Archive pour août 2008

Rappel : CMRDS = quotidien en ligne !

Jeudi 21 août 2008

L’autorité en haut, les libertés en bas !

Jeudi 21 août 2008

Mon ami,J’entends bien tes protestations à l’égard d’un régime qui, aux dires des rhéteurs, prive le citoyen du droit à l’expression politique - justification a posteriori du processus révolutionnaire. Mais si le peuple ne règne pas en monarchie, il n’est pas pour autant passif. Le roi, par l’octroi de « privilèges », ces savants compromis accordés au fil des conquêtes et des ralliements et dont chaque collectivité bénéficiait selon son statut, s’était imposé comme le lien rassembleur qui unissait cités, provinces, paroisses, métiers et générations entre elles. La république, en supprimant ce lien, s’est vue forcée de centraliser à tous crins pour éviter que tout ne se barre de toutes parts. Ainsi, en prétendant donner à chacun la liberté chimérique de gouverner l’Etat, elle a retiré aux gens celle, bien concrète, de régler les affaires qui les concernent, et pour lesquels ils sont compétents.

Ainsi de la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 qui interdit les corporations de métier, ces organisations regroupant les hommes œuvrant dans le même secteur de production, de la base au sommet, permettant ainsi une concorde sociale qu’on ne retrouvera pas avec le droit de syndic acquis un siècle plus tard au prix du sang. Dans le même temps, les anciennes provinces sont dépecées en départements, eux-mêmes rassemblés en des « régions » qui n’ont plus aucun sens puisque la logique qui préside à leur création est celle de la division arbitraire et systématique des ensembles politiques et culturels passés en vue de leur affaiblissement. Les grandes villes sont de plus en plus totalement soumises au pouvoir central de Paris, ou aux appareils des grands partis parlementaires qui confisquent les élections et les mairies à des fins partisanes, et les maires font figures de préfets. Partout, les citoyens sont privés de leur droit le plus élémentaire, le droit de gestion commune et pacifique : de leur entreprise, de leur ville, de leur province. Comment croire plus longtemps à l’illusion démocratique, qui ne peut vivre sans l’anéantissement de la démocratie véritable, la démocratie locale ?

Reinelde Maes

L’homme ou le régime ?

Mercredi 20 août 2008

Cher ami,

Tes inquiétudes au sujet de l’éternelle médiocrité de l’homme sont légitimes, mais à ta différence, je considère que la monarchie y répond. Car vois-tu, dans un régime de base démocratique, il faudrait toujours pouvoir s’assurer de la compétence et de la droiture du plus grand nombre pour ce qui concerne le gouvernement de l’Etat, et nous convenons que c’est impossible. Mais dans un régime où un homme seul et indépendant de tous a tout pouvoir de décision sur l’Etat, cet homme sera dès l’enfance et toute sa vie entouré de toute la sagesse nécessaire à sa fonction, la communauté concentrera sur lui la science utile au bon gouvernement plutôt que de la répartir, et donc la disperser. Il sera en outre formé à ses devoirs, et il voudra faire fructifier le bien transmis par ses aïeuls, comme tout père de famille. Car seule la famille royale a un visage réellement humain, à l’image de la nation elle-même composée de familles, c’est aussi tout cela que permet l’hérédité du trône tant décriée.

Alors bien sûr, il y a eu un roi fou (Charles VI), un autre « plutôt Saint que roi » (Louis XVI), certains moins bons que d’autres. Mais les exemples de souverains à la politique heureuse ne manquent pas, citons : Philippe Auguste pour l’affermissement du pouvoir royal, Philippe le Bel pour l’indépendance arrachée au trône de Saint Pierre, Charles V pour le retournement de la Guerre de Cents ans, Charles VII pour la victoire sur l’Angleterre, Louis XI pour l’unification des provinces françaises, Louis XII pour la bonne administration du Royaume, François Ier pour le rayonnement de nos arts, Henri III pour sa lutte intrépide et impossible en faveur de l’unité, Henri IV pour la concorde civile rétablie, Louis XIII pour avoir su choisir et maintenir Richelieu, Louis XIV pour avoir fait de la France la puissance prépondérante en Europe, Louis XV pour son coup de Majesté. La vérité, c’est que nous avons eu beaucoup de rois excellents, dont on ne parle pas ou peu, et que l’on n’a retenu des républiques que quelques hommes exceptionnels, dont l’action est encore mitigée et disputée. C’est que La monarchie vit à travers les qualités de son roi, mais elle est aussi une institution politique. Dans une monarchie ce sont les institutions, remarquables, qui soutiennent l’homme, en lui donnant le plus de chances d’être bon. L’institution est ainsi forgée pour suppléer aux faiblesses d’un roi faible, mais pour donner tous les outils politiques possibles au roi fort (celui qui à une véritable stature d’homme d’Etat). Si le roi est mauvais ou fou, la mécanique constitutionnelle est ainsi faite pour que la puissance de l’Etat n’en pâtisse, tandis que s’il est bon (genre Louis XIV ou Philippe le Bel), son ambition sert le bien de tous. Tout au contraire, dans une république ce sont les hommes providentiels qui, de temps à autre, sauvent les institutions - en manque perpétuelle de symboles, incapable de s‘incarner, la république personnalise le pouvoir : si le dirigeant est bon, c’est tant mieux le temps de son mandat. S’il n’est pas bon, tout le monde en pâtit.Je te l’accorde : c’est une question de probabilité. Mais me plaît davantage un régime qui a les meilleures chances de réussir et qui, d’expérience, a un bilan royal, que de me murer dans un égalitarisme trompeur et incapacitant.

Bien à toi,

Reinelde Maes

 

 

 

Complément d’information

Mardi 19 août 2008

Comme prévues, les conférences de PM Coûteaux, H. Couteau-Bégarie, F. Rouvillois, G. Leclerc, FM Fleutot, Philippe Champion, Seb Deker, Pierre Carvin, M. Michel, PH Hansen-Catta, J. Broquet, B. Lambert, Y. Aumont, P. Kam, O. Perceval, A. et W. Boritch. Notre ami JP Chauvin est excusé pour raisons de santé.

En outre, Bertrand Renouvin sera présent aux portes-ouvertes du CMRDS à Lignières, tout comme notre ami Bernard Bonnaves et probablement Jean Gugliotta de la FRP.

Chef de camp : Axel Gaté. Adjoint : P2Merlet
Direction des études : P. Carvin et A. Apreval

Nous pardonner toute erreur, oubli… éventuels. A bientôt.

Notre combat : précisions

Lundi 18 août 2008

Trop souvent, on entend dire dans nos rangs que toute instauration monarchique dans le contexte de désertion morale et de subversion idéologique que nous connaissons est vouée à l’échec ; et c’est pour ceux qui en jugent ainsi un motif soit d’inaction soit de compromission. En tout cas de louvoiement : « Puisque la tâche est ardue et l’issue lointaine, adaptons notre allure pour tenir la distance ». C’est de beaucoup se méprendre sur les raisons qui guident la psychologie humaine. En vérité, on arrive de cette façon à la désagrégation d’une génération entière de militants démotivés, et tout est à refaire. Seule une dynamique puissante est susceptible de nous conserver, d’une génération sur l’autre, le maximum des fruits mûris avec difficulté et persévérance. Ceux qui disent : après-demain, dans dix ans… ne savent pas quel tort ils font à leur cause, repoussant la victoire concrète en même temps que celle spirituelle, fictive, programmée.

