Archive pour juillet 2008

Rappel: se préparer par la lecture pour le camp

Jeudi 31 juillet 2008

Philosophie politique - Science politique

* Charles Maurras, Mes idées politiques, L’Age d’homme
* Charles Maurras, L’avenir de l’Intelligence, L’Age d’homme
* Pierre Boutang, Reprendre le pouvoir, Sagittaire
* Pierre Manent, Cours familier de philosophie politique, Tel-Gallimard (libéral-conservateur)
* Pierre-André Taguieff, Du Progrès, Librio
* Pierre Manent, Les libéraux, Tel-Gallimard
* Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, Folio
* Jean-Louis Loubet del Bayle, Les non-conformistes des années 30, Points-Seuil
* Joseph de Maistre, Les soirées de Saint-Petersbourg, Editions du Sandre

Histoire

* Jacques Bainville, Histoire de France, Godefroy de Bouillon
* Pierre Gaxotte, La Révolution française, Complexe
* François Furet, Penser la Révolution française, Folio histoire
* Jacques Bainville, Les Conséquences politiques de la paix, Tel-Gallimard
* Sylvain Soleil, Introduction historique aux institutions, Champs-Flammarion
* François-Marin Fleutot, Des royalistes dans la résistance, Flammarion

Géopolitique - Europe

* Aymeric Chauprade, Géopolitique, Ellipses
* Alfred Sauvy, La vieillesse des nations, Tel-Gallimard
* Pierre Hillard, Minorités et régionalismes, F.-X. de Guibert
* Michel Clapié, Institutions européennes, Champs-Flammarion

Littérature

* Charles Maurras, Lettres des Jeux Olympiques, GF
* Sébastien Lapaque, Georges Bernanos encore une fois, Babel
* Roger Nimier, Le Grand d’Espagne, Folio
* Léon Daudet, Souvenirs et polémiques, Bouquins
* Kléber Haedens, Une Histoire de la littérature française, Cahiers Rouges
* A.D.G., Pour venger pépère, Folio policier
* Georges Bernanos, La France contre les Robots, Livre de Poche

Yankees: libéraux mais pas trop

Jeudi 31 juillet 2008

Les subprimes, c’étaient des crédits (très) risqués accordés aux Américains peu solvables indexés sur des variables (très) aléatoires. La crise des subprimes, leur faillite généralisée suite au krach de l’immobilier et à la hausse des taux d’intérêts qui, en ruinant les indigents, ruinaient du même coup leurs rançonneurs. Et l’aide du Congrès, c’est l’octroi massif de subventions à destination de ces derniers, mise en application du fameux « pragmatisme américain » que nous vantent maintenant les atlantistes de tous poils… Ah! Ils ont trouvé la combine !

Ainsi donc, le libéralisme ne se suffirait plus à lui-même, et le reconnaître ouvertement tout en s’en prévalant ne serait plus synonyme d’inconséquence; mais que vaut en vérité un système économique qui nécessite régulièrement l’intervention musclée de l’Etat pour survivre aux suites funestes par lui-même engendrées ? A quoi sert la relative prospérité de quelques-uns si elle n’est jamais garantie que par un Etat assez puissant, à condition toutefois que cet Etat n’ait pas cédé au chaos social face à des forces qui le dépassent ?

Mais ce qui semble plaire au maître américain, à défaut de plaire à son peuple, ne convient assurément pas à tous ses vassaux. L’Etat fédéral n’est pas l’Etat français; et dans la grande roulette russe des économies libéralisées, seuls les Etats-Unis peuvent encore se payer les balles à blanc…

Reinelde Maes

Les vignerons le dos au mur

Mercredi 30 juillet 2008

Ils l’ont eu, et ils ne seront point trop foulés pour l’avoir. Professionnel de la vigne, Jérôme Soulère l’était bien moins en matière d’explosifs. C’est ce qui explique sans doute l’accident de mardi dernier, survenu après la manipulation périlleuse de TATP à son domicile.

Le syndicaliste audois, décrit par tous comme généreux et amoureux de son métier, était dans une impasse. Soumis comme tant d’autres aux rigueurs de plus en rudes de la concurrence méditerranéenne, confronté à l’indifférence générale des pouvoirs publics, il n’avait eu d’autres choix pour se défendre que de rejoindre le Comité régional d’action viticole, bras armé de la contestation languedocienne. Rôdée au possible aux gros coups - 150 au total: vidanges de cuves chez les compagnies importatrices, attentats contre des perceptions, banques, trésors publics et radars automatiques. Il avait trouvé au sein de l’organisation militante les soutiens nécessaires à l’élaboration de deux bombes artisanales, dont une seulement sauta sans faire de victimes. Dieu seul sait ce qui lui en coûtera !

Aujourd’hui comme hier, la République dénude l’individu puis l’abandonne à lui-même et à la loi du marché. Sans ressource, l’homme d’honneur est contraint d’user de force devant qui l’opprime. Et c’est là prétexte à une répression injuste.

Alors comme hier, nous prenons partie pour ceux qui subissent les brimades de l’Etat bourgeois, leurs solutions fussent-elles pas assez orthodoxes pour les bonnes consciences de ce pays.

Reinelde Maes

Action !

Mardi 29 juillet 2008

R.I.P Antoine Murat

Lundi 28 juillet 2008

Maître Antoine Murat, le doyen des militants royalistes d’AF vient de s’éteindre à l’âge de 100 ans, le vendredi 25 juillet. Il venait de publier un livre fort intéressant sur “La Tour du Pin en son temps” (éditions “via romana”; 386 pages, 29 euros), livre dont je recommande la lecture pour qui veut mieux connaître la vie et les idées de ce grand royaliste social proche de l’Action française.
Antoine Murat, qui avait travaillé avec la bâtonnier Marie de Roux (autre grand nom de l’histoire de l’AF en province), a aussi publié un livre sur “Le catholicisme social en France. Justice et charité” (éditions Ulysse, 1980), qui donne de nombreuses informations sur les royalistes du XIXe et du début XXe siècle.
Il s’était rendu il y a quelques mois aux locaux parisiens de l’Action française, où il avait rencontré de jeunes (et de moins jeunes, aussi) militants.
Jusqu’au bout, il est resté fidèle à sa foi chrétienne et à ses convictions sociales et royalistes.

Un royaliste en Aveyron

Lundi 28 juillet 2008

Il est parfois bon de se retirer dans une retraite paisible, afin de s’adonner tranquillement à l’étude loin des préoccupations sociales et politiques qui nous prennent tant de temps et d’énergie. Pourtant, mon voyage en Aveyron ne fut pas si calme; exilé (volontaire) dans un milieu communiste, j’ai pu me familiariser un peu plus avec la prose marxiste et révolutionnaire telle qu’elle se développe dans les chaumières; complément efficace à la lecture rigoureuse et attentive du Capital. Karl Marx est sans doute l’un des auteurs qui a fait coulé le plus d’encre ces deux derniers siècles; on ne compte plus les ouvrages qui se réclament de lui ou qui analysent ses écrits, ni les actions revendiquées dans la veine de la dialectique marxiste. Difficile donc dans tout cela de démêler le marxisme originel de ses ajouts historiques et idéologiques; et pourtant je suis persuadé que l’étude des textes et des actes correspondants au développement du marxisme peut apporter quelque chose au royalisme; ce quelque chose restant encore partiellement une énigme pour moi. En tous les cas, il est amusant de voir que souvent le diagnostic royaliste sur la situation socio-politique de notre pays mais aussi du monde est similaire à celui des marxistes. Eux-mêmes le reconnaissent parfois; seulement les solutions à apporter diffèrent (mais pas toujours).

