[Versailles] Compte rendu de la conférence du 18 mai
Si l’on veut répondre correctement à cette question, “la France occupe-t-elle encore une place dans le monde ?”, il est tout d’abord nécessaire d’aborder deux autres questions. La conférence s’organise donc en trois axes principaux : tout d’abord, qu’est ce que la géopolitique ? Ensuite, quelle a été la place de la France dans le monde par le passé ? Enfin, quelle est la situation actuelle de la France et quelles solutions apporter ?
La géopolitique est un concept d’origine allemande. Il s’agit d’une discipline scientifique, reposant sur l’examen des rapports entre la géographie, physique et humaine sur la vie des Etats.
Maurras affirmait qu’une politique étrangère sérieuse ne peut se faire qu’avec, notamment, la mémoire et la stabilité. Il s’agit donc de prendre en compte l’Histoire mais aussi la stabilité des institutions. Or, la République n’est pas garante de stabilité, rappelons par exemple que la troisième République a eu en moyenne 1,2 ministère par an.
Il est important de considérer la place géographique de la France pour comprendre notre géopolitique : elle se situe entre l’Angleterre (modèle de thalassocratie) et l’Allemagne (puissance continentale). Ce sont les Etats-Unis qui représentent aujourd’hui l’apogée du modèle thalassocratique anglais, et le bloc sino-russe qui représente l’apogée du modèle de la puissance continentale. La France est donc à mi-chemin entre ces deux modèles tant par géographie que par son histoire, sa place dans le monde appelle un équilibre entre sa présence sur terre et sur mer. Et pour oeuvrer à cette construction, à cet équilibre, ce que Braudel appelait le “temps long” est nécessaire.
Nous savons que la royauté permet une politique à long terme, si bien qu’à la veille de la Révolution, notre marine était aussi forte que celle d’Angleterre. La France a par ailleurs accès à tous les mondes culturels de l’Europe, elle est un “résumé de l’Europe”. En son sein coexistent une population de la terre et une population de la mer, et cela donne naissance à la nécessité d’une politique garantissant l’unité, à l’avantage de toutes les régions et de tous les modes de vie, sans être exclusif pour l’un ou l’autre modèle (terre ou mer). Il convient donc d’orienter sa politique en fonction de sa géographie, cela produira le modèle mixte, tout d’équilibre qu’est le modèle français. Quelle était donc la place de la France dans le monde dans le passé ?
Au XVIIème siècle, la France était la première puissance d’Europe, c’est à dire du monde à cette époque : elle dominait par les arts, la langue, la littérature, l’économie ou encore la démographie. En effet, au contraire des autres Etats, les Français n’émigrent pas ; le Roi est parfois obligé de contraindre à l’émigration : la France est une terre riche, où l’on se plait et où malgré des poches de misère ici où la il fait bon vivre. Le dicton ne dit-il pas “Heureux comme Dieu en France” ? Or, il est important de noter que la puissance fut la cause de nos malheurs. La France concurrence alors l’Angleterre qui cherche à diviser le continent pour ne pas laisser s’installer une hégémonie française. Cela mènera alors à plusieurs guerres avec des alliances tournantes. La France, alors si puissante, est néanmoins stoppée dans son élan par la Révolution française. La politique étrangère depuis est désastreuse, presque inexistante, et l’on constate une montée des injustices dans le monde.
Depuis Saint Louis, la France a ouvré clairement dans le monde. La langue française alors dominante était la langue de la diplomatie en raison même de sa clarté, chantée par Rivarol. Cela n’est pas un hasard si la domination actuelle de l’anglais est contemporaine de batailles incessantes sur le sens des mots dans les relations diplomatiques. Le français, alors qu’elle est actuellement la deuxième langue diplomatique dans le monde, n’est plus beaucoup utilisée.
La France est actuellement en crise quant à sa politique étrangère. Pour la première fois de son Histoire, le quai d’Orsay a été en grève en 2005 ! Constatons également que la francophonie prend bien plus d’initiatives que la France, et si Mitterand voulait faire de la francophonie un outil politique, l’on peut affirmer aujourd’hui qu’il s’agit d’un échec. Au contraire du Commonwealth.
