Archive pour la catégorie 'Culture'

Propaganda de Bernays, le père des “relations publiques”

Vendredi 14 décembre 2007

« Le manuel classique de l’industrie des relations publiques », selon Noam Chomsky. Véritable petite guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la “fabrique du consentement”.
Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des “démocraties de marché”, ces questions se confondent.
Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui viendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement, invisible : la propagande. Loin d’en faire la critique, l’auteur se propose d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques à partir des acquis de la psychalanyse.
Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires mais au cœur même de la démocratie libérale américaine.»

Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, fut l’un des pères fondateurs des “relations publiques”. Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie,Edward Bernays, Zones, 2007, 141 pages, 12€.
ici

Citation du jour

Vendredi 14 décembre 2007

“En une longue suite de siècles, nos rois ont fait, maintenu, exalté la France. Ils l’ont élevé au rang de phare de l’Europe et du monde. Peu à peu, par affinements successifs, ils ont modelé une civilisation de beauté, de charme, d’harmonie, qui rayonnait en un art de vivre. Tout cela moins selon un plan préconçu, cartésiennement géométrique, que selon une croissance biologique, une logique végétale pareille à celle des arbres”.

Paul Guth

[CJB-Paris] Café politique

Mercredi 12 décembre 2007

Jeudi 13 Décembre 2007 à 19h30,
une lecture de La société de consommation de Jean Baudrillard par Henri Cheverny.

www.cjb-assas.new.fr

[IAF] Maurras et Dante à la lumière du thomisme

Mardi 11 décembre 2007

L’Institut d’Action Française recoit le mercredi 12 decembre à 20h30, le professeur de lettres classiques, M.Gerard Bedel pour nous parler de “Maurras et Dante à la lumière du thomisme”, a la brasserie “Le François-Coppée”, premier étage, 1, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (M : Duroc)

PAF : 5€, Etudiants et chômeurs : 2€

Contact: 01.40.39.92.14,
fromentouxmi@wanadoo.fr

PS : cette conférence a été reportée pour 2008 à cause du préavis de grève lancé par les syndicalistes de la SNCF.

Achever Clausewitz

Mardi 11 décembre 2007

René Girard aborde l’œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : ” La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. ” Clausewitz pensait que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d’un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de “duel”, d’” action réciproque ” ou de ” montée aux extrêmes ” désignent un mécanisme implacable, qui s’est depuis imposé comme l’unique loi de l’histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d’une accélération de l’histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu’aucun autre, le mouvement qui va détruire l’Europe. “Achever Clausewitz “, c’est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l’apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd’hui la planète entière.

Achever Clausewitz, René Girard, 368 pages, Carnets Nord, 2007, 22€.

Pour commencer, lisez l’entretien de René Girard et Rémi Brague : «L’apocalypse peut être douce», ici.

Robert Charles Surcouf

Lundi 10 décembre 2007

Robert Charles Surcouf, sieur de Boisgris était un corsaire français très intrépide. Il harcela les marines marchandes et militaires anglaises, non seulement dans les mers de l’Europe, mais aussi dans celles de l’Inde. Il acquit réputation et fortune en faisant la course.
Né dans le village de Binic, près de Saint-Malo, il est le fils de Charles-Ange Surcouf, sieur de Boisgris et Rose-Julienne Truchot de la Chesnais. Ses parents, commerçants, le destinaient à la prêtrise, mais il s’engage dès 15 ans comme volontaire sur l’Aurore en partance vers les Indes. À vingt ans, il est déjà capitaine de La Créole qui fait le trafic d’esclaves.
Nommé capitaine à l’âge de vingt ans, il commanda successivement les corsaires la Clarisse, la Confiance et le Revenant.
Surcouf alla tenter la fortune en Inde en 1796.
Quelques jeunes gens de l’île de France (aujourd’huiîl e Maurice) armèrent un petit corsaire pour Surcouf, qui fit voile pour les côtes de l’Inde, avec un équipage de Lascars (marins indiens). À l’embouchure du Bengale, où il se dirigea d’abord, il rencontra un petit convoi escorté par un bateau-pilote, armé en guerre ; il aborda le bateau-pilote et le prit ; il s’empara ensuite des bâtiments marchands anglais, se débarrassa de ses prises, de son propre navire, et passa sur le schooner avec dix-neuf hommes seulement.
Mais Robert Surcouf, le plus célèbre des armateurs malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796 quand, avec un équipage de 190 hommes, il prend à l’abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et mieux armé que le sien : la Confiance (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Ce premier succès enhardit Surcouf, qui va tenir la mer, courant après tous les bâtiments qu’il apercevra, en corsaire non autorisé, car il est parti de l’île de France sans ses lettres de marque, qui donnaient une légalité à la prise.