Je suis donc resté trois semaines dans la terre natale de Louis de Bonald, à fréquenter intérieurement (ou non) les idées royalistes, qui dansaient autour de moi à côté des idées communistes extérieures (ou non). En effet, Bonald est né à Millau, au fond de l’Aveyron (qui s’appelait à l’époque le Rouergue, dont la ville Villefranche de Rouergue a conservé le nom). Peu de points communs a priori entre Marx et Bonald, et pourtant…
Tous deux considérés comme des pères de la sociologie, leur collectivisme respectif a des ressemblances. A ce sujet, il serait sans doute utile de faire une étude comparative stricte entre le Capital et la Théorie du pouvoir politique et religieux.
Le pays rouergat semble avoir été une autre fois mêlé de près au royalisme; j’ai entendu dire un jour (à confirmer) que l’Action française avait établi à Villefranche ses moyens de publication, pendant deux mois lors de l’Occupation allemande.

Une terre chargée de souvenirs, donc, que j’ai pris plaisir à fréquenter, affectivement et intellectuellement.

Frédéric Traum

Chronique dominicale

Dimanche 27 juillet 2008

Dimanche ! Joie ! Dîner en famille, entre amis ! Grasse matinée ou sieste, lectures et promenades, soirée, sortie, tête-à-tête ! Vraiment, chéri soit le jour chômé par tous, jour de repos en titre unanimement accepté qui permet autant le repos mérité que la rencontre des diverses composantes du pays ; qu’au-delà des lieux et des âges, des préceptes et des métiers, tous puissent se retrouver, tantôt ensemble ou en eux-mêmes, dans une paix convoitée.

Car contrairement à ce qu’en pensent les zélateurs du dimanche ouvré, l’homme n’est pas un être chez qui le labeur conditionne tout. Si le travail constitue une dimension de son être, c’est toujours subordonné aux exigences de l’âme qu’il l’accomplit, en vue d’un bien spirituel supérieur : que le travail soit au service de l’homme ; que l’homme ne soit pas au service du travail. Ainsi le travail effectué tout au long de la semaine autorise ET ordonne le repos dominical.

Reinelde Maes

Communiqué d’Aspects de la France

Samedi 26 juillet 2008

Après avoir tenté une conciliation sous l’auspice des indispensables juges de paix du dimanche, le mouvement d’Action française et les rédacteurs d’Aspects de la France avaient souhaité retarder d’une semaine sa parution et renoncer à une formule papier en vue de participer ainsi à une véritable et saine synergie royaliste. 

Néanmoins en dépit des accords passés, l’équipe hétéroclite et de circonstance de touristes politiques groupée autour de l’administration de l’AF2000 n’a eu de cesse de saboter les initiatives engagées : 

en sapant la préparation du camps et du rassemblement national de Saint-Jean-de-Vaux, 

en répandant la fausse nouvelle de l’annulation du CMRDS que nous mettons pourtant sous le signe de l’unité,

en poursuivant des attaques ad hominem

en diffusant des courriers mensongers 

en piratant le site du Centre Royaliste d’Action Française… 

Ils porteront une large responsabilité dans l’atomisation du royalisme français pour les prochaines années alors que nous avons toujours lutté contre le morcellement, le banditisme, la scissionnite… 

Afin de ne pas produire une fracture par nos actions si légitimes soient-elles qui pourraient porter un coup fatal à l’avenir de l’Action française, nous voulons envoyer un signe clair de notre volonté de ne pas contribuer à l’éclatement du royalisme. 

Notre premier objectif est d’unir les royalistes pour en faire le noyau du parti de la France c’est pourquoi nous suspendons la publication d’Aspects de la France

Malgré son importante marge de progression, et en dépit de quelques défauts, quand bien même il eut été impeccable, il n’est pas en mesure de proposer une issue à la crise que traverse le royalisme français. 

Nous savons que tous les rédacteurs ainsi que les personnalités qui ont répondu à nos sollicitations comprendront nos raisons de ne pas publier le numéro du 23 Juillet 2008. 

Nous convions tous nos amis à se rendre à la session du Groupe de Liaison Royaliste vers lequel se tournent beaucoup d’espoirs quant à une possible refondation du royalisme français, ainsi qu’au CMRDS d’où sortira la formulation d’un véritable projet politique et une motivation renouvelée. 

Continuons le combat pour la France et pour le roi. 

 

L’équipe d’Aspects de la France

PS : les articles seront consultables soit sur le blog de l’AFE soit sur le site des Manants du roi. 

Promotion de la heroic-fantasy française

Vendredi 25 juillet 2008

John Ronald Reuel Tolkien, Robert Ervin Howard, David Eiddings, David Gemmels, Robin Hobb, Michael John Moorcock, Terence David John Pratchett… Ces grands noms ont quelque chose en commun : ils désignent tous de célèbres auteurs anglophones du genre que l’on appelle « heroïc-fantasy » dans le monde entier. Un rapide coup d’œil vers les rayons du libraire suffit à se rendre compte que leur réputation n’est plus à faire. Leurs œuvres tapissent des pans entiers de bibliothèque et leurs fans leur ont voué un peu partout sur le net des cultes sans bornes. C’est un fait, nos camarades britanniques et américains savent nous passionner par leurs aventures. Mais dans l’euphorie collective entourant ces ouvrages mythiques, nous oublions souvent que notre propre pays a lui aussi des auteurs d’heroic-fantasy de qualité.

Le chef de file français s’appelle Pierre Grimbert. C’est en 1995, à l’âge de 25 ans, qu’il écrit et fait publier deux ans plus tard l’œuvre qui lui vaudra des prix de littérature et une renommée conséquente : Le Secret de Ji. Il s’agira de la première partie du Cycle de Ji car elle sera suivie de Les Enfants de Ji et Les Gardiens de Ji (en cours d‘écriture).
Le Secret de Ji commence comme suit : 118 ans avant le début de l’histoire, Nol l’étrange entreprit de visiter tous les rois des mondes connus en compagnie d’une petite troupe composée d’hommes et de femmes comptant parmi les plus sages êtres au monde. Peu d’entre eux revinrent de ce voyage achevé sur l’île de Ji et les survivants trépassèrent sans jamais parler des aléas de leur mystérieux voyage. Depuis ce temps, leurs descendants se réunissent sur l’île pour célébrer la mort de leurs courageux ancêtres, sans plus chercher la raison de ces étranges disparitions. Ils seraient restés dans l’ignorance la plus totale si un être malfaisant n’avait pas commandité l’assassinat de tous les héritiers des sages. Pourquoi ? Qu’y a-t-il à cacher ? Qui se cache derrière ces meurtres ? Seules les profondeurs de l’île peuvent répondre à ces questions. Et nous voilà embarqués à la suite de Léti, Lana, Yan, Corenn, Grigàn, Bowbaq et Rey pour une aventure palpitante !

Le style de Pierre Grimbert se prête tout à fait à la heroic-fantasy. Le fait de savoir que ce sont ses propres mots que nous lisons, et non ceux d’une pâle traduction française, ajoute à l’enthousiasme. Il a su mettre quelques pointes d’originalité pour se détacher tout à fait des œuvres de ses camarades anglophones. J’ajouterai qu’après le succès de ses livres, il a créé les Éditions Octobre qui ne publient que des auteurs francophones. Merci Monsieur.