De fait, les mêmes jugent le roi comme le but, non comme le moyen. C’est forcé : une fois qu’ils auront, par la démocratie (ou en la retournant contre elle-même, ou que sais-je encore…), rétabli une société juste, installé une morale pure, purgé une politique corrompue, assaini un pays réel défaillant, détruit pour un temps chaos social et gangrènes matérialistes, ils viendront couronner leur prétendant à Versailles comme la cerise sur le gâteau, et voilà tout. Ou plutôt : ils n’auront plus à instaurer quoi que ce soit ; ils vivront alors dans une bonne République… alors le roi, pour quoi faire ?
_ Une bonne République ?
_ Oui, c’est là la conclusion géniale à laquelle aboutissent tous ceux qui se figurent comme de leur ressort, à eux ou à nous tous, le parti national, de sauver la nation. Or, nous avons déjà assez combattu cette niaiserie, nous et nos maîtres avant nous, pour appeler avec force nos amis souverainistes à s‘en défaire, et avec eux les royalistes qui les suivent peu à peu sur la pente fatale de la démocratie. Seul le roi, grâce aux qualités propres à la monarchie capétienne, qualités que nous nous évertuons à brosser quotidiennement en ces lieux, est en mesure de sauver le pays des errements dans lesquels il s’est depuis longtemps enfoncé, et des dangers nouveaux qui le guettent aujourd’hui. Ceux qui considèrent la monarchie nouvelle comme le régime qu’on pratique une fois tous les problèmes résolus la dénaturent terriblement, et la rabaisse au rang de vulgaire république.

Et le roi au pouvoir, qu’est-ce pour nous ?
_ La quille.
_ Certainement pas, et même : tout le contraire. Ceux qui n’attendent rien de la royauté que la consécration et la conservation des acquis de la Contre-Révolution à venir peuvent bien croire leur devoir terminé ; c’est là que tout commence. Le peuple de chiffes endémiques qui n’a pas moufté en deux cents ans d’avanies centralisatrices et de larcins républicains va-t-il se réveiller en sursauts, les armes à la main pour bouter le régime qui les sauvera ? Alors il nous faudra appuyer notre roi dans l’adversité, duquel nous savons - depuis 1793 et 1848 - qu’il défend bien mieux la France qu’il ne se défend lui-même, à l’opposé de la Gueuse qui nous emportera en crevant. Alors aussi, il faudra le préserver des mauvais conseils qui le presseront à coup sûr de retourner à la démocratie funeste, car ce serait comme une défaite pour la France si elle venait à survivre au régime qui l’a portée, la plupart de ses défauts étant conservés, comme cet esprit pervers d’égalité et cette liberté mythologique qu’on n’atteint jamais.

Reinelde Maes

De la responsabilité par le lien social

Dimanche 17 août 2008

Toute liberté est une charge, et par conséquent une majoration morale. Pas de responsabilité sans liberté, pas de liberté sans responsabilité.

Canicule. Après la série des vieillards crevés dans les hospices en 2003, vient celle des mioches abandonnés, vissés sur le siège auto en plein soleil. Deux morts déjà, déjà quatre survivants.

Tout le monde s’accorde à le dire : « Nous vivons dans une société qui déresponsabilise l’individu ». Mais qu’il s’agisse de voir comment et pourquoi : plus personne. Fatalité rousseauiste ? Suite de la société de consommation ? Voyons quelques exemples aussi variés qu’éloquents :
_ 1789 : privation des véritables droits civiques, droits d’expression et représentation par les conseils municipaux (depuis rétablis sous le joug des partis), les provinces (mises à bas, remplacées par des départements sans réalité organique), les corps de métiers (dissous, commutées dans le sang en syndics purement ouvriers, donc biaisés), les paroisses (qui n’ont plus rien à dire depuis 1905). Les Français consentent à perdre leurs droits et devoirs personnels et collectifs ancrés dans l’histoire pour devenir une Nation Révolutionnaire qui, par le vote, trace sa route comme un seul homme ;
_ 1882 : lois Ferry sur l’enseignement obligatoire, qui par une habile interprétation étatiste revient à la scolarisation obligatoire, et qui a toujours perduré largement sous cette forme. Retrait de l’éducation des enfants du giron familial au profit de l’Etat et de son Instruction Publique, renommée plus justement «  Education Nationale » ;
_ 1945 : création de la sécurité sociale. L’Etat s’autoproclame officiellement grand pourvoyeur des solidarités françaises. En choyant pour toujours et à tout prix ses administrés aux seuls dépens des générations futures, il se fait passer pour infiniment riche et interdit tout retour à l’initiative associative pour régler les aléas de la vie individuelle ;
_ 1975 : officialisation de l’avortement comme moyen de régulation sociale. Les Français n’ont plus à assumer les conséquences naturelles de l’acte amoureux.

C’est toute l’histoire de la Révolution à l’Etat-Providence qui professe haut et fort le lien intangible entre démocratie, affaiblissement de l’association, intervention de l’Etat et irresponsabilité de l’individu, selon une mécanique rôdée irrécusable. Etat et société s’opposent infatigablement au gré de leur augmentation ou de leur amoindrissement. Augmentez le champ de l’Etat et celui de la société s’en trouvera amoindri. La réciproque vaut pareillement. Une fois l’élément centralisateur démocratique tué, ou avant même autant que possible, comment le renforcement des liens sociaux pourrait ne pas, en rapprochant l’homme de l’homme, lui rendre ses responsabilités d’antan ? Et comment le jour social entre tous ne serait-il pas l’instrument privilégié de cet heureux mouvement ?

Reinelde Maes

Petit Maxime, les échos du CMRDS

Vendredi 15 août 2008

Chers amis,

Afin de permettre à tous ceux qui ne pourront être avec nous lors de notre université d’été de profiter de la richesse des réflexions et des enseignements qui seront produits pendant ces dix jours, le CMRDS tiendra un journal en ligne.
Certains de nos campeurs se rappellent l’expérience du quotidien lancé lors du camp il y a deux ans sur un ton léger, ici c’est un véritable compte rendu des conférences au jour le jour qui est prévu ainsi qu’une critique de l’actualité qui permettront de profiter des fruits de ce camp, bien après même son achèvement.
Alors, n’hésitez pas, dés maintenant entrez l’adresse du blog dans vos favoris, communiquez le à tous vos amis et connaissances, profitez des réflexions du CMRDS08…. mais que cela ne vous empêche pas de venir pour autant.
Le CMRDS, c’est plus fort que la plage!!!

l’équipe du CMRDS, en partenariat avec le blog AFE

http://petitmaxime.over-blog.com/

PS: le blog AFE sera inactif lors du camp, une publicité le renvoyant vers le blog du Petit Maxime.

Picrochole contre Grandgousier : le devoir du Roi

Vendredi 15 août 2008

Dans son Gargantua, Rabelais écrit plusieurs chapitres qui concernent la royauté et la guerre. Picrochole décide de faire la guerre à Grandgousier, père de Gargantua, à cause d’une histoire de fouaces soutirées. Le duel ici raconté est celui du tyran contre le roi sage : Picrochole pille les terres de son voisin, sans foi ni loi, et n’hésite pas à tuer pour cela. A l’inverse, Grandgousier tente d’apaiser les choses, d’obtenir la paix et de rappeler son voisin à leur ancienne et profonde alliance. Il est même tout à fait disposé à lui faire honneur; et l’on voit ici l’irénisme de Rabelais disciple de l’humaniste Erasme de Rotterdam(1).
C’est ici une leçon de sagesse que l’écrivain populaire donne aux rois : s’ils gouvernent selon leur intérêt privé et personnel, ce sont des tyrans inhumains et impies qui finiront châtiés par Dieu ; s’ils gouvernent selon la raison et l’intérêt public, ce sont des rois justes et sages.

Voici les paroles de son personnage Grandgousier :

« Las, ma vieillesse ne requérait dorénavant que repos, et toute ma vie [je] n’ai tant rien procuré que paix. Mais il faut je le vois bien, que maintenant de harnais je charge mes pauvres épaules lasses et faibles, et en ma main tremblante je prenne la lance et la masse, pour secourir et garantir mes pauvres sujets. La raison le veut ainsi, car de labeur je suis entretenu, et de leur sueur je suis nourri moi, mes enfants et ma famille.