Qu’est ce qui manque à notre politique diplomatique ? Une armée, élément essentiel de toute politique étrangère. En effet, cette dernière se fait par la puissance. Le droit international n’existe qu’appuyé sur une force capable de le faire valoir. Or notre armée est en très mauvais état : les militaires partent, ils sont de plus en plus envoyé remplir des missions humanitaires qui entretiennent de dangereuses confusions. On les envoie dans des guerres qu’ils ne veulent, ni ne peuvent, ni ne devraient faire (Kosovo ou encore Afghanistan par exemple). Ainsi, contrairement aux Etats-Unis et à l’Angleterre, la France baigne dans l’antimilitarisme. Il y a un grave problème d’absence de sanctions dans les régiments, et un accroissement du trafic et de la consommation de cannabis.
En comparaison, les Etats-Unis ont en effet un budget militaire largement supérieur à celui de la France. Toutefois, la France peut être la seule puissance mondiale hors des E-U. Elle peut encore jouer son rôle, tout d’abord parce qu’elle possède l’arme nucléaire, également parce que sa langue est parlée par 300 millions de personnes dans le monde, et qu’elle possède des amis partout dans le monde, qu’elle est présente sur les cinq océans et les six continents, enfin qu’elle est dotée d’un programme spatial. L’on possède ainsi de grands atouts, et l’on pourrait changer et reprendre une place dans le monde, en cinq ans seulement si les grandes réorientations que propose l’Action française sont mises en place. En effet, le premier budget de l’Etat est la dette, le second est le budget de l’Education nationale. L’on pourrait désarticuler l’Education nationale, rendre l’éducation aux parents par le biais du chèque scolaire et placer les fonds dans les secteurs régaliens auquel doit seul se cantonner l’Etat: la Justice, la Diplomatie, la Défense, la Monnaie, et cela dans le but de reconstruire une machine de guerre contre tous les impérialismes; à commencer par l’américain.
Un sujet inquiétant : Nicolas Sarkozy n’a pas donné de déclaration sur sa position sur la guerre en Irak. Il s’entoure de néo-conservateurs : Bernard Kouchner est ainsi nommé ministre des Affaires étrangères et européennes en 2007 au titre de “l’ouverture”. Tout le monde a donc vu qu’il était de gauche, mais l’on a omis ce qui est probablement le plus important : il est atlantiste.
Bernard Kouchner commence sa carrière au Parti Communiste. Il est ensuite l’un des 18 co-fondateurs de Médecins du monde. Il prône depuis trente ans le droit d’ingérence, qui est pourtant le contraire de ce qu’est en réalité la politique étrangère. Ce droitd’ingérence n’est rien d’autre qu’une volonté d’agression d’une coalition des forts contre des faibles : l’on se donne ainsi le droit de violer les droits des Etats.
Or qu’est ce que le néo-conservatisme ? Les Etats-Unis ont depuis toujours ballotté entre la politique Wilsonienne (des Droits de l’Homme) et la politique Rooseveltienne (pragmatisme). Les néo-conservateurs tendent à lier ces deux politiques en un “wilsonnisme botté”.
La France suit la politique étrangère américaine, or les élections aux Etats-Unis ne changeront pas cette politique : il convient donc de prôner le retour de la France dans le monde, seule alternative, en gardant à l’esprit que la politique des Droits de l’Homme est le contraire de la politique étrangère !
Prenons conscience que les Nations sont mortelles, et qu’elles seront jugées par l’Histoire. Nous avons historiquement des alliés et des adversaires et il convient d’ordonner notre politique selon ces différentes relations.La France a propagé le goût de l’autonomie et de la liberté dans le monde, elle est la première destination touristique au monde, elle a tous les atouts qui lui permettent un véritable retour sur la scène mondiale. Mais pour cela, il convient de garantir la stabilité, notre mémoire, et la liberté de nos concitoyens. Aristote affirmait que la liberté était le gouvernement de soi : il ne s’agit pas de faire ce que l’on veut, mais d’avoir du pouvoir sur soi.
Chacun d’entre nous est appelé sur ce champ de bataille en prenant des initiatives, même à la simple échelle locale, voire simplement individuelle. Ce serait déjà quelque chose.
Pour un monde plus juste il faut une France forte , donc royale.