Carole Nozière

Quand l’artisanat florissait

Jeudi 24 juillet 2008

« Dans les villes, la division du travail s’accomplissait d’une manière encore parfaitement spontanée entre les différentes corporations, mais elle ne s’établissait nullement entre les ouvriers pris isolément, à l’intérieur des corporations elles-mêmes. Chaque travailleur devait être apte à exécuter tout un cycle de travaux; il devait être en mesure de faire absolument tout ce que l’on pouvait effectuer avec ses outils; les échanges restreints, le peu de liaison des différentes villes entre elles, la rareté de la population et la modicité des besoins ne favorisèrent pas non plus une division du travail plus poussée, et c’est pourquoi quiconque voulait passer maître devait posséder tout son métier à fond. De ce fait, on trouve encore chez les artisans du moyen âge un intérêt pour leur travail particulier et pour l’habileté dans leur travail qui peut s’élever jusqu’à un certain sens artistique étroit. Et c’est aussi pourquoi chaque artisan du moyen âge se donnait tout entier à son travail; il était à son égard dans un rapport d’asservissement sentimental et lui était beaucoup plus subordonné que le travailleur moderne à qui son travail est indifférent. » *

Ainsi Marx analyse le corporatisme médiéval. Ce texte peut faire écho à l’analyse que j’avais faite de l’économie vue par Aristote, où ce dernier disait que le but de l’économie était de fabriquer et d’acquérir des biens pour la famille et la cité, et non pas d’accumuler de l’argent à l’infini. C’est l’artisan contre le spéculateur boursier. De nos jours, un rapide coup d’oeil sur notre système économique suffit à se rendre compte de la faillite quasi consommée de l’artisanat face à l’industrie et son corrélat, la sainte Bourse.

Marx n’est pas corporatiste, et encore moins royaliste. La raison en est que, s’il semble parler ici avec nostalgie du régime corporatif, Marx le considère en fait comme définitivement révolu et ne manque pas d’en signaler les aspects arriérés et liberticides par rapport à son présent. Son analyse de la corporation sert à montrer ensuite l’avènement de l’industrie et de la division du travail entre les individus. Or, pour résumer grossièrement, le marxiste pense qu’une fois l’industrie complètement développée et le commerce devenu mondial, la classe prolétaire doit prendre possession de tout cela et assurer du pain pour tous (surtout pour le politburo, dans les faits). Il apparaît donc que Lénine et Trotsky n’avaient pas compris grand chose au marxisme, puisque leur révolution était nationale et non internationale (ainsi ils ont voulu l’exporter par la force, comme Napoléon, et l’empire soviétique est né), et que l’industrie russe était loin d’être suffisamment développée, au contraire elle était plutôt arriérée par rapport à des pays comme l’Angleterre.

Si la division du travail n’était pas consommée dans le corporatisme, c’est parce que les travailleurs étaient regroupés en un corps de métiers, c’est-à-dire que les individus faisaient le même métier dans la corporation. Plus concrètement, cela veut dire qu’un cordonnier n’était pas en concurrence avec un autre cordonnier puisqu’ils faisaient partie de la même corporation. Mais les corporations étaient séparées entre elles et pouvaient donc être en concurrence.
D’après Marx, la mondialisation du commerce et le développement de l’industrie enterrent le corporatisme. Il faut donc nous poser la question de l’actualité d’un tel régime social, qui s’exprime politiquement dans le terme d’aristocratie du travail, économiquement dans le terme corporations de métiers.

*Karl Marx, L’idéologie allemande, éd. sociales, p.86.

Frédéric Traum

Pêche française, pêche européenne

Mercredi 23 juillet 2008

On s’était méfié des promesses de soutien gouvernemental aux pêcheurs en crise, suite auxquelles ces derniers avaient interrompu bien imprudemment leurs mouvements de grève, et on ne s’y était pas trompé. Comme on pouvait s’y attendre, la principale mesure du plan Barnier pour la pêche s’est vue retoquée par la Commission de Bruxelles sous l’éternel prétexte de « concurrence libre et non faussée », la subvention de 27 centimes d’euro au litre de gazole procédant d’une solution purement nationale qui ne prendrait pas en compte nos partenaires européens. Certes. Mais c’est que nos voisins, qui ne peuvent se targuer d’une flotte comme la nôtre, n’ont pas les mêmes intérêts que nous, et ne manquent pas une occasion de nous le faire savoir.

Car que propose « l’Europe » ? Par la voix de ses ministres de la Pêche réunis à Bruxelles la semaine passée elle s’est accordée sur le versement annuel d’ « aides d’urgences aux pêcheurs qui restent temporairement à quai (…) pour couvrir leurs frais d’équipage et leurs coûts fixes. » Soit une vision caduque du problème incapable d’assurer aux travailleurs de la mer la dignité d’exercer leur métier comme un revenu propre à rembourser leurs dettes. La politique de la jachère appliquée à la pêche, en somme.

Reinelde

La réforme passe, le bon sens trépasse

Mardi 22 juillet 2008

« Victoire de la démocratie » comme s’est empressé de le signifier notre bon Président, la réforme de la Constitution est surtout la victoire de la logique démocratique poussée à son paroxysme : il était déjà douteux qu’une majorité soit dans le vrai par la seule qualité d’être supérieure en nombre ; mais qui peut considérer un seul instant la seule voix de différence de l’échec au succès comme le gage infaillible du bien-fondé de la réforme pour la communauté nationale ? Et ne devrait-on pas s’abstenir soigneusement de badiner lorsqu’il s’agit du bien commun, a fortiori au plus haut niveau de l’Etat ? Malheureusement, prudence et probité ne sont pas des vertus disputées parmi nos représentants ; et c’était hier davantage le grand ballet des conformismes et des convenances parlementaires, entre combines et faux-semblants.

Premier scandale, les proches du Président n ‘ont pas trahi un grand secret en le dénonçant : le fait que les hommes de l’opposition, pourtant largement favorables à un certain nombre des réformes constitutionnelles proposées, aient délibérément choisi de ne pas suivre leurs convictions quant au bien supérieur de la nation et leur aient préféré une tactique d’instrumentalisation politicienne stérile montre combien ce vote ne « transcendait » pas « les clivages », qu’il s’agissait d’un vote partisan, et devrait à jamais dissiper nos doutes quant à la maturité du régime, j’entends sa capacité à assurer le bien commun. Mais d’ailleurs, où était le bien commun dans cette affaire ?

Les propositions adoptées sont effectivement plus que contestables de ce point de vue. D’abord, des droits chimériques pour les citoyens qui prétendent les impliquer davantage dans les affaires de l’Etat –justifiant en retour les ingérences de l’Etat dans les affaires privées- mais seulement quand leur rôle ne remet pas en cause l’avenir de la social-démocratie mondialiste : ainsi de la possibilité laissée aux Français de rejeter l’ adhésion prochaine de la Turquie par référendum -mais aussi de l’accepter, amis souverainistes- sauf si… les parlementaires ne souhaitent pas courir le risque ; d’organiser des référendums… avec l’appui seulement des députés ; de contester des lois… devant un larbin du Président.

Et puis tout un tas de fins arrangements et de petites magouilles entre parlementaires et présidence, qui n’a pas hésité à faire pression sur ceux-là pour faire passer avec succès son énième remaquillage républicain en maniant habilement carotte et bâton. Quelques pseudo-garanties démocratiques d’une part : limitation en trompe-l’œil des pouvoirs avec l’interdiction d’utiliser plus d’une fois par session le fameux « 49-3 » (mais en usait-on davantage ?), et avec le maximum de mandats fixé à deux consécutifs, ce qui ne va pas arranger le problème récurrent spécifiquement républicain de la continuité de l’Etat. D’autre part, une ribambelle de cadeaux à la majorité, à l’opposition : des ministres qui retrouvent leur poste lucratif de député après éviction, des droits de veto et des libertés de planning pour des parlementaires sous influence, qu’on n’a pas manqué d’intéresser à la cause tantôt par des rappels à l’ordre tantôt par des maroquins, au point qu’eux-mêmes finissent par s’en plaindre… comme pour nous montrer qu’ils ne craignent plus l’exaspération populaire.

