L’otan, et nous…
Les questions militaires sont d’actualité… Certes elles ne font pas la une des journaux comme les sordides turpitudes de supporters transformées en une baudruchesque affaire d’Etat, ou les tristes simagrées olympiques, car la défense de la nation, son intérêt même ne sont pas très vendeurs. Qu’importe le lendemain tant que la télévision fonctionne, la bière est au frais et le chien sage dans son panier ! Pourtant se trame sous nos yeux un drame dont l’avenir de notre pays sera sans aucun doute affecté.
Posons les bases. Le traité de Washington signé le 4 avril 1949 marqua la création de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), organisation militaire regroupant des pays du monde « libre » et destinée à contrer toutes agressions de l’URSS, notamment en Europe de l’Ouest. S’élargissant et se renforçant au fur et à mesure que la menace soviétique se faisait moins évidente, son rôle fut remis en question, notamment par le Général de Gaulle, qui après s’être opposé à la « tentative hégémonique » de cette organisation retira la France du commandement intégré en 1966.
Ce machin à la solde des Etats-Unis a-t-il encore une raison d’exister aujourd’hui ? Alliance, certes, mais contre qui ? Contre un terrorisme islamique aussi diffus que protéiforme ? Ce ne sont pas les chars de l’OTAN qui en viendront à bout ! Contre la Russie ? Qui peut sérieusement penser que celle-ci représente une menace ? Alors alliance pour quoi faire ? Les dernières interventions : l’écrasement de la Serbie sous un tapis de bombe et l’enlisement afghan ne sont pas là pour nous rassurer. De plus, il est flagrant de constater que les intérêts de l’Oncle Sam se confondent étrangement avec les actions de l’OTAN…
Monsieur Sarkozy veut nous remettre le pied à l’étrier avec la réintégration de la France au commandement intégré… Fort bien, mais primo : est-ce dans le sens de notre intérêt national (si tant est que le nain à cothurne puisse y penser…) ? Secundo la France, à l’heure des coupes claires et iniques dans le budget de l’armée, pourra-t-elle alors avoir les moyens de remplir les missions fixées ?
L’intérêt national ? Certes on m’accusera peut-être d’être obtus, mais j’ai beau retourner dans tous les sens le bidule atlantique, rien n’y fait ! Nulle part, dans quelque recoin que ce soit, je n’y ai entre aperçu une poussière d’intérêt pour nous. François d’Orcival avançait dans l’un des derniers éditoriaux de « Valeurs Actuelles » que l’armée coûtait fort cher à la France et que l’OTAN nous aiderait à faire des économies en nous mettant sur la voie d’une armée européenne… Pitoyable radotage de libéral gâteux ! Certes, l’argent est le nerf de la guerre, mais doit-on faire des coupes claires dans le budget de la défense, outil de grandeur et de prestige de la France alors que des milliards sont dilapidés dans des causes plus que douteuses ( dont les amendes à l’UE…) ? Nous refusons cette sinistre raison utilitariste ! Maintes fois, les caisses de la France furent vides à force d’une guerre trop longue : la guerre de cent ans, celle de trente ans etc. Cela nous a-t-il conduit à renoncer et voir notre pays soumis au risque de l’invasion ? Jamais ! On pourrait arguer que ce risque est bien loin aujourd’hui ! bien loin ? Ces pantouflards sinistres n’ont-ils pas vu que nous vivions dans un monde de plus en plus instable, où une force de réaction sûre et entretenue est de plus en plus indispensable ?
Et si le nain jouant au Président veut nous remettre à l’œuvre dans l’OTAN, en particulier en envoyant 1000 soldats supplémentaires en Afghanistan, où allons nous trouver l’argent nécessaire pour les entretenir ? Sur notre parc de 350 chars Leclerc, il est question d’en revendre 150. Lors de la dernière intervention contre les pirates somaliens, la frégate intervenant avait un de ses moteurs en panne, la moitié des hélicoptères étaient hors-service et pourtant nous avions mobilisé le meilleur matériel !
Où est donc la cohérence ? Nulle part… c’est peut être le plus pitoyable, mais à quoi d’autre faut-il s’attendre avec l’impéritie républicaine… La trahison de l’intérêt national semble être un moyen de gouverner … Nous le refusons ! Nous ne voulons pas d’une France supplétive des intérêts Américains par le biais de l’OTAN, nous ne voulons plus d’une armée pauvre, devant vivre d’expédients dont les pitres qui nous « gouvernent » se servent comme d’une variable d’ajustement budgétaire. La France doit se donner les moyens de sa grandeur, des sacrifices sont nécessaires, faisons-les !