Ce nonobstant, je n’entreprendrai guerre, que je n’aie essayé tous les arts et moyens de paix, là je me suis résolu. »(2)

Le devoir du Roi, selon Rabelais, est de protéger ses sujets. Ce n’est d’ailleurs pas par philanthropie, contrairement à la réputation qu’on voudrait coller de nos jours au mot « humaniste », qui désigne tout autre chose que ce qu’entendent par là nos socialistes et nos centristes. L’humanisme représente avant tout un courant de la Renaissance, qui cherche à renouer avec la culture antique, même païenne ; qui cherche à réformer l’éducation, réfréner l’esprit belliqueux et tyrannique des rois et des papes ; combattre l’arnaque aux reliques et le scandale des Indulgences.
Si le Roi doit protéger ses sujets, c’est avant tout car ceux-ci le nourrissent par leur travail. Le Roi ne serait rien sans son peuple ; et c’est pourquoi nous désirons une monarchie populaire, et non pas une aristocratie hautaine ou une dictature sanguinaire.
Le Roi idéal de Rabelais, est aussi celui qui est bon diplomate, et obtient la paix par d’autres moyens que la violence directe, laquelle est corrélée de la possibilité de guerres futures. Il est anti-impérialiste et ne cherche qu’à protéger son pré carré, ses sujets, ses terres ; et non lorgner sur celles de son voisin. L’humanisme de Rabelais est ainsi aux antipodes de l’humanisme machiavélien. Machiavel considère l’impérialisme comme faisant partie des désirs naturels des rois, que ceux-ci doivent satisfaire s’ils le peuvent :
« C’est chose vraiment très naturelle et ordinaire que de désirer acquérir et toujours, quand le font les hommes qui peuvent, ils seront loués et non blâmés, […]. »(3)
Ce principe est celui pratiqué par Picrochole, l’ancien allié devenu ennemi de Grandgousier, mais ce dernier s’exprime ainsi, exposant un principe contraire au Prince machiavélien :
« Ma délibération n’est [pas] de provoquer ains(4) d’apaiser : d’assaillir, mais défendre : de conquêter, mais de garder mes féaux(5) sujets et terres héréditaires. »(6)

(1)Voir Erasme, Complainte de la paix.
(2)Rabelais, Gargantua, chapitre 28.
(3)Machiavel, Le Prince, chapitre 3.
(4)« Mais ».
(5)« Fidèles ».
(6)Rabelais, Gargantua, chapitre 29.

Frédéric Traum

Reinelde Maes va au CMRDS

Jeudi 14 août 2008

AFE: Reinelde, présente-toi en quelques mots.

Reinelde: Je suis né à Saint-Omer, en Artois, d’ascendance tantôt anar tantôt natio, toujours prolo. Parents légalistes, jamais royco. 18 ans, bacho en poche, je m’investis à fond dans les organes militants de l’AF, principalement: le blog de l’AFE, le journal d‘Insurrection. Deuxième camp cette année.

AFE: Que viens-tu chercher au CMRDS?

Reinelde: Voir, revoir les bases de la réflexion politique et du militantisme, adaptées à mon niveau. Retrouver mes camarades avec qui j’ai travaillé l’année durant, rencontrer ceux avec qui je vais militer l’année suivante. Et la préparer un max.

AFE: Pourquoi es-tu royaliste?

Reinelde: La démocratie, ça colle pas, c’est pas net. Dès que tu veux monter quelque chose de patriote dans un cadre démocratique, ça craque de partout, la sentence tombe: incompatible. Partout, c’est décadence morale et chaos social. Alors quand un prof te parle, presque par erreur, de solution alternative, catholiques sociaux du XIXème, ligues du XXème, tu te renseignes. L’AF a eu la bonne idée de se montrer en ligne. Clarté de la langue et de l‘esprit, recherche du vrai sans préjugés. Solutions. Et là, ça tient debout.

AFE: C‘est tout?

Reinelde: Non. Toute la jeunesse de ce début de XXIème siècle a comme un devoir moral de légitime réaction devant la médiocrité intellectuelle de son temps. Une fois l’ennemi identifié, c’est au CMRDS qu’on apprend à se défendre.

De parlementaria rei

Mercredi 13 août 2008

Un an pour redécouper la carte électorale : c’est le défi mirobolant auquel s’est attelé, à grand bruit, non sans audace, le gouvernement des grandes réformes et de la rupture tranquille. Un évènement qui n’est pas sans rappeler l’épineuse privatisation des numéros de renseignement menée d’une main de maître par Jacques Chirac en son temps - mais c’était là une folle époque où tout était permis. Nicolas Sarkozy devra donc se contenter, avec les rigolos à son service, d’un second bidouillage républicano-républicain, qui s’inscrit dans la continuité des actions entreprises dernièrement pour rénover, c’est-à-dire ranimer temporairement, la croulante Marianne 5.

Il fallait faire quelque chose : déjà, parce qu’on n‘est pas élu à la tête de l‘Etat pour glander (sinon ça se saurait) ; en plus on n’a plus que quatre ans alors toutes les urgences pressent de la même manière, de la bête augmentation du budget élyséen à la crise économique latente ; finalement, parce que le découpage actuel reposait sur un recensement datant de 1982, donc plus du tout adapté aux évolutions démographiques. Evolutions démographiques dont il sera superflu de préciser les origines bien connues : absence de politique familiale, exode rurale et immigration massive. Passons.

C’est donc une augmentation des inégalités numériques entre circonscriptions qui a décidé nos gouvernants à la réforme du système. En effet, quoi de plus intolérable pour le démocrate - pour qui une voix égale une voix - que des représentants du peuple légitimés par plusieurs milliers de voix d’écart ? C’est que les circonscriptions ne procèdent d’aucune logique, et les départements pas davantage. On ne fera jamais d’ensembles de taille égale, et ce serait d’ailleurs ridicule. Alors peut-être serait-il temps de s’y résoudre une fois pour toutes et d’adopter un autre point de vue, celui des liens réels qui existent naturellement entre personnes de la même communauté politique, animés d‘intérêts concrets. Ne nous payons pas de mots : ces communautés concrètes sont les provinces, les villes libres et les corporations. L’Etat jacobin les a détruites. A l’Etat royal de les refaire.

Que dire de la création de 12 sièges de députés français pour représenter les Français de l’étranger ? Comment expliquer que ceux de nos compatriotes qui auront refusé d’assumer un temps les conséquences d’une politique française à la dérive aient encore le moyen fictif de l’influencer ?

Ce qui est sûr, depuis que la dernière réforme de la Constitution a fixé ad vitam aeternam (et jusqu’à la prochaine réforme…) le nombre de nos parasites au nombre définitif et bureaucratique de 557, c’est qu’il va falloir faire de la place ; i.e. dégager un certain nombre de sièges par l’élaboration savante de nouvelles circonscriptions plus légères et leur réduction parmi celles déjà présentes. Attendons-nous donc pour 2012 à des départs remarqués de parlementaires moins dociles que les autres, qui démontreront s’il en était encore besoin que l’Assemblée n’est absolument pas libre vis-à-vis du gouvernement et que la démocratie ne fonde pas l’indépendance du pouvoir, bien au contraire.

Reinelde Maes

Contre l’économie mondialisée

Mardi 12 août 2008

Les quelques jours de pourparlers supplémentaires n’auront finalement pas permis l’aboutissement des négociations engagées le mois dernier par l’OMC, portant sur la libéralisation du commerce mondial. Ce nouvel échec, auquel tout esprit un peu au fait du libéralisme, et des antagonismes qu’il forme inévitablement entre pays du Nord et du Sud en les mettant face à face et sans règle, met un terme au Cycle de Doha entamé voilà 7 ans.

En effet, celui-ci était basé sur un fameux malentendu : les économies vivrières des pays vivant principalement d’une agriculture à bas coûts de production croyaient voir s’ouvrir devant elles les marchés du Nord industriel protectionniste en ce domaine ; et ceux-ci considéraient ceux-là comme des débouchés pour leur produits manufacturés en expansion constante. De bien mauvaises bases pour une relation durable. Ainsi les différents Etats du monde devaient-ils abandonner leurs secteurs fragiles et privilégiés respectifs, les uns leurs paysans, les autres leurs ouvriers, au nom du beau principe de libre-échange. C’est la théorie de Ricardo, qui n’est pas sans lien avec l’idée libérale du bonheur maximum, qui a de cette façon institué le principe dit de « la nation la plus favorisée », laquelle doit conduire à terme à une spécialisation de chaque pays selon ses coûts de production, quitte à importer, de sorte à favoriser partout le consommateur. Mais ce qu’on a prétendu ignorer si longtemps, c’est que bien souvent le consommateur est producteur dans les contrées du Sud - comme d’ailleurs ce fut le cas chez nous avant les grandes liquidations modernes : concurrence effrénée, destruction des fermes locales, exode rural, mainmise des Grands au détriment de la qualité comme du prix… nous étions en train d’imposer au Tiers-Monde le même engrenage vicieux qui tue notre pays depuis quarante ans, les conséquences migratoires et environnementales en plus. Et nos libéraux voudraient faire mine d‘apaiser leur situation en dégradant un peu plus la nôtre.

