“Ces rois qui ont tout changé”
Historia n’est pas une revue royaliste. Cependant, le lecteur objectif sera toujours comblé par la qualité des dossiers qu’elle propose et la diversité des historiens qui y apportent leur contribution.
Dans le magnifique dossier du numéro 107 d’Historia Thématique de mai-juin 2007, intitulé « Ces rois qui ont tout changé, » pas moins de 12 portraits de rois de France sont brossés par des historiens de renom parmi lesquels Jean-Christian Petitfils ou notre amie Anne Bernet, ainsi que les réformes qu’ils menèrent de leur temps, au niveau de l’Etat, de l’école, des arts, de la diplomatie…
Un magnifique dossier qui ne manquera pas de nous rappeler combien la France doit tout à la monarchie.
Nous ne résistons pas au plaisir de publier l’éditorial de cette revue : certes, ce n’est pas de la propagande monarchiste mais cela n’en demeure pas moins fort éloigné des sentiers battus de l’historiquement correct.
C’est à croire que nous devons tout à la République. Auparavant, la France vivait sous l’Ancien Régime, autant dire un système archaïque et inégalitaire, dominé par un monarque plus intéressé à sa propre gloire qu’à la prospérité de ses sujets, lesquels soutenaient par leur labeur deux classes oisives, la noblesse et le clergé. S’il est vrai que la Révolution a provoqué une rupture de régime, la plupart des institutions qui structurent la société aujourd’hui viennent d’un passé parfois très lointain. A tout seigneur tout honneur, c’est Hugues Capet, le fondateur de la dynastie, qui, le premier, a jeté les bases de la principale institution: le gouvernement de l’Etat. Au fil du temps, ses successeurs se sont efforcés d’apporter leur pierre à l’édifice. Et avec trente-cinq rois sur une période de neuf siècles, celui-ci tient debout. En retrouvant ces contributions successives, Historia a formé un gouvernement idéal (présenté selon l’ordre protocolaire de la République), une dream team à faire rêver n’importe quel chef d’Etat…
L’exercice – ludique – consiste à attribuer chaque ministère au monarque le plus emblématique. Pour certains, le choix s’impose: on ne saurait nommer Saint Louis ailleurs qu’à la Justice, lui qui a gagné l’amour de ses sujets par son sens de l’équité. En revanche, il ne nous a pas paru souhaitable de confier les Finances à Philippe le Bel, le champion des manipulations monétaires un peu douteuses ; il exerce mieux son talent dans le rôle d’arbitre, à l’instar du locataire de Matignon. François Ier excelle au ministère de la Culture et de la Communication, tant son oeuvre de mécène et son sens de la représentation – camp du Drap d’or pour séduire Henri VIII, grande entrée à Paris pour éblouir Charles Quint – impressionnent les contemporains. Inutile de présenter Henri IV, sa poule au pot et son ministre Sully: l’Agriculture devait lui échoir. Son petit-fils, Louis XIV, premier flic de France ? Un anachronisme, certes, mais on ne peut dénier au Grand Roi d’avoir mis de l’ordre dans le pays et uniformisé une administration qui manquait de cohérence.
Pour certains, le « poste » est plus surprenant. Louis VI le Gros, par exemple, s’avère un adepte de la culture biologique avant l’heure, et ne serait pas désavoué par Nicolas Hulot. On n’attend pas Philippe II Auguste, le vainqueur de Bouvines, dans le rôle d’un protecteur de l’école ; pourtant, en voulant faire de sa capitale une ville qui puisse rivaliser en prestige avec Bologne, Oxford ou Cambridge, il favorise le développement de l’université. On ignore aussi que Charles VII, le monarque indécis qui n’a jamais livré bataille, met sur pied une armée permanente dont l’efficacité lui permettra de reconquérir son royaume. Et Louis VII, le pauvre Louis VII passé à la postérité pour la perte de son épouse (Aliénor) et celle d’un prestigieux duché (l’Aquitaine), il a tout de même réussi à faire fructifier ce qui lui restait de territoire en développant le commerce et l’artisanat; le père de la petite entreprise, en somme. D’autres, et non des moindres, tels Charles V, Louis XI, Louis XV, ont également imprimé leur marque dans la constitution de la nation. Oui, la République doit énormément aux têtes couronnées. Forcément. Sinon, ce serait le paradoxe : pas de pères, rien que des fils !
Historia
mai 29th, 2007 à 9:56
Ainsi, en ne voulantpas les reconnaître,voir les renier, ne sommes nous pas restés des enfants attardés au stade oedipien pour avoir fait ce parricide en décapitant Louis XVI.
peut être ce la raison pour laquelle les français ne s’aiment pas;
mai 29th, 2007 à 14:48
Comment ça, LEPAGE, les français ne s’aiment pas ?
mai 29th, 2007 à 15:14
Il est encore en vente ce numéro? Je crois que maintenant le nouveau numero est sur la guerre civile en espagne
mai 29th, 2007 à 21:59
Il s’agit du numéro “mai-juin 2007″ donc, oui, il est sans doute encore en vente.
Attention : c’est le “Historia THEMATIQUE” qui ne se confond pas avec le Historia mensuel.
mai 30th, 2007 à 21:20
Historia ! Une revue de m***e !! Je ne sais pas si vous avez lu d’autres numéro, mais celui-ci ne déroge pas à la règle et cet éditorial suffit à le voir! Comparez des rois à des ministères ??! Quel historien se permettrait de faire cela, même sur le ton de l’ironie ?! Il s’agit d’une vulgarisation de notre histoire nationale destinée au bas-peuple et à soi-disante érudition…Comme vous l’avez dit: cette revue n’échappe pas au politiquement correct !
mai 31st, 2007 à 0:46
Vous êtes sectaire et borné ! Je préfère qu’une revue “politiquement correct” parle en bien de la monarchie, même si elle n’en parle pas exactement comme je le souhaiterai, plutôt qu’elle en parle en mal.
mai 31st, 2007 à 6:57
en fait ce qui m’enerve le plus c’est que cet article s’adresse “aux lecteurs objectifs”, après faites ce que vous voulez, mais sachez qu’il existe d’autres revues qui parlent aussi bien de la monarchie (si ce n’est mieux) sans déformer la réalité historique…Mais dans ce cas bien sûr, elles sont moins connues.
juin 1st, 2007 à 9:20
Historia avait consacré un très bon dossier sur Louis XVI.
juin 2nd, 2007 à 18:28
Cette phrase me semble royaliste:
“La France a besoin d’une réforme fondamentale de son système de pilotage de sécurité nationale, inscrite dans le temps et non susceptible d’être remise en cause par une alternance politique.”
Elle est extraite de ce texte intéressant:
http://www.infoguerre.com/arti.....mp;order=0
juin 3rd, 2007 à 0:22
Des phrases comme ça il y en des dizaines dans les rapports et les ouvrages concernant la dette publique et la réforme de l’Etat. J’en avais relevé notamment dans le rapport Pébereau de 2005 qui fustigeait le nombre trop élevé d’élections et de campagnes électorales en France….
A chaque fois je me dis qu’il suffirait de leur proposer notre solution pour les faire basculer…