Légalité contre légitimité : Antigone vierge-mère de l’Ordre !

« Je viens de relire Antigone. Il n’y a pas de doute : l’anarchiste de la pièce n’est pas elle, c’est Créon. Créon a contre lui les dieux de la Religion, les lois fondamentales de la Cité, les sentiments de la Cité vivante. C’est l’esprit même de la pièce. C’est la leçon qui en ressort : Sophocle n’a pas voulu nous peindre seulement le sursaut de l’amour fraternel ni même dans le personnage de Hémon, fiancé d’Antigone, celui de l’Amour tout court. Ce qu’il veut montrer aussi c’est le châtiment du tyran qui a voulu s’affranchir des Lois divines et humaines.
On s’accorde généralement à comprendre cette révolte comme la voix de la conscience humaine, universelle et éternelle, élevée au nom d’un impératif stoïcien et kantien. C’est la protestation moderne de l’Un contre toutes les formes de la Communauté. C’est l’énonciation du droit de la Personne contre la Cité, c’est le conflit de la politique et de la morale : on va même jusqu’à dire l’hostilité de l’Ame au corps de la Société, la sédition de l’Individu contre l’Espèce. Ainsi fait-on d’Antigone une Ennemie de la Loi sociale et comme l’incarnation sublime de l’Anarchie. Je n’ose compter tous les bons humanistes et tous les hommes d’ordre qui ont adopté et recommandé cette interprétation.
C’est un contresens complet.
(…) Non, l’image courante d’Antigone est à réviser. C’est elle qui incarne les lois très concordantes de l’Homme, des Dieux, de la Cité. Qui les viole et les défie toutes ? Créon. L’anarchiste, c’est lui. Ce n’est que lui. »
Charles Maurras
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janvier 17th, 2008 à 22:09
“vs” ?!?
Ne pouvez-vous pas mettre “contre” ?! Nos sommes en France et nous sommes nationalistes bon sang !!
janvier 18th, 2008 à 16:30
On passera sur cette comodité…
janvier 21st, 2008 à 9:58
je corrige bien volontiers… c’ souvent pour une question de place que j’utilise cette …. comodité.
Amitiés françaises à tous deux.