extrêmement rêveur. […]
juin 17th, 2007 à 0:49
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