Le revers de la médaille, forcément, c’est la mise en pièce des industries sudistes naissantes, toujours au profit des transnationales, toujours au nom d’un concurrentialisme impossible et d‘un développement illimité dans un monde fini… jusqu’à la mort ?

On nous a enfermé dans une dialectique funeste d’opposition forcée Nord/Sud où tout gain pour l‘un est un perte pour l‘autre, et réciproquement. Logique ô combien irréconciliable, bras de fer si artificiel !

Or, que faudrait-il pour retenir ces deux cent cinquante mondes dans le Monde qui se bouffent économiquement dès qu’ils se rencontrent ? Les séparer, et pour les séparer, les clore un peu, beaucoup, selon le besoin de protection requis par chacun. Relocalisation économique, souveraineté alimentaire, autarcie. Ce qui revient, au niveau des transports de « marchandises » (les aliments les premiers), à respecter des frontières pré-existantes qui définissent ces réalités humaines. Soit tout le contraire de la politique qui prévaut dans les instituts du « monde de demain », la chimère libérale qui vient avec l‘Apocalypse. La vérité, c’est que l’UE, le FMI, l’OMC… - tous les organismes supranationaux en somme - ont, quand ils se sont mêlés de « libéraliser » les agricultures, retiré aux Etats toute liberté en la matière, sans compter le faisceau de contraintes proprement bureaucratiques imposées par eux en même temps : pasteurisation des fromages crus, taille des tomates etc; une ingérence jacobine, des règles oiseuses dont il conviendra de s’émanciper. Chose impossible pour la faiblarde République. Il n’est que de voir comment le fougueux Sarkozy s’est fait rembarrer par le négociateur en titre de l’Union, Peter Mandelson, lorsqu’il lui prit la folie de reprendre le blanc-seing délégué de facto :
« Je ne signerai pas l’accord à l’OMC s’il n’est pas modifié, qui prétend sacrifier l‘agriculture française sur l‘autel du libéralisme mondial..
_ La Commission est chargée de négocier ici à l’OMC au nom de tous les Etats membres. » Ta gueule Froggy.
Il l’avait cherché. Ne savait-il pas le Président français vassal et non seigneur dans le meilleur des mondes technocratiques ?
Sortir de l’Europe, gagner l’Indépendance.
_ Mais la PAC nous nourrit, comment survivre sans ses bienfaits ?
_ La belle affaire ! Remarque bien mal venue au moment-même où un connaisseur de la question, Christophe Beaudouin, nous apprend dans son factum Ce que nous coûte l’Europe (et que nous coûte-t-elle ?) : un modeste cinquante milliards (annuel, net).
Autant dire que le gain éventuel en cas de départ est prodigieux. Et qu’il devrait suffire à effacer toute « reconnaissance du ventre » vis-à-vis de nos bourreaux.

Reinelde Maes

Communiqué de Perceval

Dimanche 10 août 2008

La session du GLR 2008 était cette année axée sur le thème de l’organisation des assises du Royalisme qui devraient se dérouler durant le premier semestre 2009. Cette initiative fait suite à une interpellation de Gérard Leclerc au cours de l’année 2007. Certains auraient aimé que nous travaillions davantage sur les buts et l’organisation de ces assises durant la session mais, dois-je préciser que le GLR n’est pas une instance de décision. Aussi, je vous invite à suivre avec une particulière attention la préparation concrète qui débutera en septembre par une tournée des états- majors des différents mouvements ainsi que de toutes les organisations culturelles, littéraires, et autres qui comptent dans le « microcosme ».
Ces assises visent à réorganiser rationnellement le combat royaliste en dégageant une plate-forme, une charte, voire une instance communes de manière à éviter les situations par trop contradictoires qui annihilent les énergies et les efforts déployés. Cette ambition reste certes modeste, mais rien n’interdit au cours de ces assises que l’on aille plus loin. Pour ma part, au cours de la session du GLR, le Président du CRAF nous a fait part publiquement de son intention de démissionner de sa fonction. Tout aussi publiquement il m’a demandé d’assurer sa succession. Il n’est pas envisageable de laisser le CRAF sans responsable, mais une telle décision doit se prendre sereinement et à certaines conditions. Je suis conscient quant à moi de l’urgence de la situation. Aussi, je souhaite annoncer ma réponse au camp Maxime Réal del Sarte. Je demande donc au plus grand nombre possible de militants (compte tenu des circonstances) d’être présent au CMRDS le 26 août, c’est le seul jour ou je pourrai passer.
Là, je ferai part de mes intentions.
Je souhaite à tous de vivre de bonnes vacances d’été et de reprendre toutes les forces nécessaires pour une rentrée qui s’annonce d’ores et déjà chargée.
Vive la France, vive le roi

Perceval

Guerre caucasienne

Samedi 9 août 2008

Hier, tandis que les yeux du monde entier étaient braqués sur Pékin et sur la grandiose cérémonie d’ouverture des 28ème Jeux Olympiques, la Géorgie et la Russie entraient en guerre, la ligne rouge était franchie

Risquant de basculer dans la guerre à tout moment, le conflit opposant la Russie et la Géorgie autour des territoires autonomes géorgiens et l’Ossétie du sud en particulier a dégénéré pendant l’ouverture des Jeux Olympiques, les Géorgiens les premiers ont franchi le point de non retour en attaquant l’Ossétie du sud alors que la Russie y effectuait une mission de maintien de la paix.
La Russie a immédiatement réagi en envoyant les Forces armées de la Fédération de Russie présentes sur ce territoire appuyés par l’aviation russe qui a effectué des raids sur des bases militaires en Géorgie.
En réponse à la dizaine de soldats russes qui auraient été tués le matin du 8 août, le Président Dimitri Medvedev a envoyé plus d’un millier de soldats en Ossétie du Sud. Le vendredi 8 août 2008, au soir, on dénombre 1 400 civils tués la plupart par l‘artillerie géorgienne. Environ 150 chars et blindés russes sont entrés en territoire géorgien. Des « volontaires » étaient déjà enrôlés en Ossétie du Nord, république autonome russe, pour prêter mains fortes au sud de l’Ossétie.

En 2 jours, la guerre a éclaté en Ossétie et le Caucase s’embrase de nouveau. Pour comprendre le conflit il faut s’attarder sur la complexité de la Géorgie et de ses relations avec la Russie.

Le royaume chrétien de Géorgie indépendant au XIIème siècle est rapidement contrôlé par les Mongols de la Horde d’Or au XIIIe siècle. Depuis, différents princes se battirent pour leur indépendance au pouvoir central géorgien jusqu’à la désintégration totale du royaume au XVe. Au XVIe siècle, les empires ottoman et perse occupèrent à leur tour l’ancien empire géorgien. La population de Géorgie descend dangereusement à presque 100 000 habitants.
Le royaume de Kartl-Kakheti situé à l’est de la Géorgie est occupé par l’Empire Russe.
En 1783, la Russie et la Géorgie signent le traité de Georgiev, selon lequel la Géorgie (Kartl-Kakheti) recevait la protection de la Russie contre la Perse et l’Empire Ottoman
Le 22 décembre 1800 l’union de la Russie et de Kartl-Kakhtei (Georgie) a lieu, à la demande de la Géorgie. L’Union est proclamée le 18 janvier 1801. En 1810, le royaume d’Imereti à l’ouest de la Géorgie se joint à l’Empire russe. La Russie libère par la suite la grande partie des terres géorgiennes, précédemment occupée par les pays musulmans. À la Géorgie sont joints Batoumi, Artvi, Akhaltsikhe, Akhalkalaki, Poti, l’Abkhazie.
La Géorgie ne déclara son indépendance que le 26 mai 1918, en pleine guerre civile russe. En 1921, la République de Géorgie est occupée par l’Armée Rouge et devient en 1936 la République socialiste soviétique de Géorgie.
La Géorgie redevient indépendante en 1991 peu avant l’effondrement de l’URSS et de violents affrontements ethniques éclatent dans le Caucase.