La pantomime qu’on nous a infligé pendant de six longues semaines, et qui n’a décidément passionné personne, aura du moins permis à Sarkozy, drapé en défenseur des régions et des femmes, des citoyens et de ses représentants, de l’Etat et du Parlement, de relancer sa carrière de juriste en droit constitutionnel, sérieusement entachée par son échec européen en Irlande. De notre côté, nous étions déjà immunisés contre ce genre de tartufferies, et le triste spectacle que voici n’aura guère rallié nos cœurs.

Reinelde

Antigone

Lundi 21 juillet 2008

Créon, roi de Thèbes, interdit à quiconque d’ensevelir selon les rites le fils d’Oedipe, Polynice, coupable de s’être élevé contre la cité. Sa sœur, Antigone, va toutefois désobéir et tenter au mépris de la loi d’enterrer son frère et sera ainsi condamnée à mort.

Dans son texte Antigone, Vierge-Mère de l’Ordre, Charles Maurras tend à comprendre la véritable portée de cette tragédie grecque de Sophocle. Il y affirme qu’« on s’accorde généralement à comprendre cette révolte comme la voix de la conscience humaine, universelle et éternelle élevée au nom d’un impératif stoïcien et kantien. C’est la protestation moderne de l’Un contre toutes les formes de la Communauté. C’est l’énonciation du droit de la Personne contre la Cité, c’est le conflit de la politique et de la morale. »* Or il s’élève contre cette analyse d’Antigone et pense qu’il s’agit là d’un « contresens complet »*.

À juste titre, il observe avec précision le texte de Sophocle pour en dévoiler le fonctionnement et l’argumentation : non, Antigone n’est pas la représentante de l’Un contre la Communauté ; non, elle n’incarne pas l’Anarchie. Car cette jeune fille obéit aux lois fondamentales de la Cité, « aux lois non écrites, inébranlables, des dieux »**, aux traditions qui sont bien plus sûres et bien plus fortes que les lois qu’un souverain pourrait écrire en son nom. Bien plus encore, Antigone n’est pas seule et le peuple l’accompagne, ainsi le fils du roi affirme qu’il « entend Thèbes gémir sur le sort de cette fille »**, laissant Créon seul en tant que tyran, seul avec sa volonté de maîtriser et de contrôler les hommes (« Thèbes aurait donc à me dicter mes ordres ? »**). Ce dernier dépasse ainsi le cadre de son autorité, de son pouvoir, en essayant d’attenter aux lois les plus fondamentales qui régissent le groupe humain, les lois divines et coutumières qui soutiennent l’édifice de Thèbes. Tirésias lui-même, devin représentant de l’autorité divine, va alors prévenir Créon et sera par lui insulté (« Tu es devin expert, mais qui se plaît au mal »**). Le tyran ne peut ainsi qu’être puni, et voir son fils et sa femme mourir, et ne pourra qu’à la fin de la pièce reconnaître son erreur.

Tout semble clair à la lecture de la tragédie de Sophocle, Antigone est celle qui défend et préserve les valeurs et les lois fondamentales de la Cité, et Créon n’agit qu’en tant que tyran qui abuse de son autorité et de son pouvoir contre son peuple. Mais alors un tel contresens peut il réellement exister ? En effet, et l’on peut constater toute l’évolution de la tragédie si après avoir lu Sophocle nous lisons l’Antigone de Jean Anouilh. Ce dernier change ainsi radicalement la pièce pour en retirer l’esprit réellement politique et pour n’en faire que la révolte de l’individualisme face à la société.

Ainsi le peuple s’élève contre Antigone et ne fait que presser sa condamnation, Créon y parait plus aimable, plus prompt à essayer de pardonner Antigone, ayant un sens du devoir un peu plus affirmé que chez Sophocle, et surtout Antigone fait preuve d’un individualisme exacerbé. Car ce n’est plus pour ces lois fondamentales qu’elle se bat, ce n’est plus pour le respect de la Communauté ou des dieux, il n’y est presque pas fait mention. Ce n’est même plus pour son frère, puisque Créon parvient à la convaincre de l’inutilité de son geste. Elle inventera alors très vite autre chose pour se convaincre de sa révolte, simplement son absence de conformité avec la société. Non, c’est pour elle-même, pour sa liberté personnelle, pour sa volonté, pour la célébration de l’individu qui brave toute la société pour s’élever seul en tant qu’Absolu. Ainsi Créon lui demande pourquoi elle fait ce geste, pour les autres, pour son frère ? Et la voilà qui répond « pour personne, pour moi »***.

Tout est dit, voilà quelles sont les revendications modernes, voilà les héros d’aujourd’hui. Si Charles Maurras faisait l’éloge de l’Antigone de Sophocle, nous saurons nous battre contre l’Antigone d’Anouilh : nous serons les héritiers et les continuateurs de l’esprit du tragédien grec. Nous nous élèverons contre cette Antigone qui criait, capricieuse : « Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! […] Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse ! »***

*Charles Maurras - Antigone, Vierge-Mère de l’Ordre
**Sophocle - Antigone
***Jean Anouilh - Antigone

Dimitri Julien

Des politiques équilibrées

Samedi 19 juillet 2008

« Kafkaïenne » (une situation) : voilà un mot qui veut dire quelque chose pour nous, et que nous aimons ne pas voir galvaudé quand nous avons la surprise de le voir utilisé ; il ne suinte pas franchement la sous-culture de la part de son auteur, et témoigne en même temps du désarroi légitime qui est le sien face à l’administration tarée d’un pays dépravé. M.Ould-Ali rallie la France en 2003, légalement, pour lui apporter ses qualités d’entrepreneur et y fonder une modeste pizzeria avec la bénédiction des autorités, faisant par là preuve d’un sens des responsabilités peu commun parmi ses congénères, qui au mieux viennent bénéficier d’un emploi français, au pire se contentent d’une vie à nos crochets toujours meilleure que l’ancienne. Las ; au nom d’un zèle déplacé, d’une « politique du chiffre » qui frappe indistinctement et sans discernement les plus entreprenants, cet honnête homme se voit retirer ses papiers après deux ans d’activité et cinq emplois créés.

C’est que M.Hortefeux a des directives, dont les prescriptions conditionnent l’avancement des uns et des autres dans les préfectures, et si les études plus ou moins indépendantes ne peuvent pas publier bientôt des résultats satisfaisants, gare :les électeurs dupés se raviseront, et le ministre fâché demandera des comptes. La tâche est d’autant plus ardue qu’on n’a pas cessé dernièrement de sacrifier aux exigences conjointes des syndicats et des patrons concernant les régularisations des masses clandestines terrées dans nos restaurants : le printemps fut émaillé de joyeux coming-out défiant, avec la complicité des télés, ce qui reste d’Etat de droit, avec le plus grand succès. Si bien que, de régularisations « au cas par cas » en régularisations « individuelles », la politique de fermeté initialement prônée a pris des allures de débandade massive et généralisée.

Or, la clairvoyance politique requise en pareille circonstance n’imposait-elle pas de distinguer le nombre dirimant de l’exception créatrice, tout en donnant à l’un et à l’autre ce qui lui revenait ? Et dans la crise nationale de l’emploi matérialisée par les chômeurs de ce pays -comptabilisés ou non-, dans une société individualiste de surcroît où le nouvel arrivant moins que les autres est porté à l’émulation salvatrice, au rejet de l’assistanat et à l’émancipation sociale, un immigré respectueux de nos lois, autosuffisant et pourvoyeur d’emplois si nécessaires… n’est-ce pas là l’exceptionnel ?

