Pauvres pêcheurs…
Ainsi donc, alors que les émeutes de la faim se poursuivent aux quatre coins du monde, c’est au tour de nos pêcheurs d’exprimer leur sainte colère à l’égard d’une précarité qui les guette toujours plus âprement . Il faut croire que les biocarburants, dont on nous a vanté les mérites, « dont le développement est responsable pour 70% de la hausse récente des prix du maïs et pour 40% de celle du soja » (John Lipsky, FMI), et qui par conséquent sont cause de la détresse alimentaire croissante, hé bien ces biocarburants n’auront évidemment pas suffi à enrayer l’autre crise, celle du prix de l’énergie. L’échec de la politique européenne et française en la matière est donc cuisant.
Mais en honnêtes contempteurs de la République, nous reconnaîtrons que ses représentants, s’ils avaient tenté quoi que ce soit pour parer au désastre, si déjà ils avaient vu venir les évènements tragiques dont nous souffrons, ne pourraient de toute manière rien y faire. Car aujourd’hui comme hier, dans la question énergétique comme avant dans celle des famines ou encore du logement, le vice congénital de la spéculation s’est trouvé à l’origine de l’inflation folle-furieuse et globale subie par nos foyers. En effet, sporadiquement, tel un accès de gangrène sur la face tuméfiée d’un pestiféré, la bête libérale éructe et montre à ses enfants la face sombre de l’ « American Dream » devenu un « World Dream » qui ne fait plus rêver personne. C’est ainsi depuis que les tyrans issus du suffrage universel ont délégué tous pouvoirs à l’Economie, depuis que la Main Invisible est seul maître à bord du navire-monde.
Les chiffres circulent via l’internet à une vitesse bien faiblarde ; ils sont pourtant éloquents. Ils nous apprennent que toute action d’ordre présidentielle, gouvernementale et même députative serait inefficace. Un litre de brut à 52 cents -soit déjà au-dessus du seuil acceptable pour les pêcheurs !- auquel il faut ajouter le raffinage (9 cents), le transports, les marges des intermédiaires… ingérable ! Nos incapables à temps plein seraient donc, une fois n’est pas coutume, dans leur bon droit en restant dans l’expectative qui leur est coutumière. Mais nous savons malheureusement qu’ils feront semblant de tenter quelque chose. Tout à fait hypocritement et en vain.
L’action républicaine dans l’impasse,
c’est à l’Action française de réagir !
Car si l’Europe nous bride encore, le Gouvernement est aux abois. Ou du moins pourrait-il fort vite le devenir. La France des Français, celle des métiers et des traditions, est dans la rue. Hier les paysans, aujourd’hui les pêcheurs. Qui sait ce qui adviendra si demain les Bruxellois persistent à réclamer le remboursement à l’Etat Français de subventions à hauteur de 70 millions ? Qui sait combien nous serons après-demain à nous sentir solidaires dans la même spoliation mondialiste ? Conducteurs et consommateurs unis aux artisans pour dénoncer la même aliénation ! Plus que jamais, à l’heure de la globalisation des crises et de l’unification des revendications de salut public, nous serons présents pour montrer la voie du salut politique en manifestant aux côtés des doubles victimes de la passivité institutionnelle et du dieu-argent.
Nous allons foutre en l’air leur monde devenu fou. Nous allons permettre aux hommes libres de ne plus dépendre des intérêts d’actionnaires voraces.
Reinelde
mai 30th, 2008 à 12:00
Quand je vois notre ministe M.Barnier (ancien commissaire européen), nous dite à la télévision, qu’il ne peut rien faire et qu’il doit demander l’autorisation à la commision européenne
Où est passé notre indépendance?
mai 30th, 2008 à 19:58
cela est évident que lors dela dernière élecdtion nous avons élu un super préfet qui attend ses directives de Bruxelles; quant aux pêcheurs qu’ils remettent les voiles, remplacent leurs filets gigantesques par de plus petits et des tangonspour pêcher à la ligne. et les paysans reviennent à des tracteurs de puissances raisonnables au lieu des 330 cv qu’ils achètent à prix exhorbitant;
la course à laproductivité conduit à la ruine.
La hausse des prix de transport nous rappelle qu’il fut un temps où ils imposaient de produire près deslieux de consommation.
Un juste retour des choses?