Vindex
mai 26th, 2008 à 11:42
Le machin que vous débinez sans trop le connaître a forcé la paix en Europe occidentale et a coulé le Pacte de Varsovie en 1989, sympathique coalition qui ne nous voulait que du bien.
Certes la menace soviétique disparut avec l’effondrement de l’Armée Rouge, mais, quelles que furent les connivences avec les Etats-Unis depuis, ce n’est sans doute pas au moment où la Russie réarme à grands frais que nous pourrions compter sur la seule armée française qui n’est plus capable de grand chose sur le théâtre continental.
Le “mobile” de l’OTAN, qui a disparu pendant 20 ans, est en train de se réactiver.
Ouvrez les yeux.
mai 26th, 2008 à 12:53
Nous refaire le coup du danger russe et du couteau entre les dents, c’est un peu gros.
Il faudrait, plutôt, que nous nous rapprochions de la russie que de rester au vieux concepte de la guerre froide.
C’est ce qu’attend les Etas-Unis et leurs complices, pour imposer leur mainmise sur la “vieille Europe”.
Et n’inversons les causes et les conséquences.
Si la Russie se réarme, c’est qu’elle répond à la stratégie d’encerclement de l’OTAN.
Il faut parfois enlever ses oeuillères.
mai 26th, 2008 à 13:32
La Russie n’espère rien et ne cherche rien à l’Ouest, sauf à vendre du gaz au plus haut prix possible. Son glacis occidental a disparu et tous ses anciens vassaux lui sont ouvertement hostiles.
Se rapprocher de Moscou de la part de la France voudrait dire que nous prendrions en tenaille l’Allemagne et son hinterland slave. Nous n’en sommes pas capables et ce n’est pas notre intérêt économique pour la décennie qui vient.
Quant à amadouer l’ogre à la manière gaullienne, on sait que ça ne produit aucun bénéfice. Nous fûmes les tout derniers à profiter de l’ouverture eltsinienne et encore petitement !
L’avenir de la Fédération de Russie est dans le moule de l’empire russe : Nord-Caucase, Asie centrale et Extrême Orient. Ses contempteurs sont la Turquie, l’Iran et la Chine.
Quel que soit le motif du réarmement, et le stupide encerclement de l’OTAN en est un, les choses s’organisent avec une projection à 25 ans. Au delà des embrassades télévisées du Sarkoshow nous n’avons aucun poids stratégique depuis 1981. Vous demanderiez-vous pourquoi que je vous dirais que nous sommes devenus “non-violents”. Nous ne voulons plus faire la guerre. Les autres le savent.
Ainsi parler d’armées, d’états-majors, de porte-avions ou d’alliances dans un pays pacifiste, cela mène à quoi ?
De tous les alliés, nous sommes les seuls à nous poser tant de questions et à garder un pied dedans un pied dehors comme si nous avions la trouille quand même. Même De Gaulle ne les avait pas assez accrochées pour aller au bout de son orgueil et faire de la France le chef des Non-alignés. Peut-être cela nous aurait-il plus rapporté ?
Un Français digne de ce nom ne doit pas se poser la question de savoir pourquoi il se retrouve seul dans sa synthèse stratégique, parce qu’il a obligatoirement raison, c’est de naissance !
Plutôt que de subir la frime grandiose de la posture gaulliste, je préfère entrer complètement dans l’Alliance qui risque quand même de protéger nos gosses un jour, même à notre “coeur défendant”.
mai 26th, 2008 à 18:24
Si on n’a pas fait la guerre en Europe depuis soixante ans, ce n’est pas grâce à “l’Europe”; c’est juste qu’il n’y avait pas motif. Allemagne faible = pas de guerre.
Si l’armée française est en train de sombrer c’est justement par suite d’une volonté d’européanisation et d’occidentalisation des moyens militaires; on peut donc inverser la tendance avec une volonté inverse: ne pas confondre les conséquences avec les causes.
Enfin, subordonner de prétendus intérêts économiques à une vraie politique indépendante de la France, alors que l’Allemagne n’a aucun scrupule à revenir à une politique de domination qui contrarie nos intérêts justement… c’est bien indigne de nous.
mai 27th, 2008 à 9:51
Sur le blog “Secret Défense:
Réflexion: Y-a-t-il un antimilitarisme de droite ?
http://secretdefense.blogs.lib.....n-ant.html