Voilà bien le genre d’irréfragables scandales qui, par le sentiment d’injustice fondée qu’il en ressort, renforce inutilement l’influence des réseaux libre-échangistes humanitaristes sous-tendus par la sphère néolibérale. Faut-il qu’un gouvernement soit irresponsable au point de laisser planer le doute sur le bien-fondé de sa politique, migratoire surtout, à une époque où, cause de grands enjeux nationaux comme internationaux, elle déchaîne les passions ? N’avons-nous pas besoin maintenant de politiques équilibrées, indépendantes des échéances quinquénaires ; qui, voyant où ils nous mèneront, règlent les problèmes à mesure qu’ils apparaissent, ne les laissent jamais s’accumuler jusqu’au point de non-retour ? Qui, par cette même qualité, le font sereinement et loin des fureurs populaires ?

Reinelde

Red Bull donne des spaaasmes

Vendredi 18 juillet 2008

Le gouvernement à cédé. Aux légitimes revendications d’une France profonde paupérisée ? Non pas ; mais à celles infiniment plus urgentes d’un grand trust international, les boissons énergisantes Red Bull, certes oui. L’ogre du commerce apatride réclamait en effet la libre-vente de ses produits en France, qui lui vient d’être accordée malgré quatre avis négatifs de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments.

Une fois encore, l’Union continentale nous a trahis. Nos bons gouvernementeux français, pour une fois qu’ils tenaient bons et ne semblaient pas disposés à céder aux injonctions venues de l’étranger, ont préféré s’aplatir de suite plutôt que d’être désavoués par une Cour de Justice européenne qui n’aurait pas manqué de leur rappeler les plus élémentaires principes de libéralisme économique qui font désormais autorité en Europe. Preuve supplémentaire s’il en était besoin que l’UE parachève désavantageusement l’habituelle incapacité républicaine.

Car quoi, fallait-il pas à tout prix nous préserver de cette sordidité sans nom qu’on nous impose maintenant sous l’odieux prétexte démocratique ? Méritait-elle pas son sort quand elle est partout la cible de « suspicions de toxicité rénale et neurologique », capable de « générer des troubles neuropsychiques », et qu’elle a déjà coûté la vie d’Européens, Suédois et Irlandais ? Voilà donc sacrifiés le principe de précaution et, partant, la santé du consommateur sur l’autel du profit.

Reinelde 

Usurper la liberté (Bétancourt), liberté d’usurper (Sarkozy)

Jeudi 17 juillet 2008

Ingrid Bétancourt vient de se faire décerner la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy.
L’ineptie de cette décision peut être soulignée assez rapidement : pour quelle raison a-t-elle été décorée ? Pour avoir été capturée ? Pour avoir survécu aux FARC ? Il faut bien faire un peu de spectacle, et par-là même enlever tout sens a ce qui avait jadis une grande valeur, comme ici la Légion d’honneur.
Cette remise montre bien aussi le glissement de sens du mot « risque » à l’heure actuelle : désignant auparavant un acte d’héroïsme volontairement effectué, il désigne aujourd’hui un simple danger subi.
C’est-à-dire que la Légion d’honneur, censée récompenser un héros de guerre ou autre personnage ayant « risqué » (au sens actif du terme « risquer ») sa vie sur le champ de bataille, récompense aujourd’hui une femme qui a « risqué » (au sens passif du terme ici) sa vie en se faisant capturer et retenir prisonnière pendant six années.
Notons aussi la mascarade que nous offre notre Président, qui tire la couverture à lui : le chef de l’Etat appelle à rester mobilisé pour les autres otages, en ajoutant : « car ce qu’on fait, ça sert». Or, il semble bien que l’usurpateur élyséen n’ait en rien contribué à la libération de Mme Bétancourt.

Infinity 

Représentativité viciée

Mercredi 16 juillet 2008

« Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » disait Abraham Lincoln, voilà ce qu’est la démocratie. Or, l’on constate aujourd’hui que cette démocratie ne considère le peuple que comme un agrégat d’individus sans prendre en compte l’identité réelle de chacun. Qu’est ce qu’un citoyen pour la démocratie ? Un être sans réelle identité, sans contour précis, une voix, tout simplement.

La représentativité de l’Assemblée nationale est ainsi viciée et exclut une large part de la population française : chômeurs, femmes au foyer, ouvriers, artisans… ne sont pas ou très peu représentés à l’Assemblée. Car l’on oublie que l’individu s’identifie également par sa famille, son milieu social, son travail, donc son rapport aux autres. Il n’est pas qu’un individu en soi et pour soi, et doit s’inscrire dans une communauté et dans un ensemble de rapports avec celle-ci.

Il convient donc de changer profondément le fonctionnement individualiste de notre société et d’en appeler à la création de corps socioprofessionnels qui puissent représenter réellement la population dans sa diversité, une diversité presque charnelle, et non pas seulement d’opinions politiques représentées par quelques partis « totalitaires en germe et en aspiration »*.

Renouer « pays réel » et « pays légal », c’est là la tâche principale de toute vraie politique. C’est le fondement même d’une communauté, qui se doit d’être en accord avec elle-même. Le Roi, puisqu’il n’est pas élu, n’est donc pas représentatif d’une partie de la population seulement. Il est capable d’œuvrer dans une continuité qu’a incarnée et qu’incarne encore une famille royale, oeuvrant pour le peuple français dans sa totalité, au delà même du temps. Ainsi légitime, arbitre suprême, élément fédérateur et non partisan, il peut laisser aux différents corps de la nation la liberté qui leur est nécessaire.

Il faut retrouver cet esprit qu’avait Louis XIV** : « Chaque profession contribue, en sa manière, au soutien de la monarchie. Le laboureur fournit par son travail la nourriture à tout ce grand corps ; l’artisan donne par son industrie toutes les choses qui servent à la commodité du public ; et le marchand assemble tout ce que le monde produit d’utile ou d’agréable. Les financiers, en recueillant l’argent des impôts, servent à la subsistance de l’Etat ; les juges, en faisant appliquer les lois, entretiennent la sûreté parmi les hommes ; et les prêtres, en instruisant les peuples à la religion, attirent les bénédictions du ciel. C’est pourquoi, bien loin de mépriser aucune de ces conditions, ou d’en favoriser l’une aux dépens de l’autre, nous devons être le père commun de tous. »

*Simone Weil : Note sur la suppression générale des partis politiques
**Louis XIV : Mémoires, année 1666

D.Julien 

Législation et moeurs

Mardi 15 juillet 2008

Le changement systématique et régulier des lois est au cœur d’une logique démocratique et républicaine qui trouve son apogée et sa suite logique dans l’hyperprésidence de Nicolas Sarkozy depuis son élection. Il s’agit d’édicter sans cesse des lois dans tous les domaines, jusque dans la vie privée et familiale, et par là même de détruire les anciennes lois sans assurer une nécessaire continuité avec les politiques précédentes.

Dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville nous explique qu’il s’agit là d’un vice inhérent à la démocratie : « Lorsque les élections se succèdent rapidement, leur fréquence entretient dans la société un mouvement fébrile et maintient les affaires publiques dans un état de versatilité continuelle ». En effet, la durée des mandats, trop courte, empêche nos gouvernants d’avoir une quelconque politique sur le long-terme et les place dans une position de campagne perpétuelle, continuellement affairés aux désirs et passions du peuple. Ajoutons à ce fait la présence de partis qui mène à la division du pays, et nous avons des hommes politiques qui s’affrontent et rivalisent bien plus qu’ils ne pensent au Bien commun : ainsi l’action du Président est-elle nulle puisqu’elle est éphémère et sera sans doute détruite et remplacée par son successeur.