 

La Géorgie depuis le XIIe siècle n’aura connu que 3 ans d’indépendance de 1918 à 1921 puis 17 ans de 1991 à aujourd’hui. La population originelle géorgienne ayant quasiment été anéantie pendant le moyen age, elle est aujourd’hui le résultat des différentes occupations mongoles, perses, ottomanes et russes. La Géorgie politiquement a trouvé son salut en s’alliant avec la Russie au XVIIIe siècle. La population de la Géorgie, l’Orthodoxie et son histoire font de ce pays un territoire sans véritable identité propre -en dehors de l’attache russe- si ce n’est son passé médiéval, comme le prouvent le drapeau et le blason du pays hérités du XIIe siècle !
La Géorgie est donc par son histoire profondément liée à la Russie, mais depuis sa récente indépendance elle est devenue un poste avancé américain pour se rapprocher de la frontière russe en cas d’éventuels conflits avec la jeune Fédération de Russie.

Le conflit opposant les deux pays repose aujourd’hui sur les régions autonomes de Géorgie, et en particulier l’Ossétie du nord. Lors du démantèlement de l’URSS, le nord de l’Ossétie est devenu une République de la fédération de Russie et le sud a été rattaché à la Géorgie.
Depuis l’arrivée en 2004 d’un gouvernement national de centre-gauche, l’Ossétie du Sud est un enjeu politique entre le président géorgien Mikhaïl Saakashvili qui souhaite la réintégration des régions sécessionnistes au sein du territoire de la Géorgie et les indépendantistes ossètes ainsi que la Russie.
L’enjeu réel de l’Ossétie du sud, seulement peuplée de 70 000 personnes, n’est ni énergétique, ni économique mais véritablement politique.
Alors que les Etats-Unis font tomber dans leur giron la Serbie, le Kosovo et l’Ukraine ; la Russie tente de garder son influence dans le Caucase. C’est une guerre d’influence que se livrent les Etats-Unis et la Russie. La Russie tente de préserver son aura qui recule dangereusement depuis la chute de l’URSS, voyant ses plus fidèles alliés comme la Serbie se rapprocher de l’Union Européenne et donc de l’Otan et des Etats-Unis. En finançant massivement des ONG et associations en Géorgie, les Américains, depuis 2004, avec la Révolution des Roses ayant porté au pouvoir Saakashvili (parallèle frappant avec la Révolution Orange en Ukraine), déstabilisent la Géorgie en réveillant un nationalisme et une centralisation excessive qui n’a pas lieu d’être dans un Etat ne constituant pas une Nation à part entière. La Russie de son côté « travaille » sur l’Ossétie du Sud grâce à la frontière d’Ossétie du Nord en distribuant massivement des passeports russes et en nouant des relations économiques grâce au Rouble. Mais cette aide aux Ossètes du sud pousse aujourd’hui Moscou à répondre aux attaques géorgiennes.

Les Etats-Unis ont défendu vendredi l’intégrité territoriale de la Géorgie et décidé d’envoyer une délégation conjointe avec la France en sa qualité de présidente en exercice de l’UE. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a déclaré : « les Etats-Unis appellent à un cessez-le-feu immédiat dans le conflit armé dans la région d’Ossétie du Sud en Géorgie ». Elle a appelé la Russie « à cesser les attaques sur la Géorgie », et à « respecter l’intégrité territoriale de la Géorgie, et à retirer ses troupes de combat du sol géorgien ». Comme pendant la guerre de Tchétchénie les médias occidentaux vont certainement soutenir la Géorgie, c’est-à-dire l’assaillant ! bien que cette fois la situation soit différente pour l’opinion car la Géorgie a bien mal choisi son jour, en pleine ouverture des J.O de Pékin, la couverture médiatique s’affaiblit. Mais n’est-ce pas ce que la Géorgie et les Etats-Unis cherchent ?
En effet il est difficile de soutenir la Géorgie dans ce conflit car nous sommes loin de l’image médiatique du prétendu « martyr tchétchène ».
Depuis 2004, le Parlement est à 95 % aux mains du Mouvement National Démocrate de Saakashvili; la presse d’opposition a disparu; la télévision est contrôlée par l’Etat. Salomé Zourabichvili, le ministre des Affaires étrangères, a été chassée du pouvoir, à la suite d’un procès qu’elle juge « stalinien ». Selon elle, des réseaux totalitaires et mafieux auraient leurs entrées au gouvernement.
En septembre 2007, l’ex-ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili a été arrêté après avoir accusé le président Mikhaïl Saakashvili d’avoir « dans le passé ordonné le meurtre de plusieurs personnalités importantes et influentes ». Il est accusé « d’extorsion, de blanchiment d’argent, d’abus de pouvoir et de négligence lorsqu’il était en fonctions au ministère de la Défense ». Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis le 28 septembre devant le Parlement à Tbilissi pour dénoncer cette arrestation à l’appel des partis d’opposition : Le Parti de la Nouvelle droite et le Parti Républicain.

L’opposition comme le chef de l’Eglise Orthodoxe ont appelé à la formation d’une Monarchie constitutionnelle pour contrebalancer le pouvoir stalinien de Saakashvili qui, le 25 novembre 2007, annonce sa démission de la présidence de la République afin de pouvoir se représenter en janvier.

Les élections du 8 janvier 2008 vont entraîner la victoire de Saakashvili, qui l’emporte dès le premier tour avec 52 % des voix. Les élections législatives du 22 mai voient le Mouvement d’Union nationale de Saakashvili obtenir une majorité écrasante avec 63% des voix. Saakashvili décide de partir à la reconquête des provinces autonomistes géorgiennes, et plus particulièrement, de l’Ossétie du sud. Chose faite vendredi ; cependant, dans les heures qui suivirent la Russie intervint, et reprit le contrôle d’une partie de la capitale ossète, Tskhinvali.

La situation apparaît pour l’instant troublée et le rôle que va jouer Nicolas Sarkozy, président de la République française et de l’U.E, va être révélateur ou non de son allégeance aux Etats-Unis, et ainsi de celle de l’Union Européenne.

La Russie dans une situation de légitime défense a le droit international avec elle, ce que le président Medvedev a rappelé à juste titre.

Pierre Richard

Origine du nationalisme

Samedi 9 août 2008

Entrevue royaliste et militante

Samedi 9 août 2008

ONG : Bonjour Juliette, pourriez-vous vous présenter ?

J : Mes parents se sont rencontrés à Paris, à la terrasse du Flore… Ma mère, japonaise, était censée rentrer au Japon avec son groupe où elle officiait comme tour-operator en job d’été et badabing… Coup de foudre, elle reste en France, quitte à se fâcher avec son père (elle est la seule de la famille à avoir quitté le Japon).
Je nais en 1973 en Normandie pendant les vacances de mes parents. Si ce n’est cette région de naissance, pour laquelle j’ai le plus grand attachement, j’ai toujours vécu à Paris. Cela a sans doute permis que je côtoie autant de mouvements différents.
Education “fabo” (fasciste bohème), voire “fada” (fasciste-dadaïste), anti-conformiste et surtout anti-démocrate d’un père plutôt esthète intello - fils d’un traducteur de Lewis Carrol et éditeur des Surréalistes - et d’une mère - fille d’un membre de la garde personnelle de l’Empereur et soldat pendant plus de 10 ans durant la guerre sino-chinoise et la guerre du Pacifique - qui avec beaucoup de force et de courage devient une antiquaire respectée à Drouot.
Dès mon plus jeune âge je puise dans la bibliothèque où je trouve des auteurs avec des noms imprononçables : Nietzsche, Spengler, d’Annunzio… Je ne comprends pas tout, loin de là, mais je sens qu’il se passe là quelque chose de différent, de fort et d’éternel. Toujours piqué dans la bibliothèque (oui, je n’ai pas beaucoup de mérite) il y eut ensuite Rebatet, Maurras, Brasillach mais également Bram Stocker, Mishima, Cocteau, Pound, Evola, Artaud… J’avais 16 ans et je pressentais toujours que là se nichait ce qui allait me guider durant toute ma vie.
Au lycée, je commence à acquérir une “conscience politique” face aux discours même pas crypto-marxistes de mes professeurs d’histoire et de philosophie. Je prends beaucoup de plaisir à les contredire et à me faire virer de cours… Je découvre en 1988 qu’il y a une librairie nationaliste près de Montparnasse, La Librairie française, tenue par Jean-Gilles Malliarakis. J’y passe beaucoup de temps et collectionne les porte-clefs et badges les plus branques (je porte la grille de Codreanu à cette époque)… J’assiste de loin à des manifs de TV, n’osant pas intégrer les rangs.    

