Communiqué du 18/04/2007
A cinq jours du premier tour des présidentielles, la machine républicaine, bien huilée, tourne toujours à plein régime tandis qu’une foule de prétendants au bail de l’Elysée tentent désespérément d’expliquer en quoi ils seront capables de faire ce que leurs prédécesseurs n’ont pas été en mesure de réaliser. Comme à chaque échéance électorale, ils nous promettent la Lune… qu’ils n’ont pas été en mesure de nous donner lors de leur dernier mandat.
Pour beaucoup, 2007 semble être une date charnière concernant des enjeux tels que l’Europe, l’immigration, la famille, le modèle économique… Le prochain président de la République et la majorité qui l’accompagnera pendant les cinq années à venir auront pour tache de répondre aux inquiétudes formulées par les peuples français. Le tournant qui sera pris politiquement pendant ce mandat aura peut-être des conséquences irréversibles.
Dans son dernier éditorial, Pierre Pujo, directeur de l’Action française 2000, a exprimé sa sympathie pour Jean-Marie Le Pen, ce qui a provoqué quelques émois parmi certains de nos lecteurs ou sympathisants… et la joie d’autres. Certains reprochaient ainsi à l’Action française de soutenir un candidat républicain au détriment du combat royaliste. Cette position mérite donc quelques éclaircissements.
L’Action française n’a jamais perçu le royalisme comme une finalité : la monarchie, pour nous, n’est qu’un moyen, un outil au service de la nation (et non l’inverse.) La Tour du Pin exprimait cette pensée en disant « Le droit du prince naît du besoin du peuple. » Ainsi l’Action française n’est royaliste que parce que nationaliste, c’est-à-dire préoccupée avant tout de l’intérêt supérieur de la nation, au-delà des intérêts partisans.
Partant de ce principe, considérant que nous sommes nationalistes, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas en monarchie que la France, elle, a cessé d’exister. Aussi, en l’absence du prince, c’est-à-dire de l’héritier, nous cherchons à préserver l’héritage. Ce n’est donc pas parce que c’est la République qui gère –mal– la France que les royalistes d’Action française doivent se désintéresser de la vie politique, élections comprises.
Ces principes étant posés, l’Action française considère que l’un des dangers principaux qui pèsent sur la France est celui de l’européisme : collaborateur de la ruine économique de notre pays (la zone euro est la zone la moins protégée du monde,) l’Union européenne encourage (en prévoyant de bientôt diriger) les politiques insensées d’immigration (nos pouvoirs en la matière étant discrètement évacués vers Bruxelles). Plus grave, c’est aussi l’Union européenne qui engage, depuis maintenant plusieurs années, un véritable processus de décomposition des nations européennes en « eurorégions. » Ajoutons à ce tableau que la commission européenne est favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, ce qui achèvera d’anéantir l’identité de l’Europe qui ne sera réduite qu’à une simple zone géographique ayant pour dénominateur commun certaines pseudo-valeurs telles que la notion trompeuse de « droits de l’Homme. » Les candidats à l’élection peuvent promettre ce qu’ils veulent, leurs programmes ne sont que de la poudre aux yeux s’ils ne sont pas opposés à l’Europe de Bruxelles.
C’est pour cela que l’Action française affiche, à chaque élection, sa sympathie pour les candidats souverainistes. Ainsi, lors de l’élection de 2002, certains membres de la rédaction avaient affiché leur soutien pour Jean-Pierre Chevènement qui, alors, avait affirmé vouloir rassembler les Français de gauche et de droite pour défendre la souveraineté de la France, tandis que d’autres avaient affirmé leur préférence pour Jean-Marie Le Pen.