La République ne parvient donc pas à préserver une stabilité nécessaire : ainsi même la Constitution française de 1958 a déjà été changée vingt-trois fois depuis son adoption ! Dans La République, Platon affirme qu’il est tout à fait néfaste de changer continuellement la législation d’un Etat, et même qu’une législation trop importante et trop présente dévoile la faiblesse d’un régime qui, à l’exemple du médecin, ne guérit que les conséquences et non les causes du mal. C’est ainsi de bonnes mœurs qu’il faut rétablir, et donner toute son importance à la tradition pour détruire la main-mise de l’Etat sur nos vies et assurer une plus grande liberté et une plus grande autonomie aux habitants. Nul besoin d’un excès de lois dans un pays où de bonnes mœurs ont cours !

Il faut donc pour cela retrouver une politique familiale réelle qui prendra de nouveau en charge l’éducation de nos enfants, aujourd’hui trop souvent laissés aux mains de l’Etat et de son ministère de l’Education nationale. Contre cette centralisation jacobine qui depuis la Révolution française concentre le pouvoir et les décisions à Paris, il faut donc retrouver une capacité d’autonomie, de libertés et de responsabilités aux régions, communes et citoyens, et cela avec une saine décentralisation. Or de telles libertés nécessitent un pouvoir fort, souverain, et surtout indépendant : un Roi !

D.Julien

le 14 juillet…

Lundi 14 juillet 2008

Symbole et Honneur

Lundi 14 juillet 2008

” Un 14 juillet résolument international “, tel est le titre d’un article du Figaro. L’on croit rêver, et l’on se demande à juste titre où peut bien se trouver encore la France dans toute cette mascarade. S’il s’agit d’un symbole républicain, commémorant –dans l’esprit de nos contemporains- une journée où quelques individus se sont amusés à massacrer plusieurs gardes pour s’armer et libérer des faussaires, un incestueux, un fou et un régicide, nous pouvions toutefois encore accorder quelque crédit à cette fête, la dernière à rassembler et unir encore un peu les Français.

Toutefois, l’on remarque aujourd’hui que le caractère national de cette fête se dissout pour s’ouvrir à l’universel et aux autres pays, jusqu’à presque oublier la France et son identité : le prolongement naturel d’une politique républicaine qui ne vit que par et pour saper les fondements traditionnels de la France depuis bien des années. Alors qu’autrefois la France avait vocation universelle et savait prendre appui sur sa dimension nationale pour porter sa voix dans le monde, c’est aujourd’hui l’universel qui semble prendre le pas sur le national, et nous engloutir notamment dans le Léviathan européen omniprésent.

Non, aujourd’hui, nous le savons clairement : le 14 juillet n’est plus pour nos politiciens une fête nationale. Ce sont des MIG (avions de chasse soviétiques) qui ont parcouru le ciel…aux couleurs de la Slovaquie et de la Roumanie ! Ce sont deux contingents des Casques bleus des Nations unies qui ont ouvert un défile de « troupes à pied », brisant la tradition qui donnait habituellement l’ouverture à l’Ecole Polytechnique ! Ce sont des blindés frappés du sigle de l’ONU qui étaient présents au défilé des troupes motorisées ! Et le drapeau français accompagnait celui de l’Union Européenne et des Nations unies !

Le 14 juillet n’appartient donc plus à la France, il ne s’agit plus d’affirmer encore notre identité, notre singularité, notre tradition, notre existence en tant que pays souverain ! Il s’agit maintenant de se fondre dans une masse européenne, universelle, qui met de côté notre existence propre. Ainsi le Préambule de la déclaration universelle des droits de l’Homme et ses huit articles ont été lu pour cette cérémonie, preuve que dorénavant les nations et les identités des peuples sont vouées à être détruites au profit d’une universalité dont nous ne voulons pas, nous, l’Action Française. Les communes sont heureusement encore protégées de cette surprésence internationale. Mais la France est plus que jamais en danger.

D.Julien

[Paris] CR de l’inauguration du “magasin”

Lundi 14 juillet 2008

Vendredi soir, 11 juillet, après quatre jours de rangement intensif, où les militants restés à Paris se sont relayés pour aménager « le magasin », tout était prêt pour l’inauguration de nos nouveaux locaux. Une boutique donnant sur la rue, une cave voûtée pré-révolution, une grosse centaine de mètres carrés, voilà notre nouveau quartier général. Bien sûr, il reste beaucoup à faire, mais l’espace est déjà suffisamment opérationnel pour reprendre le travail, légèrement perturbé ces derniers mois.

19h30, les camarades arrivent peu à peu, seuls ou en groupe, la visite commence. Ceux qui n’ont pu participer aux travaux, ou qui n’ont assisté qu’à leurs débuts, apprécient le rangement et le travail accomplis. Les autres se réjouissent de ce magasin de plain-pied sur la rue, et se promettent de s’impliquer davantage encore dans la suite des travaux.


Peu à peu, les salles se remplissent, autour du buffet, jusqu’à recracher les militants dans la rue, tant il y a de monde. Le bouche-à-oreille a fonctionné à plein, le buffet est bientôt vide, malgré les nombreux rafraîchissements proposés. Des camarades zentropistes nous rejoignent, quelques anciens aussi, beaucoup de nos amis s’excusent par téléphone auprès de Thibaud Pierre pour leur absence, à cause de vacances loin de Paris, ou d’obligations familiales : Gérard Leclerc, Bernard Bonnaves, François Marin Fleutot….
Cependant une bonne quarantaine de personnes passeront dans la soirée.
La nuit se continue tard dans une pizzeria voisine. Les discussions sont fort animées, notamment autour de la mobilisation et de la préparation pour le CMRDS fin août.
Dorénavant, une permanence quotidienne sera tenue, n’hésitez donc pas à passer nous voir et prendre du matériel afin de militer avec nous.

CRAF/Action Française: 8 rue du Pélican

75001 Paris

M Palais Royal/Louvre Rivoli

[Paris] Vendredi 11 juillet 2008

Jeudi 10 juillet 2008

le 11 juillet 2008 à partir de 19h30

Pot militant ouvert à tous afin d’inaugurer nos nouveaux locaux

rdv 5 rue du Pélican, au Rez-de-Chaussée
75001 Paris

M Palais Royal ou Louvre Rivoli

Entrée libre

Electeurs en Pampers

Jeudi 10 juillet 2008

« Donner une voix à l’avenir Pour le droit de vote dès la naissance », voici le projet d’un groupe de députés allemands qui souhaitent instituer le droit de vote pour « les électeurs Pampers » en Allemagne, c’est à dire pour les nouveau-nés. Le projet avait déjà été proposé et rejeté par le passé, et cette fois encore le refus est presque certain. Néanmoins, cette affaire est révélatrice d’une crise de la démocratie, et nous pouvons craindre de tels projets de lois en France à l’avenir.

C’est en effet le problème de la légitimité du régime démocratique qui se pose à travers cette proposition de loi. Nous, royalistes, savons que cette légitimité n’est pas fondée, car elle place à la tête du pays un individu élu par une portion seulement du peuple, et nous savons qu’il ne saurait en être autrement dans un tel régime.

Si nous savons que la légitimité démocratique n’est pas réelle car elle n’est pas issue du peuple dans son entier, pouvons-nous néanmoins être en accord avec ce projet de loi ? Non, car c’est un changement institutionnel bien plus profond qui reste la seule solution à l’établissement d’une réelle légitimité à la tête d’un pays. Donnons le droit de vote aux nouveau-nés, aux enfants, bien. Mais une légitimité réelle se fonde dans une nation toute entière, certes au delà des âges, mais également au delà des époques et du temps ! Car un peuple n’est pas seulement un agrégat d’individus à un moment donné, mais un ensemble historique, donc un passé, un avenir également.