Peu après, avec son bateau, n’ayant que deux canons, Robert Surcouf met le cap sur un gros trois-mâts : c’était un vaisseau de la compagnie des Indes, monté par 150 Européens et armé de 26 canons de 12 ; il se nommait le Triton. Il dut son succès à ce stratagème. En effet, comment prêter le flanc à un si fort ennemi ? Surcouf fait cacher tout son équipage. « Je cours sur ce gros Anglais, dit-il à ses gens, je l’accoste : à un signal que je vous ferai, vous reparaîtrez sur le pont ; nous ferons une décharge de mousqueterie pour effrayer l’équipage, nous sauterons à bord et nous prendrons le bâtiment. » Les choses se passèrent comme il l’avait dit. Le combat qui s’engage sur le pont du Triton est terrible ; le capitaine anglais et dix de ses hommes sont tués, cinquante autres sont blessés, et Surcouf reste maître du vaisseau, n’ayant eu que deux blessés et un mort parmi les siens. Il fait signer un cartel d’échange à ses prisonniers, les envoie à Madras sur son petit schooner qu’il dépouille de toutes ses armes et mène son importante capture à l’île de France.
Chassé par trois vaisseaux de la Compagnie, il parvient au moyen d’une manœuvre habile à les isoler ; puis, les attaquant séparément, il en enlève deux, et contraint le troisième à prendre la fuite.
En 1799 la frégate la Preneuse, commandée par l’intrépide Lhermite, venait de se perdre à l’île de France. L’équipage attendait une occasion de retour ou d’embarquement. Le bruit se répand que la Confiance va faire la course.
La fortune de Surcouf commençait à grandir. Après plusieurs courses aventureuses, Robert Surcouf fut sur le point d’être dépouillé du fruit de ses dangers parce qu’il avait écumé la mer sans lettres de marque. Il avait armé en course sans autorisation à sa première croisière ; aussi quand il avait attéri avec le Triton, sa prise avait été confisquée.
Cependant les autorités de l’ile de France consultèrent le Directoire qui, voulant récompenser la bravoure du jeune corsaire, proposa au Corps législatif de lui décerner, à titre de don national, la valeur de ses prises qu’on avait vendues au profit de la colonie ; il reçut 700.000 francs.

Robert Surcouf est célèbre pour ses activités de corsaire et pour sa conception de la guerre sur mer contre la Grande-Bretagne, plus orientée vers la guerre d’usure que l’affrontement d’escadres. Pour lui, il est plus efficace de saper l’économie de l’adversaire que de détruire ses navires armés. Il finança lui-même l’armement de nombreux navires de guerre légers : l’Auguste, la Dorade, la Biscayenne, l’Edouard, l’Espadon, le Ville-de-Caen, l’Adolphe et le Renard.

Sa flotte prit La Havane, seule fois où cette ville tomba.

Surcouf accomplit un autre exploit. Saint-Malo étant occupé par les Prussiens, il se prit de querelle avec eux et défia en duel tous les officiers du régiment concerné. Les Prussiens, se considérant comme experts au sabre, relevèrent l’offre très imprudemment: Surcouf tua ou blessa les 15 premiers à la suite mais laissa aller le dernier (qui était le plus jeune et devait probablement être quelque peu démoralisé par le spectacle auquel il avait assisté) pour qu’il puisse témoigner que tout s’était passé dans les règles. Après avoir disparu quelque temps, Surcouf revint tranquillement chez lui passer entre les siens le reste de son âge.
Le nom de l’intrépide corsaire était devenu la terreur du commerce anglais dans les parages de l’Inde, et le gouvernement anglais avait cru devoir renforcer de plusieurs frégates sa station dans ces mers. En 1813, Surcouf fut chargé de conduire en France le Charles, vieille frégate, qu’il avait achetée au gouvernement et armée en flûte. Elle portait un très riche chargement. Il échappa par son sang-froid et l’habileté de ses manœuvres aux croisières anglaises.
Le frère du capitaine Surcouf, Nicolas Surcouf, intrépide marin comme lui, fut son second pendant près de 15 ans, et contribua à ses succès.