Cette année, alors que le projet européen semble sur le point d’aboutir avec la volonté des trois candidats favoris des instituts de sondages, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal, de faire passer une nouvelle constitution européenne, il est dès lors légitime de souhaiter défendre la parole souverainiste dans la cacophonie de la foire électorale. Trois candidats souverainistes se démarquent :
Jean-Marie Le Pen, qui n’a jamais été aussi haut dans les sondages, a, dès l’origine, dénoncé les dangers que faisaient peser pour notre pays une immigration massive voulue par nos dirigeants. Il est également un opposant acharné de la construction européenne, ayant désigné récemment l’euro comme une « monnaie d’occupation. » Depuis l’origine de sa carrière, il défend des valeurs qui sont aussi celles de l’Action française telles que le patriotisme, ce qui lui a valu les calomnies et les anathèmes de la part des élites autoproclamées adeptes du mondialisme. Cependant, depuis quelques temps, dans un souci de ratisser plus large, il semble que ce candidat se soit plié davantage aux règles du jeu républicain, parmi lesquelles la démagogie électoraliste. A titre d’exemple, son discours à Valmy ne saurait qu’inquiéter les vrais nationalistes, conscients que la Révolution dite « française » n’a jamais été bénéfique pour notre patrie et est la source de la plupart de nos maux actuels. Dans le même discours il exhortait les Français au rassemblement, qu’ils soient “Gaulois ou Céfrans“…
Philippe de Villiers ensuite, qui fut, pendant un temps, la figure de proue du combat souverainiste. Cependant, depuis 2005, son programme est quasiment identique à celui du Front National, ce qui laisse sceptique quant à sa capacité de succès.
Frédéric Nihous, enfin, se présente pour la première fois aux élections présidentielles. Son programme est très intéressant, axé sur la démocratie locale, une réelle représentativité du parlement, favorable à une écologie concrète et éloignée des idéologies, pour la revalorisation du monde rural, il semble très proche du réalisme politique qui anime la pensée maurassienne et traditionnelle, ce qui lui valut le soutien de certains royalistes. Son programme défend aussi les intérêts de l’Etat-nation face à l’Europe technocratique bruxelloise : « chaque Etat doit pouvoir refuser l’application, chez lui, de directives contraires à ses intérêts nationaux » peut-on lire sur son programme. Néanmoins, certaines de ses positions, comme sur la famille, pourraient sembler contraire à l’intérêt de la nation ainsi qu’à certaines valeurs civilisatrices qui ont forgé notre pays.
L’Action française étudiante n’appelle à voter pour personne. Nous exprimons simplement notre sympathie pour ces trois candidats, tout en pointant du doigt le fait que Jean-Marie Le Pen semble être le seul à pouvoir secouer le système et à faire mieux ressortir ses incohérences. Nous laissons cependant libres nos lecteurs, sympathisants et militants de voter pour le candidat de leur choix ou de voter blanc. Car ce n’est pas là que se trouve le salut de la France.
En effet, nous n’attendons rien de ces élections. Nous savons que toutes les espérances tournées vers des hommes providentiels ont été déçues. Parce que la République est fondée sur le régime des oligarchies partisanes, parce que même si le président qui sort de la loterie électorale est un homme soucieux du bien commun de notre pays, il sera dans l’impossibilité de gouverner efficacement du fait de l’opposition des « forces républicaines. » Et, combien même le pourrait-il, son travail ne pourra jamais s’inscrire sur le long terme.
Le séisme du 21 avril 2002 est d’ailleurs une très bonne illustration de l’imposture démocratique et de l’absence de pouvoir populaire électoral ; le message parfaitement clair envoyé par les Français qui manifestaient leur ras-le-bol de l’immigration, de l’insécurité et des atteintes à leur identité, n’a finalement entraîné aucune mesure concrète, l’inverse s’est même produit puisque le pouvoir républicain a continué exactement sur la même lancée : régularisations massives, suppression de la double peine, mise en place de la discrimination positive, etc.
C’est pourquoi l’Action française étudiante ne fonde aucun espoir sur la mascarade de 2007. Seule la monarchie, héréditaire et au-dessus des partis, pourra répondre efficacement aux inquiétudes des Français et, ainsi, restaurer la France.