ONG : Comment avez-vous connu l’Action Française et quel a été votre parcours en son sein ?

J : En 1989, je tombe sur une vente à la criée à St Germain de l’AF. J’achète le Feu Follet (le journal des étudiants d’AF). Ma sensibilité anti-démocrate n’est pas insensible au charme des vendeurs. Je note l’adresse des locaux et débarque un beau jour de septembre 89. Je suis assidument les cercles de formations et comprends que la Monarchie est le meilleur des systèmes.
Je découvre aussi le sens du mot “camarade”, à grand coup de pintes de cervoise et de séjours au poste. Je m’y fais mes meilleurs amis, de ceux qui sont encore et toujours là. Je deviens une militante maurrassienne bornée et infatigable qui endant plus de 4 ans non stop, organise sa vie pour l’AF. Une énième scission en 93 provoque le départ de tout le monde (en tout cas, des bons). Enervée et écœurée, je quitte ce qui avait conditionné chaque instant de ma vie, ce qui m’avait fait me sentir tellement vivante, m’avait fait aimer la France si fort, m’avait appris le courage physique et politique.    

ONG : Comment vous est revenu le gout pour le Japon ?

J : De 93 à 2005, sous l’impulsion de ma mère, je découvre le Japon avec des yeux de grande (je n’y étais allée que 2 fois avant 93) et comprends à quel point je me sens japonaise et à quel point je suis française. Je pense que ces voyages m’ont permis de comprendre qui j’étais, de rencontrer ma famille japonaise, d’échanger quelques mots avec eux (je me suis mise à l’apprentissage du japonais à 30 ans). De comprendre pourquoi j’aimais la patrie de ma mère et pourquoi je défendais la patrie de mon père. Il y a près d’un an, l’amitié en particulier d’un camarade plus jeune mais très impliqué à l’AF m’a fait me souvenir que l’on demeure toujours “royco”… J’ai toujours méprisé les royalistes salonnards et ne pouvais conçevoir de revenir à la vie politique sans m’impliquer totalement. J’ai retrouvé ce boulet pesant mais qui m’est indispensable : l’engagement.    

ONG : Vous dites “la Monarchie est le meilleur des systèmes”, pourriez-vous expliciter votre propos ?

J : Je n’ai pas, ou plutôt plus envie de tenir le discours bien formaté que je pouvais tenir à l’époque… Je n’en n’ai dorénavant ni la patience, ni l’énergie. Maintenant je me retrouve principalement dans la défense d’un système politique où le Roi, de par sa nature propre, incarne la Nation. Je suis monarchiste parce que nationaliste. L’autre dimension qui est devenue essentielle à mes yeux consiste dans le lien sacré qui existe dans le principe royal. Ce lien est pour moi le meilleur garant de la légitimité du Roi (ou de l’Empereur). D’un point de vue plus personnel, je continue aussi de défendre la monarchie par fidélité envers ce que j’ai pu être ou faire, envers mes camarades ainsi qu’envers des convictions qui sont devenues des certitudes.    

ONG : Il est de bon ton de dire qu’un enfant né de parents de cultures différentes se perd entre deux identités, êtes vous d’accord et comment avez-vous vécu le fait d’être franco-japonaise ?

J : La perte de repères identitaires me semble une évidence… Mais ce qui est perdu peut être retrouvé, compris et accepté. C’est une voie qui pour moi, a pris du temps car on doit cheminer seul et répondre à beaucoup de questions qui parfois restent sans réponse. C’est lors d’un voyage au Japon que tout est devenu évident pour moi car plus je comprenais le Japon et les Japonais, plus je saisissais à quel point j’étais française. Cela ne remet absolument pas en question la fierté que j’ai d’avoir la moitié de mon sang “jaune”, mon admiration pour certains traits du caractère japonais et ma totale mauvaise foi (parfois…) quand il s’agit de défendre le Japon sur des points indéfendables. Mais mon attachement à la France, à ses traditions et à ses passions, le fait simplement d’être française, tout ceci a été déterminant dans cette quête de repères et d’identité retrouvée.
Je signale aussi en passant que je n’ai jamais eu à subir de racisme, bien que fréquentant les milieux dits les plus racistes, que cela soit en France ou au Japon.    

ONG : On a l’habitude de dire que le Japon se situe entre tradition et modernité. Est-ce toujours le cas selon vous?

J : C’est effectivement la vision du Japon que l’on illustre communément avec des photos de femmes en kimono traditionnel marchant dans des quartiers à l’architecture futuriste… Je ne suis pas certaine que cela soit la spécificité du Japon. Ces contrastes, nous pouvons les trouver dans beaucoup d’autres pays. Néanmoins, ce que nous pouvons facilement remarquer, c’est que le Japon est très fortement ancré dans une tradition historique, politique et religieuse, renforcée par son caractère insulaire, à forte dominante nationaliste.
En ce qui concerne sa stratégie économique, le Japon a retenu le modèle libéral, facteur de son positionnement en tant que seconde puissance industrielle, mais facteur également de l’apparition du chômage (vécu comme une perte de l’honneur) et de misère morale et matérielle : depuis quelques années, les jardins publics et les gares sont habités par des centaines de SDF, dont beaucoup ont pu garder leur travail, mais ni leur famille, ni leur toit.
J’ai craint à un moment que le Japon perde son âme sous le modèle américain, et même si il est de bon ton que les enfants de familles riches fassent leurs études aux Etats-Unis, il suffit de s’adresser à des japonais en anglais (même à Tokyo) pour se rendre compte que, ouf, peu sont ceux qui vous comprennent… Pour moi ce qui fait la spécificité du Japon c’est un pays à l’histoire prestigieuse, à la nature riche et diversifiée (70% du territoire est recouvert de forêts), une nation où le peuple cherche à se dépasser dans l’excellence, aidé en cela par la pratique du shintoïsme, quasi religion d’état… Mais on me dira sans doute, et avec raison, que l’on ne voit que ce que l’on a envie de voir.    

ONG : Vous avez connu le militantisme de terrain, pourriez-vous nous narrer votre plus belle action ?