Surcouf consacra la dernière partie de sa vie à des spéculations commerciales, qui furent pour lui une nouvelle source de richesses. On croit que sa fortune s’élevait à la fin de sa vie à plus de 3 millions de francs.
Surcouf mourut d’un cancer le 8 juillet 1827 dans une maison de campagne qu’il possédait près de Saint-Servan, et fut inhumé à Saint-Malo.
Surcouf est considéré comme l’un des meilleurs marins que la France ait jamais eus. Redoutable, intenable sur tous les bords, c’est grâce à lui que de nombreux vaisseaux britanniques furent détournés en faveur de la France qu’il servit toujours, par delà les tourments politiques qui l’agitaient. Il réussit en seulement cinq années à attaquer une cinquantaine de navires britanniques et portugais.
Il est également considéré comme l’inventeur d’une ruse de nuit qui consiste à faire un petit radeau où l’on accroche des lanternes de manière à faire croire à ses poursuivants que le navire se situe à un autre endroit. (cf. le film Master and Commander)

Le 31 du mois d’aout
Nous aperçûmes sous l’vent à nous
Une frégate d’Angleterre
Qui fendait la mer et les flots
C’était pour aller à Bordeaux

Buvons un coup, buvons en deux
A la santé des amoureux
A la santé du roi de France
Et merde pour le roi d’Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre …

L’esprit du jacobinisme d’Augustin Cochin

Samedi 8 décembre 2007

Qui donc sont ces initiateurs de la Révolution, et savaient-ils où ils allaient? Ce sont les idéologues (que Cochin me pardonne ce terme impropre, choisi par souci de compréhension), qui agissent non par perversion ni par égoïsme, mais parce qu’ils sont passés par un malaxeur très spécial, indolore et même innocent, les sociétés de pensée. On ne s’y réunit pas pour comploter, mais pour causer ; de tout et de rien, de science, d’agriculture, d’économie, de politique, de littérature, bref de tout ce que l’on a appelé la “Philosophie” ou “les Lumières”. Cette activité innocente –simplement causer, pour causer - a des conséquences inévitables. Une première est liée au fait que la réalité n’est jamais prise en compte, puisqu’elle n’a pas à l’être. La seconde est que puisqu’elle cause pour découvrir la vérité, qui ne saurait être qu’une, une société de pensée vise l’unanimité et ne peut prendre que comme un crime toute dissidence et tout désaccord. La vérité est la proposition sur laquelle tout le monde tombe d’accord : « est réel ce que les autres voient, vrai ce qu’ils disent, bien ce qu’il approuvent ». Troisième conséquence, très vite, les sociétés de pensée sont soumises à un mécanisme de sélection. Seuls resteront les esprits les plus aptes au jeu : les jeunes, qui manquent d’expérience et peuvent nourrir l’illusion que tout est possible ; les gens de loi, de plume, de parole, parce qu’ils aiment parler et qu’ils vivent déjà dans un monde confiné ; les vaniteux parce que la conquête de l’opinion d’autrui est leur passion propre… Ils vont donc être, entre eux, encore davantage coupés des réalités. Quatrième et dernière conséquence, le degré d’abstraction et d’irréalité atteint par l’idéologie la rend apte à être avalée partout : la Liberté peut séduire un Parisien comme un Chinois ou un Iroquois ; les libertés françaises ou anglaises ou athéniennes… ne sont pas transposables.Pour Cochin, la Révolution résulte d’une conjonction de trois facteurs : la stratégie et les tactiques du parti philosophique; la nouveauté du phénomène , et enfin un règlement électoral contradictoire dans son principe, qui donnait automatiquement la majorité aux idéologues. Pas de complot, mais une agrégation d’une foule d’actions dispersées, allant toutes dans le même sens sans que personne ne puisse prévoir les conséquences ultimes : les Français ont fait la révolution, elle ne s’est pas imposée à eux comme une décision du Destin ou de l’Histoire - mais ils ne le savaient pas.

