Les délinquants sont de sortie
La République Française, que deux siècles de négligence ininterrompue ont rendu aussi avare de ses biens que prodigue de nos impôts, aura sans surprise opté pour la solution la plus économique dans la question dite de la « surpopulation carcérale ». Insupportable situation qui nous a valu maintes rodomontades strasbourgeoises ces derniers temps. Car la France, dans son inépuisable bonté, héberge le joyau d’ingérence supra-nationale et moraliste qui se plaît de la meurtrir à tous propos, j’ai nommé la cour européenne des droits de l’homme.
Nous voilà donc partis pour une distribution générale de ces « bracelets électroniques », coquetteries post-modernes qui permettront aux plus dociles des criminels qui peuplent nos prisons de prendre l’air avant le terme prévu de leur séjour. Aux risques et périls des honnêtes gens, vu que les employés pénitentiaires déjà en sous-nombre seront bien incapables de vérifier en temps réel l’assignation à domicile qui frappe tout de même ces cobayes délictueux ; en attendant une législation plus laxiste encore…
Economique en liquidités, cette mesure l’est aussi en réflexion politique. Suivant le mot d’ordre bi-séculaire bien connu : « Soignons les effets, ignorons-en les causes », le régime n’a, une fois de plus, pas vu l’origine du mal qu’il tente de guérir. Ou n’a pas voulu voir, tant on eût à cette occasion pointé du doigt son insouciance. Le Washington Post du 29 avril dernier confirme ce que nous savions déjà, à savoir qu’une très grande partie, « 60 % à 70 % des détenus dans les prisons françaises, sont musulmans ». Des faits qui ne font que mettre en avant l’inénarrable gestion de l’immigration maghrébine en France, et les conséquences dramatiques du déracinement pour les populations allogènes comme pour les peuples accueillants.
Et si nous nous occupions de fermer le robinet avant d’ouvrir les fenêtres ?
En tout cas, si ce système « d’emprisonnement à distance » fait ses preuves, nul doute que ce je-ne-sais-quoi compassionnel à l’œuvre dans les consciences permettra bien vite une meilleure « lutte contre les discriminations », une « réduction » sensible « des inégalités » entre les conditions de tôlards et de citoyens lambdas : ainsi les premiers sont-ils « humanisés » au point de retrouver leurs droits « inaliénables » (vivre dignement, donc pas en prison), ainsi l’individu moyen s’apprête-t-il à connaître les joies de la vidéo-surveillance, du traçage génétique et de toutes autres joyeusetés allant dans le même sens, dans la noble continuité du centralisme jacobin. Car depuis Freud, ne sommes-nous pas tous des délinquants en puissance ?
Reinelde
juin 20th, 2008 à 7:57
Je trouve que tu as manqué une critique plus profonde de la loi
c’est clairement un désintéressement de la société envers ses délinquants. Elle fait comme si elle ne pouvait rien contre eux, que la seule chose qui importe est de leur faire purger une peine où ils sont restreints dans leur liberté. La prison n’est pas fait pour restreindre la liberté, elle est faite pour isoler de la société les nuisibles et leur donner l’occasion de couper avec leur délinquance, de rester seuls avec eux-mêmes… Je ne dis pas que c’est la meilleure solution, mais les études en prison, ça existe. La réhabilitation, ça existe. Avec le bracelet, ça m’a l’air plus dur… petite question anodine: en prison, peut-on regarder la télévision dix heures par jour, avec tous les programmes ultra violents ou porno qu’elle diffuse?
En effet, le but premier est d’économiser pour l’état. Economiser les déplacements,le logement, les surveillants. J’ai quelques remarques là-dessus: d’abord, c’est bien d’assigner à domicile, mais quel domicile? Et ceux qui ne sont pas propriétaires, l’Etat leur paye leur loyer? Comment sont-ils nourris? A leur charge? Deuxièmement, les surveillants, ça a une mémoire humaine, et d’autres soucis que tout se remémorer. En recanche, le GPS qui les suivra, le bracelet qu’on leur mettra, eux, ont une mémoire implacable qui permet à des responsables de la république de voir des années après le suivi des déplacements du pauvre type. Que de mémoire gachée, et que de liberté de perdue pour le “détenu”!
juin 20th, 2008 à 8:21
Je ne crois pas qu’il soit honnête de dire ou laisser dire que 60 à 70% des prisonniers sont musulmans. Dites-moi qu’ils sont maghrébins suffit amplement à la démonstration, sans en faire des fidèles de la prière du vendredi qu’ils ne sont certainement pas.