J: Sans hésitation, la Jeanne interdite de 1991. Pour les souvenirs qu’elle m’a laissé à vie, pour ce moment rare où nous nous sommes tous sentis de vrais Camelots du Roi. Nos prédécesseurs s’étaient battuspour imposer en 1912 la reconnaissance officielle de ce défilé, nous n’allions pas accepter sans broncher qu’on nous l’interdise.
Matin : de la place Saint Augustin à la place des Pyramides, ce sont des dizaines de cars de CRS qui nous attendent. Des barrières mobiles sont disposées un peu partout sur la chaussée. Nous arrivons par petits groupes jusqu’à la place des Pyramides, déterminés et prêts à en découdre, même si le déploiement des forces de l’ordre est très très impressionnant… L’atmosphère est chargée d’électricité. C’est un camarade, un ancien, qui ouvre le début des affrontements en chargeant en voiture les lignes de CRS qui bloquent l’accès à la statue de Jeanne d’Arc. Il pile devant la statue et bondit de sa voiture avec une gerbe de fleurs qu’il parvient à jeter aux pieds de la Sainte. Les CRS essaient de le maitriser, une dizaine de militants
viennent à sa rescousse. Durant toute la matinée, dans un climat de chaos extrême, nous les chargeons de toute part, les empêchant de cadrer la situation. Ca court dans tous les sens, les sympathisants sur les trottoirs, nous encouragent. Un ancien combattant, de dégoût, jette ses décorations aux pieds des flics. 52 militants seront interpelés dans la matinée.
Midi : Les CRS à nos trousses, nous nous replions vers nos locaux après une course poursuite haletante. Ils nous y suivent et font finalement demi-tour sous les fenêtres de l’immeuble qui a pris des airs de Fort Chabrol. Voulant profiter d’un effet de surprise, à peine notre souffle retrouvé, nous sommes une centaine à repartir au pas de course, direction le 5ème arrondissement et prenons d’assaut le Panthéon. Après avoir courtoisement mais fermement viré tous les touristes à l’intérieur du temple de la république, nous nous enfermons et scellons la grille de l’entrée à l’aide d’une chaine de scooter d’un camarade. Direction les toits du Panthéon… En haut, c’est un sentiment de joie et de fierté. Juchés au bord du vide, nous voyons en bas des centaines de gardes mobiles encercler le bâtiment, mais aussi des sympathisants, la presse, les télés, mais également un ramassis d’étudiants gauchistes vociférants provenant des facs aux alentours. Nous leur répondons en criant nos slogans et en chantant nos chansons dans un climat d’euphorie et de détermination.
J’ai appris plus tard que la police, en totale panique, avait fait boucler les stations de métro autour de l’Elysée et renforcer la sécurité autour des commissariats où étaient retenus les militants arrêtés le matin. Les gardes-mobiles passent à l’action et coupent la chaîne de la grille. Nous les entendons qui montent vers nous. Nous les attendons… Le commissaire du 5ème arrondissement s’adresse à nous d’un ton mi-conciliant, mi-menaçant et nous explique “qu’on ne va pas risquer un accident en haut des toits…”. La presse et les caméras des télés sont montés avec eux. Nous donnant sa “parole d’homme”, il nous promet que personne ne sera arrêté.
Nous décidons de quitter les toits, doutant de sa parole de flic, et quoi qu’il advienne ensuite, néanmoins satisfaits de leur avoir tenutête depuis le matin. Une fois en bas, les gardes-mobiles se saisissent de nous violemment : 96 interpellations. Des sympathisants, au cris de “libérez nos camarades” tentent de bloquer le départ des fourgons qui tanguent dangereusement tant le chahut à l’intérieur est grand. Même embarqués, notre sentiment est celui de la victoire globale avec la certitude d’avoir vécu un moment de résistance rare et précieux. Le lendemain, les derniers militants quittent les commissariats.
Bilan : 148 arrestations, une vingtaine d’inculpations, autant de flics au tapis. Des articles dans toute la presse, sur toutes les chaines de télé. L’interdiction de défiler sera levée l’année suivante.    

ONG : Enfin, quelle différence y’a-t-il entre militer à votre époque et maintenant ?

J : Bon, on va essayer de rester enthousiaste, convaincue et de ne pas faire ancienne combattante nostalgique…  A la fin des années 80, la rue était le terrain de jeux et de baston d’une multitude de groupes qui se distinguaient par leurs musiques, leurs idées politiques, leurs moyens de locomotion, leurs tatouages… Tous faisaient partie de la joyeuse bande des “lookés”. Croiser une bande de skins ou de punks était du domaine du courant. Même si ce n’était jamais très rassurant pour le parisien de base, au moins, c’était rentré dans son paysage urbain quotidien. Il était admis que des bandes de jeunes aux signes très distinctifs se tapent régulièrement dessus quand ils se rencontraient. Il était donc admis, de fait, que des personnes aux idées différentes s’affrontent, revendiquent et défendent ce qu’ils étaient.
Quand je suis arrivée à l’AF, j’ai intégré un mouvement dont les membres se réclamaient de la “Génération Maurras”. Nos ventes à la criée étaient le reflet de cette diversité générationnelle : vendant côte à côte et scandant les mêmes slogans, on trouvait des fils d’ouvriers, des aristos, des neusks, des cathos, des païens, des mods, des romantiques, des pragmatiques…
Je pense que c’est là que réside la différence entre militer à l’époque et maintenant. L’uniformisation actuelle des genres et donc de la pensée dévaste tout, à tel point que se rebeller est devenu pour une grande majorité des gens un acte superflu et incompréhensible. Dans ce contexte, continuer de se battre pour ses idées est plus que jamais une manière de rester vivant.

Royalisme du coeur et de la raison

Vendredi 8 août 2008

La monarchie n’est pas qu’une idée. Elle parle aussi au coeur, elle a un aspect charnel. Elle ne serait rien sans ses territoires, ses peuples, ses traditions, sa culture. Être royaliste aujourd’hui, c’est penser que le fil de la tradition n’a pas été rompu, qu’il reste quelque chose de l’avant-1789. Ce quelque chose ne peut pas s’expliquer, c’est un sentiment intérieur.

Le royalisme romantique de Georges Bernanos fait pendant à celui, rationaliste, de son ancien maître Charles Maurras, dont nous avons donné un aperçu sur la section Toulouse ici. Et Bernanos de s’écrier : « Que la Monarchie Française soit utile ou même nécessaire, cela se prouve et ne convainc personne. Il faut d’abord qu’elle soit aimée. »

On le sait, le classicisme (très brillant par ailleurs, voir par exemple Anthinéa) de l’Action française a souvent évincé de grands penchants romantiques, on pense notamment à la critique sévère de Maurras adressée à Chateaubriand (« Chateaubriand n’a jamais cherché, dans la mort et dans le passé, le transmissible, le fécond, le traditionnel, l’éternel : mais le passé, comme passé, et le mort, comme mort, furent ses uniques plaisirs. »*) ; mais aussi au conflit avec Bernanos ; puis avec Pierre Boutang et son ontologie du secret. Peut-être est-il temps, en ce début de troisième millénaire et après un siècle de royalisme d’Action française, de réconcilier le royalisme rationnel et analytique avec le royalisme romantique du cœur. On le sait, les romantiques ont été fortement liés aux Révolutions, mais plutôt que de condamner catégoriquement le Romantisme, il est peut-être nécessaire de se remémorer un Faust (Goethe), un Génie du christianisme (Chateaubriand), dirigés contre les Lumières et leur fallacieux rationalisme abstrait.

*Trois idées politiques, Chateaubriand ou l’anarchie, 1898 (revu en 1912), C. Maurras.

Frédéric Traum

Nuit du 4 août

Jeudi 7 août 2008

« Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient ; c’est alors que le peuple français pourrait m’accuser d’injustice et de faiblesse. Monsieur l’archevêque, vous vous soumettez aux décrets de la Providence ; je crois m’y soumettre en ne me livrant point à cet enthousiasme qui s’est emparé de tous les ordres, mais qui ne fait que glisser sur mon âme. Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. »

C’est en ces termes que s’exprime Louis XVI au lendemain du funeste 4 août 1789, dans sa lettre à l’archevêque d’Arles. En effet, la veille s’était tenue séance à l’Assemblée nationale pour légiférer sur les privilèges. On avait, dans l’effervescence plébéienne de la journée, décrété l’impensable, inspiré d’un égalitarisme furieux : non pas seulement quelques mesures fiscales de bon sens qu’on n’avait pas eu le courage de mettre à l’œuvre par le passé, mais la fin pure et simple de l’aristocratie française et de sa reconnaissance par l’Etat, et dans la foulée des privilèges dévolus aux corporations, villes et provinces.

Ainsi, on enlevait aux petites communautés françaises les avantages en impôt et liberté qui les reliaient historiquement au roi, lequel les rassemblait par sa personne, avant de supprimer, dans une logique irréfragable, le roi. On ajoutait qu’un pays comme la France pouvait se passer d’élite, alors que bientôt la vielle noblesse méritante, renouvelée au fil des siècles, serait remplacée par une clique toute républicaine d’oligarques arrivistes et financiers. En proclamant l’égalité universelle jusque dans ses conséquences politiques, les députés venaient de semer un chaos infini dans la France pré-républicaine.

Finalement, Louis XVI cèdera sous la contrainte un mois plus tard, et le perfide Isaac Le Chapelier, président de l’Assemblée au même moment, pourra achever son œuvre avec sa loi éponyme du 14 juin 1791, interdisant les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières et le droit de grève.