De plus, donner si tôt le droit de vote révèle une étrange absurdité. Certes, les parents exerceraient alors ce droit pour leurs enfants jusqu’à ce que ces derniers se sentent assez mûrs. Mais si le « peuple majeur » déjà ne saurait faire les bons choix politiques, à quoi bon élargir le droit de vote et l’établir si tôt ? C’est que la démocratie repose sur une fiction : non, l’homme n’est pas apte à faire naturellement les bons choix politiques. Car la politique demande du temps, de la connaissance, de l’étude, de la réflexion, de l’engagement, de l’effort, de l’expérience… de véritables choix politiques demandent ainsi bien plus que ce que le peuple, même avec des efforts, peut produire.

Un Roi, en revanche, est dés son plus jeune âge formé à la politique. Sa vie entière est vouée à cette tâche, et il sait ainsi gouverner avec bien plus d’efficacité. Il peut aussi prendre des décisions rapidement, dans l’urgence, sans avoir à passer par les longs débats et affrontements partisans qui composent notre vie politique actuelle. Elargir le nombre des gouvernants, le peuple qui vote en démocratie, c’est donc accroître la médiocrité d’un Etat et son incapacité.

D.Julien 

RAPPEL: CMRDS 2008

Mercredi 9 juillet 2008

Relativité des cultures

Mercredi 9 juillet 2008

Est-ce que la France dispose encore aujourd’hui d’une véritable diplomatie, cohérente et forte, répondant aux besoins de notre pays ? Nous pouvons en douter, et il fallait nous y attendre : Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas promis durant sa campagne qu’il serait « le Président des droits de l’Homme » ? Dès lors, toute notre politique étrangère était nécessairement vouée à l’échec, était viciée. Car cette politique droits-de-l’hommiste tend à oublier un point essentiel du rapport que doit entretenir un Etat avec d’autres Etats : la relativité des cultures et des civilisations.

Franz Boas, anthropologue du culturalisme américain, est l’un des premiers à avoir théorisé cette relativité en opposition à l’évolutionnisme de la seconde moitié du XIXème siècle. En effet, il affirme que « la civilisation n’est pas quelque chose d’absolu mais de relatif ; nos idées et nos conceptions ne sont vraies que dans les limites de notre civilisation ». Il convient donc d’écarter toute hiérarchisation des cultures ou encore tout principe éthique pour élaborer une diplomatie concrète, une « realpolitik » française qui répondrait à nos nécessités.

Si les droits de l’Homme ne sauraient être la base d’une diplomatie sérieuse , c’est qu’il s’agit de considérer l’homme en tant qu’idée, idéal même, et non en tant que réalité. Une diplomatie qui reposerait ainsi sur ce que l’homme doit être plutôt que sur ce que l’homme est en réalité, qui pose donc l’existence d’un « Homme » inconnu que De Maistre affirmait n’avoir jamais rencontré, ne peut être conforme aux peuples concernés. C’est ainsi lors d’études concrètes que Boas a découvert la relativité des cultures : lors d’une expédition chez les Inuits, l’anthropologue est tombé en hypothermie ; sauvé par une tribu grâce à leur savoir-faire, il s’est alors rendu compte que chaque société disposait d’une connaissance relative à son environnement. Il serait donc temps que nos hommes politiques reprennent prise avec la réalité, avec ce « pays réel » dont parlait Maurras et qui semble si loin de leur perception !

En effet ce « droit d’ingérence » droits-de-l’hommiste, dont notre ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est le symbole, peut être qualifié de « néo-colonialisme ». Cette politique tend à imposer aux autres pays un modèle occidental et à uniformiser ainsi toujours plus le monde au lieu de le considérer et de le préserver dans sa diversité. Il est donc temps de prendre conscience que contrairement à ce qu’affirme Bernard-Henri Lévy, les droits de l’Homme, aujourd’hui secondés par la famille des « sans frontières », ne sont pas « universalisables », qu’ils détournent notre diplomatie des réalités et qu’ils engendrent ainsi de nombreux désastres. Rousseau même l’affirmait très justement : « Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin des devoirs qu’ils dédaignent remplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour se dispenser d’aimer ses voisins. »

D.Julien 

Nicolas le Pacifiste

Mardi 8 juillet 2008

On a assez relaté partout la désinvolture avec laquelle Talonnette Ier, en sa qualité de parvenu déraciné et fier de l’être, traite la chose militaire et les valeurs qu’elle incarne depuis son arrivée au pouvoir, une attitude qui ne s’est pas bonifiée avec le temps… Ayant fait proclamer par technocrates interposés des fontes d’effectifs futures au sein de notre armée, dans l’un de ces pavés idéologiques dont lui seul a le secret –Livre Blanc de la Défense après rapport Attali et Traité de Lisbonne-, le bougre qui nous sert de Président avait été violemment décrié par un comité d’officiers, aux identités tenues secrètes, pour son amateurisme. Vexé, l’individu n’avait pas manqué de retourner l’injure à l’identique, à la mode de nos cours de récré, ajoutant à l’incompétence crasse un manque criant de sang-froid ; cela à l’occasion du drame de Carcassonne, un événement par ailleurs très curieux dont Sébastien de Kerrero relève le lot d’invraisemblances (Aspects de la France n°3). Conclusion :

« Alors que l’armée gronde de la base au sommet contre la liquidation de nos forces armées et l’alignement sur la politique anglo-américaine, n’est-il pas très opportun de voir l’armée entachée par un incident aussi tragique, qui porte atteinte gravement à la confiance que la nation met en ses militaires ? ». De fait, le profit (provisoire) tiré par l’exécutif de cet heureux événement s’élève aujourd’hui à : un Général d’armée démissionné, cinq officiers suspendus et deux groupes dissous, du régiment incriminé. Décidément, fructueuse affaire que voilà pour la politique de démembrement militaire du pouvoir sarkozyste !

Reinelde

[Bourgogne]Article de presse sur la Mamie des camelots

Mardi 8 juillet 2008

vu sur le Journal de Saône et Loire

Yvonne Pereyrol, militante monarchiste
92 ans et plus que jamais fière d’être royaliste

à la table d’honneur le Professeur Foyard, Mme Pereyrol, M Champion, M Boritch

Les royalistes de Bourgogne organisaient ce dimanche à St-Jean-de-Vaux l’un de leurs grands rassemblements annuels. Le temps d’un dimanche, le village de la vallée des Vaux a vu de temps à autre flotter le drapeau à fleurs de lys, symbole de ralliement des royalistes venus se regrouper sur la côte chalonnaise. La doyenne de l’assemblée réunie était sans nul doute, Yvonne Pereyrol résidant à Jambles, l’une des plus ferventes militantes du royalisme en Bourgogne et cela depuis l’âge de 12 ans. C’est avec une énergie extraordinaire qu’elle dresse un tableau de son engagement tout au long de ces dernières décennies. Passionnée de littérature mais notamment d’histoire, elle se rend compte rapidement que les ouvrages disponibles à sa soif d’apprendre ne sont plus suffisants dans son école, et entreprend la conquête des bibliothèques chalonnaises. La découverte des épisodes révolutionnaires de 1789 et de la Terreur font d’elle une anti-républicaine, n’admettant pas la naissance de la république dans le sang. Alors qu’en 1941, elle apprend le mariage du Comte de Paris à travers la lecture du journal de l’Action Française, elle n’hésite pas à écrire à Léon Daudet afin de s’engager définitivement. Pour la petite histoire, l’épouse de Léon Daudet lui présentera son futur époux, royaliste également avec qui elle aura deux enfants. La famille s’est agrandie avec dix petits enfants. C’est une véritable mémoire vivante, bourrée d’anecdotes toutes aussi intéressantes les unes que les autres, et Yvonne dresse un portrait acerbe sur la société de nos jours et cela malgré son âge avancé, n’hésitant pas à ponctuer humblement à chaque compliment «je ne suis qu’une petite vieille c’est tout». A la question de savoir si son investissement était un héritage de famille, elle se contente de dire «non…mon père était un républicain modéré, ni droite, ni gauche, un peu comme le marais girondin de la révolution» alors que son beau-père était communiste. C’est une vraie femme de conviction, d’honneur, de fidélité à ses engagements, associant ces décisions «à la Grâce de Dieu» car son engagement politique, elle l’associe étroitement à sa ferveur religieuse, l’un ne va pas sans l’autre et d’ailleurs si ses écrits préférés sont les Évangiles, c’était presque une évidence. Pour Yvonne Pereyrol, il faut maintenir les lois naturelles écrites par Moïse et choisir ce qu’il y a de moins mauvais pour les Français, c’est-à-dire la monarchie.
Une idée revient sans cesse dans ces propos car en tant qu’héritiers, les royalistes se doivent de «Témoigner, maintenir et transmettre».
Philippe Champion, haut responsable de l’Action Française n’hésitera pas à remercier Yvonne Pereyrol pour sa présence, la qualifiant de «mémoire, de conscience de l’Action Française».