Dans les années cinquante, 90% des taulards étaient-ils catholiques ?
juin 20th, 2008 à 9:35
Le fait est que les prisons sont devenues de véritables cellules d’islamisation ou de ré-islamisation pour des déténus en quête de repères et très majoritairement issus de cette culture.
juin 20th, 2008 à 9:54
Excellent, comme d’habitude.
Précisons que notre ami Reinelde ne fait que citer un article du très sérieux Washington Post, paru dans son édition du 29 avril.
Restons très vigilants sur ces bracelets électroniques, la prison à ciel ouvert se prépare pour les citoyens, “délinquants” ou non.
juin 21st, 2008 à 9:22
caoneo a une vision angélique du problème. Pour bien connaître le milieu pénitentiaire, je peux dire que le problème d’islamisation des prisons est réelle. Ensuite, même le non pratiquant se met au service du pratiquant et fait preuve d’une solidarité infaillible. Comme ils disent, ‘c’est un frère”.
juin 28th, 2008 à 22:30
Il n’y a pas de problême d’islamisation -pénitentiaire ou pas- sur le territoire d’ un Etat laïc dans lequel chacun est libre de choisir son culte.
La question des prisons est sujette à de nombreuses problématiques; en France comme ailleurs. A savoir qu’il est nécessaire d’avoir un équilibre entre mise à l’écart du reste de la société du délinquant et réintégration de celui-ci dans celle ci. Je trouve plus choquant l’utilisation de ces bracelets par les pouvoirs publiques en ce qu’elle légalise (certes dans des conditions trés précises) le marquage de l’individu par l’Etat -ce qui ouvre la porte à des dérives avenirs- que de voir des délinquants réintroduit dans la société tout en s’assurant qu’ils ne récidivent pas …
juin 29th, 2008 à 17:25
Je suis d’accord avec vous pour le deuxième paragraphe, woot s kinsasha.
Mais pas avec votre vision de la laïcité. Il y a certaines religions qui se refusent à être compatibles avec la laïcité, et l’islam en est une. l’islam ne sait pas ce que laïc veut dire, le politique et le religieux sont toujours mélangés pour cette religion. D’où le problème de la traiter comme si elle était aussi inoffensive que les autres.
Après, j’avoue que je ne partage pas l’avis de reinelde sur cette idée de cause à effet entre islamisation et délinquance. Ce qui est clair, c’est qu’il vaut mieux éviter que le séjour en prison ne les transforme tous en musulmans, de gré ou de force.
juin 29th, 2008 à 19:05
Je précise que mes propos n’engagent que moi et ne sont pas une vérité absolue. Je suis d’ailleurs tout à fait pret à les remettre en question.
Deux choses interessantes dans votre réponse Mlle Perçy:
La premiére c’est la question de savoir si la laïcité n’est de fait que si elle produit des laïcs. Tocqueville explique que la démocratie est un systeme qui n’ existe qu’en présence d’une majorité de démocrates (dans le sens propre du terme). Je suis peut être pessimiste mais la démocratie de Tocqueville n’ existe nulle part dans le monde. J’ai envie de dire qu’il en va de même pour ta vision de la laïcité. C’est pour cette raison que cette notion est un quasi monopole étatique, c’est à dire que les croyants, en particulier ceux qui croient en une entité supérieure transcendentale, ou les athées (l’athéisme est une croyance à part entière), ne remettent pas en question l’hégémonie de leur religion; Par conséquent toute croyance métaphysique posséde un degré plus ou moins large de sectarisme et ne produit pas de “véritable” laïcs. Ainsi ta vision de ta laïcité souléve un paradoxe de taille.
Ce qui nous améne au deuxiéme point. La Laïcité en France n’est que le produit de la détermination à séparer l’Etat (le pouvoir politique) de l’Eglise catholique(le pouvoir religieux). Il y a toujours une frontière trés mince entre les deux. Tout simplement parce que la Religion occupe la même place dans la société; comme l’ Etat elle produit des normes et des régles à suivre. Le Talmud chez les juifs énonce de véritables Lois. Le Coran peut etre perçu exactement de la même maniére. L’Islamisme confond en effet religieux et politique mais Israel peut être considéré comme un état intégriste et l’Eglise Catholique à son propre état et des diocéses rattachés à cet état sur toute la surface du globe ! Aux Etats Unis les mouvement religieux de confessions protestantes sont morcelés mais le christianisme est probablement le seul élément de cohésion sociale capable de palier les tensions multi-ethniques. En revanche, il n’existe pas de partis politiques musulmans en France. Pour moi ça ne représente donc pas une menace d’autant plus que même si c’était le cas, nous vivons dans un régime à caractére démocratique …
Du coup, on reste le problême de déterminer les différences entre un culte “respectable” et une secte “condamnable”.