Reinelde Maes

La voix de la vérité entre dans l’éternité

Mercredi 6 août 2008

Alexandre Soljenitsyne est décédé dimanche soir, à l’âge de 89 ans.
Nous tenons à rendre hommage à l’écrivain russe, qui a passé une bonne partie de sa vie à dénoncer le régime stalinien en URSS, par ses écrits et par ses actes. Il a connu la prison, l’exil, mais acquit aussi une renommée internationale et obtint le prix Nobel de Littérature en 1970.
L’honnête homme doit avoir lu Archipel du Goulag et Une journée d’Ivan Denissovitch, où l’auteur militant critique avec virulence et lucidité les exactions du régime soviétique, notamment dans les camps de travail concentrationnaires, où l’on vit disparaître des millions d’hommes au cours d’une partie du XXè siècle.
Soljenitsyne dérange ; les progressistes et droits-de-l’hommistes peinent à le récupérer, car son anti-totalitarisme s’accompagne parallèlement d’un nationalisme et de la volonté d’une renaissance spirituelle et morale.
Puisse-t-il reposer en paix et nous, nous inspirer de son héroïsme.

Anastasia, 16 ans, va au camp

Mardi 5 août 2008

AFE: Anastasia, présente-toi en quelques mots. 

Anastasia: J’ai 16ans, je suis la fille de deux grands militants royalistes: Serge et Maÿlis Boritch, ainsi que la nièce d’Alexandre Boritch. J’habite à Nice depuis deux ans. J’ai vécu dans l’esprit nationaliste, royaliste et fais partie de l’AF depuis un an et demi. Le camp 2008 sera mon premier, je compte bien m’impliquer.

AFE: Que viens-tu chercher au CMRDS?

Anastasia: Approfondir ma formation et rencontrer des personnes ayant les mêmes aspirations politiques que moi.

AFE: Pourquoi es-tu royaliste?

Anastasia: Je le suis depuis petite, et en grandissant je me rends compte que notre système ne me convient pas. La monarchie est pour moi une valeur qui appartient à la France. Etant royaliste, je suis naturellement patriote, et donc nationaliste;

AFE: Le petit mot de la fin?

Anastasia: Objectif pour moi: ramener dix Niçois au camp. Pour la France, pour le Roi, venez au CMRDS. Le camp, c’est plus fort que la plage!!

La France ou ses régions ?

Lundi 4 août 2008

On s’était fait ici l’écho de l’adjonction récente du brouillon sarkozyste à la Constitution. Qu’on nous permette de revenir sur le volet « régionaliste » de l’affaire. On pouvait d’abord s’étonner d’une prise de conscience bien tardive: la République qui se souvenait, deux cent ans après, des langues régionales et de leur rôle dans la formation de la France, en somme. On pouvait aussi n’être pas dupe d’une telle manoeuvre de raccolage électoral qui ne serait évidemment pas suivie de mesures concrètes en vue de la pérennisation desdites langues. C’est une toute autre option qu’avait prise sans tarder l’Académie française en prononçant, dès le débat du projet à l’Assemblée Nationale, une déclaration s’opposant bêtement à la reconnaissance constitutionnelle, dans un délire inverse mais tout aussi excessif que celui de nos députés.

De là à voir dans le désavoeux de l’Académie Française un réflexe antidémocratique lié au caractère prétendument monarchique de l’institution, comme l’ont fait les animateurs du groupe « Régions et peuples solidaires », il y a un pas que la décence intellectuelle nous prévient de franchir. Car pour des régionalistes, ce serait manquer un peu d’honnêteté et beaucoup de clairvoyance que de jeter ainsi l’opprobre sur une famille politique, la nôtre, quand la République indivisible n’a eu de cesse de diviser, étrangler et soumettre les particularismes au nom d’une égalité aussi chérie que fictive.

Vraiment, il n’y a qu’en République où la question de la compatibilité du pays et de ses composantes charnelles se pose si violemment, et pose tant de problèmes. Et en effet, une fois le lien rompu entre grande et petites patries, peut-on empêcher la monstrueuse lutte d’intérêts en jeux ? Celles-ci sont-elles pas inévitablement tentées de prendre le large, celle-là de tout ramener à elle ? Entre l’uniformisation jacobine et le régionalisme séditieux, nous avons déjà choisi de ne pas choisir.

Reinelde Maes

Chronique dominicale (2)

Dimanche 3 août 2008
L’enfant marche aux côtés de soi-même. Aux côtés de son père, de sa mère, il marche et sourit dans ce cadre de béatitude, en cet espace clément qui le berçe et l’enveloppe d’un voile d’assurance. Oui, il marche aux côtés de soi-même cet enfant, car l’accompagne cette origine et ce complément de son identité.

Renaît l’éclat d’or en ce coeur qui s’éveille : dies solis, un nouveau cycle s’amorce, et permet de retrouver les ressources de cet être encore fragile qui, à chaque pas, croît en assurance, en liberté et en confiance, dans l’harmonie de ce jour dans lequel il puise l’appui et la force qui lui sont nécessaires.

Ses yeux s’éveillent sur ce jour de réunion, sur cet air si doux qui danse auprès de lui, sur cette herbe verte qui l’accueillera bientôt, lui et ses parents, pour un léger repas convivial où l’on chantera et sourira pour accompagner la mélodie de la nature environnante.

Redécouverte naturelle et charnelle de soi, de ses parents, de son environnement, dies dominicus nécessaire à son accomplissement, l’enfant prie et s’immerge en ce temps ô combien chaleureux dans lequel il vient blottir son corps frêle contre la chaleur humaine de ses parents. Et il s’agrippe, l’enfant devenu jeune homme, il s’agrippe apeuré qu’un tel instant s’évanouisse à jamais.

Dimitri Julien

Téléréalité : glorification de la médiocrité

Vendredi 1 août 2008

Le XXIè siècle culturel semble bien être l’ère de la Téléréalité. Cet été en France, nous sommes servis : Koh-Lanta, L’île de la tentation, L’amour est dans le pré, Secret Story. Quatre émissions aux thèmes différents mais qui s’unissent sous un même but : celui de glorifier l’homme au quotidien, et d’occulter le véritable héroïsme.

Désormais le héros, ce n’est plus l’homme (ou la femme) courageux à la guerre, le résistant à l’occupation, le saint martyr de la tyrannie, ou le révolté contre l’injustice; c’est celui qui mange, qui boit, qui fume, qui va aux toilettes et qui se fait draguer sur la plage.

La notion d’héroïsme, comme nous le notions déjà avec le cas Bétancourt, ne signifie plus rien de nos jours.

Mais, pour paraphraser Maistre, notre société a la culture qu’elle mérite. Société de masse, prenant sa source dans une démocratie égalitaire rampante qui crée malgré elle une oligarchie technicienne, sa culture glorifie la médiocrité, la vie commune; celle de tout le monde, de vous, de moi, de lui. Des millions de gens sur terre mangent, boivent, draguent, “cèdent à la tentation”, et c’est ce que l’on nous montre à la télévision. D’un côté, à quoi bon allumer la télé si c’est pour y retrouver ce que l’on voit tous les jours ?

Quand on ouvre un roman, un recueil de poésie ou une tragédie, on n’y cherche pas le quotidien, mais le merveilleux, le rare, l’héroïque, voire l’indicible. Même la comédie, qui montre la vie quotidienne comme chez Molière, a infiniment plus d’intérêt que la Téléréalité. La raison en est simple : Molière dénonce le ridicule de cette vie quotidienne, entachée de préjugés, de narcissisme, d’ignorance et de mauvaise volonté. La Téléréalité quant à elle, si elle donne à rire, a également pour but de montrer que l’homme n’est qu’un animal vil, incapable de contrôler ses pulsions sexuelles même s’il est - soit disant - amoureux (L’île de la tentation); manipulateur et vénal (Koh-Lanta); ou qu’il possède des “bizarreries” dignes de faire de lui un héros moderne (Secret Story).

C’est une comédie sans héros : où sont les Elvire, les Cléonte et Covielle, les Lysistrata ?

Et notre bon peuple démocratisé s’avachit devant ces émissions, satisfait de s’y contempler comme dans un miroir. Au fond, notre société démocratique est un Palais des Glaces : elle n’est faite que de miroirs. Le suffrage universel porte au pouvoir des miroirs du beauf de salon; la téléréalité donne pour héros des miroirs du tout-venant.

Frédéric Traum