Laurent Guillaumé

Fromage Pourri Sans Frontière

Lundi 7 juillet 2008

Du fromage avarié, contaminé de toutes les façons, réintroduit dans la chaîne de distribution italienne par des industriels véreux : c’est le constat accablant qu’ont rendu public cette semaine nos confrères de la Repubblicca. Un marché juteux à la clef, quarante grandes entreprises européennes n’auront pas hésité à s’avilir dans sa revente, après avoir donné le fromage en question à des officines affidées pour un barbouillage qu’elles-mêmes qualifiaient de « recyclage ». Ledit recyclage consistant au mélange tel quel avec du fromage frais, le produit final « présentait mieux », ce qui a permis l’écoulement de dix kilotonnes de substance toxique pour un chiffre d’affaire de dix millions.

Evidemment, et cela fait partie des joies de la post-modernité, un fléau qui serait resté à peu près contenu dans le strict cadre national aux temps obscurs et protectionnistes d’un monde révolu prend fatalement, dans l’Europe libre-échangiste du Marché unique, une dimension internationale. Ainsi, par un paradoxe terriblement significatif, la même Commission bruxelloise qui prétend nous imposer des « directives » aussi restrictives, pointilleuses qu’insensées sur la composition de nos productions traditionnelles –le camembert au lait cru par exemple- se révèle incapable d’empêcher les dérives massives et réellement nuisibles à la santé des citoyens de l’Union continentale. Tout cela n’affermira pas notre foi dans le libéralisme triomphant, ni dans le caractère prétendument obsolète de l’Etat.

Reinelde 

Cohésion et patriotisme

Samedi 5 juillet 2008

N’importe quel sociologue vous le dira : la cohésion sociale est à la base du fonctionnement correct d’une société. Pour ceux qui ne le sauraient pas, il s’agit du fait pour les individus de « s’entendent bien ». L’absence totale de cohésion sociale donnerait une société où chacun ferait la guerre à son voisin.
C’est un peu ce qui caractérise les temps que nous traversons : les gens ont de plus en plus tendance à se replier sur eux-même et à être agressifs envers les autres. Les conséquences en surface sont visibles : émeutes de plus en plus fréquentes, violence gratuite, agressivité … Sans parler du fait qu’une partie de la population ne comprend plus l’autre.
On pourra dire que la cause de cet affaiblissement de la cohésion sociale est la crise financière que nous traversons. Là n’est pas la source du problème. Pour deux raisons : la première est qu’une crise financière n’est pas nécessairement cause d’un affaiblissement de la cohésion sociale. La deuxième est que cet affaiblissement de la cohésion sociale ne date pas d’hier, au contraire de la crise financière.
Pour en rechercher la cause, il faut reformuler le terme. La cohésion sociale se traduit en langage courant et compréhensible par : l’unité d’une société, d’un peuple, d’un pays. On peut donc dire que l’unité de notre pays s’affaiblit.

Saint-Exupéry, je crois, disait « Si tu veux unir les hommes, donne leur une tour à construire ». Le remède au parcellement d’une société n’est pas nouveau. Si je cite ici Saint-Exupéry, Aristote le disait déjà auparavant. Cette tour à construire agirait comme un ciment et reconstruirait cette unité.
Peut-être me sent-on venir de loin. Ce ciment dont je parle, il est tout naturel que ce soit la Patrie. Non pas cette patrie révolutionnaire et sanguinaire qui est un impérialisme qui s’ignore. Mais cette Patrie qui est la terre de nos pères. Cela est naturel car c’est le point commun de tout un peuple, le nôtre.
J’aurais pu dire une tour à détruire. Mais une fois la tour détruite, on retourne aux anciennes divisions et rien n’a finalement changé. Au contraire, la construction laissera toujours quelque chose derrière elle, si elle a été mené correctement bien entendu.
Ce sentiment national qui s’effrite, c’est à nous de le reconstruire. On me dira que l’on pourrait tout aussi bien nommer cette tour l’Union Européenne. Je l’ai entendu. Mais cette tour est une chimère qui ne repose sur aucune base parce qu’elle veut faire fi du passé. Elle n’a aucune base. Tandis que le sentiment national a faibli. Il a donc existé, et il est à reconstruire. Il repose donc sur du concret.

C’est pour cela que la patriotisme (de l’amour charnel de la terre ancestrale) peut être, sera, le ciment d’une cohésion sociale, c’est ce qui lui manque. Voyez nos compatriotes se rassembler unanimement derrière une équipe de football ou de rugby. Voyez comme ils sont heureux et enthousiastes quand cette équipe gagne. Voyez comme ils sont unanimes sur leur sentiment face à ces équipes, quelque soit le sport. Vous me direz, c’est dérisoire. Vous me direz, c’est ridicule. Mais cela montre que le sentiment national peut repartir, car il existe encore. Ce n’est pas une abstraction soutenu par quelques arriérés illuminés.
Les Français ont besoin d’une unité, ils le sentent. C’est à nous qu’il appartient de faire revivre cette unité en faisant revivre ce sentiment national. La France n’est pas une idée, c’est une réalité.

Il serait inutile de dire qu’une réalité ne peut être incarnée par une abstraction. Une nation doit avoir une tête aussi réelle que cette nation. De ce point de vue, notre Constitution a une grosse lacune. Non seulement cette tête change tous les 5 ans, mais en plus, il appartient à une faction du pays. De Gaulle avait bien saisi ce problème, qui voulait empêcher la mainmise des partis sur l’exécutif. Le président de la république n’appartient officiellement à aucun parti. Le problème réside dans le fait que s’il ne respecte pas la volonté de ce parti qui l’a porté à la présidence, il risque fortement de perdre l’étiquette de ce parti aux prochaines élections. En résumé, un président de la république ne peut être la tête d’une nation parce qu’il change tout les 5 ans et qu’il n’incarne pas le pays.
Il faut donc que la tête du pays soit un homme, qu’il ne dépende d’aucun parti, qu’il soit toujours à la tête de la nation (et accessoirement qu’il ait une certaine légitimité). Ce personnage a déjà existé, et porte un nom qui est connu : c’est un roi. Seul un roi peut assurer l’unité d’un pays, parce qu’il n’est issu d’aucune faction idéologique. Ces décisions ne seront pas voilées par cette idéologie et lui ne sera pas sous l’influence d’un parti. Ce ne sera pas un être purement objectif, mais il prendra les décisions éclairées d’un homme lucide.

Sacré Coeur

Aspects de la France

Jeudi 3 juillet 2008

Pour tous renseignements : contact@aspectsdelafrance.com