Toutes ses aides puisées dansla poche de ceux qui paient des impôts et se privent d’un standart de vie que leur travail leur permettrait s’il n’y avait pas toutes ses folies.
ainsi va le Monde
mai 30th, 2008 à 22:47
L’augmentation des prix des carburants et l’interdiction de poursuivre la pêche au cabillaud (les quotas de pêche décidés par Bruxelles pour cette année sont déjà atteints…) pénalisent les pêcheurs français et cela explique leur mouvement de colère qui se traduit par le blocage de plusieurs ports, en particulier de plaisance, à Boulogne par exemple il y a quelques jours. Lors d’une émission radiophonique récente, l’un des intervenants soulignait qu’il ne fallait pas que le gouvernement cède aux injonctions des pêcheurs, ne serait-ce que parce que « la mer est vide » et qu’il faut « bloquer » la pêche, ici au cabillaud, tant que les stocks ne se sont pas reconstitués dans de bonnes conditions : l’intention n’est, en soi, pas mauvaise, mais que fait-on donc des pêcheurs réduits ainsi à l’inactivité, puis au chômage ?
Il me semble qu’il est possible et surtout nécessaire de maintenir une activité de pêche dans notre pays, mais que cela ne peut se faire que si les pouvoirs publics et quelques intervenants privés se décident à investir en temps et en argent dans la réorganisation et le soutien de cette activité nourricière importante. En somme, que l’Etat impulse et soutienne une véritable « politique de la pêche », avec l’aide des régions, du secteur agroalimentaire et des organisations socioprofessionnelles de la Mer, mais aussi les associations environnementales.
Quelques propositions :
- la création d’une « trame bleue » qui comprendrait les zones de frai et de croissance des espèces halieutiques, cela pour permettre le renouvellement dans de bonnes conditions des ressources en poissons et en crustacés, par exemple. Le problème est que, si cela est possible dans les eaux françaises, cela est évidemment plus difficile à faire respecter dans les eaux internationales. Aussi, faudrait-il, à l’aide d’une conférence internationale ou d’accords multilatéraux entre Etats « pêcheurs » et « consommateurs », créer des réserves et des zones interdites de pêche et, surtout, faire respecter ces zones : cela n’est possible que si des Etats assument ce rôle de « police des mers » et en ont les moyens matériels et humains. La France, qui dispose du deuxième espace maritime du monde, pourrait jouer ce rôle, avec d’autres bien sûr.
- La transformation temporaire d’un certain nombre de pêcheurs, par exemple de cabillauds en ce moment, en « jardiniers de la mer », encadrés par des professionnels de l’environnement et de la « gestion des ressources », qui auraient pour objectif de travailler sur l’observation et la préservation des espèces aujourd’hui menacées, le temps suffisant à ce que celles-ci se soient correctement renouvelées et puissent à nouveau être pêchées sans risquer la disparition de la ressource : ce travail ne serait pas une « occupation » mais une véritable tâche de réintroduction, de suivi et de protection des espèces halieutiques dans leur cadre de vie. D’autre part, les pêcheurs concernés seraient évidemment ceux-là mêmes qui, une fois la ressource considérée comme à nouveau suffisante et capable de supporter des prélèvements importants, seraient chargés d’exploiter le stock, c’est-à-dire d’en faire la pêche, ce qui reste, évidemment, leur fonction première.
- La mise en place d’un « code de la consommation des ressources de la mer » dans notre pays qui serait chargé de veiller à ce que des espèces halieutiques considérées comme menacées ne soient plus disponibles à moindre frais dans les espaces commerciaux de la grande distribution. Cela doit s’accompagner d’une politique française de sensibilisation, autant de la population de notre pays que des Etats de la planète, aux risques de la surexploitation des mers et, éventuellement, d’une politique d’aide aux pays en développement pour qu’ils ne bradent pas leurs propres ressources pour des raisons économiques mais, au contraire, la préservent et l’entretiennent.
Voici quelques propositions, sans doute bien incomplètes, mais qui me semblent réalisables dans un délai relativement bref. Encore faut-il que l’Etat français ne se contente pas de quelques « mesurettes » mais qu’il pense et applique cette véritable « politique de la Mer » qui nécessite un engagement fort et de long terme. Il est urgent d’agir, et c’est l’Etat lui-même qui en a le plus les moyens : pourvu qu’il en ait la volonté !