Parvenu au pouvoir, l’idéologue instaure nécessairement le terrorisme, parce que, d’une part, l’application de la puissance se trouve à l’avance justifiée à quelque extrémité qu’elle atteigne, et que d’autre part le contact avec les réalités multiplie les obstacles insurmontables. Le traitement par l’idéologue de la réalité est marqué par deux traits dominants : l’irréalisme et la panique. Toutes les mesures prises en matière économique par la Terreur se sont révélées des catastrophes ; mais l’expérience des catastrophes ne corrige pas ; elle provoque une panique, une fuite en avant. La défense de la Terreur par la nécessité de répondre à des défis circonstanciels ne tient pas: ces défis sont en grande partie produits par les mesures terroristes elles-mêmes (le problème des subsistances, par exemple) et ne nécessitent pas forcément l’emploi de la guillotine. Mais ne concluons pas de l’énormité des crimes à la stature gigantesque des criminels : la Terreur fonctionne sans terroristes, avec des hommes les plus médiocres, mais dotés d’un éventail très limité de solutions tirées de l’idéologie : le dernier des imbéciles peut trouver que si les cochons sont maigres, c’est la faute des paysans, et qu’en guillotinant les paysans, les cochons engraisseront !

Autre problème : un régime idéologique et terroriste corrompt toutes les solidarités et, en rétablissant l’état de nature, il rétablit la guerre de tous contre tous, par quoi son pouvoir se trouve consolidé et établi : l’irréalisme des mesures fait que le peuple, pour survivre aux catastrophes, est obligé d’agir contre son propre intérêt ; toute mesure joue au profit de ceux qui l’enfreignent et au détriment de ceux qui l’appliquent, donc les marchés noirs se développent, et la répression et les raisons de réprimer également!

Pour vous convaincre, armez vous de cette question simple : « pourquoi y a-t-il eu une rupture révolutionnaire en France ? » et lisez toutes les préfaces, introduction ou chapitres 1 des histoires de la Révolution : la plupart ne se sont même pas posé la question et les autres n’y ont pas répondu, du moins sans faire appel à une “philosophie de l’histoire”, ce qui n’est qu’escamoter le problème. Remarquons au passage que Cochin offre une analyse saisissante de vérité du léninisme ou du stalinisme, et des autres totalitarismes du XXème siècle. Auraient-ils donc une parité avec la glorieuse période de l’avènement de la Démocratie en France ? A méditer !

Mlle Percy

 

Emmanuel Mounier, philosophe français 1905-1950.

Mercredi 5 décembre 2007

par Francis Moury, initialement paru dans Libres – La Revue de la pensée française n°4.

«Quand nous disons que la personne est en quelque manière un absolu, nous ne disons pas qu’elle est l’Absolu; encore moins proclamons-nous, avec les Droits de l’homme, l’absolu de l’individu juridique.»

Emmanuel Mounier in, Révolution personnaliste et communautaire, Aubier, 1935, p. 65.

«On ne saurait se dissimuler le caractère global de la réaction existentialiste. Chrétienne ou athée, elle marque un retour du religieux dans un monde qui a tenté de se constituer dans le pur manifeste. […] Le rationalisme occidental garde un message vivant à entretenir dans le monde : l’existentialisme, s’il échappe à ce baroquisme de l’indigence spirituelle où certains semblent le pousser, s’il rédécouvre sans jeu de mots la plénitude de l’existence, peut en renouveler le visage et l’esprit devant les continents qui déjà s’avancent vers nous avec leurs richesses énormes, et leur dédain.»

Emmanuel Mounier in, Introduction aux existentialismes, Denoël, 1947, pp. 154-156.

«L’idée de liberté et l’idée de personne sont au centre de la philosophie française. […] Nous pourrons dire que si la philosophie de Lachelier, de Boutroux, de Renouvier et de Hamelin, de Bergson s’achève par l’idée de la personne, la philosophie de Descartes s’ouvre par elle.»

Jean Wahl in, Tableau de la philosophie française, Gallimard, coll. Idées, 1962, pp. 141-142.

La revue Esprit qu’il fonda en 1932 a survécu à la pensée d’Emmanuel Mounier. Il convient donc de revenir à la source pour rétablir une perspective correcte.

Son premier livre, co-rédigé mais déjà personnel, consacré à La pensée de Charles Péguy (1931) annonçait en germe son développement. Mais ni Révolution personnaliste et communautaire (1935) ni De la propriété capitaliste à la propriété humaine (1936) ne furent considérés comme dignes d’être seulement mentionnés dans les manuels scolaires de philosophie des années 1940 qui étaient en général au courant de la dernière évolution de la pensée française(…).
C’est que politiquement Mounier est un peu trop équilibré et que philosophiquement il n’est pas original : on ne lui pardonne le premier trait ni à gauche ni à droite; on le méprise cordialement dans les cercles universitaires en raison du second.

Fils de paysans grenoblois, agrégé de philosophie, Emmanuel Mounier fut d’abord l’ami du thomiste Jacques Maritain qui publiera son premier livre de 1931 dans la collection Le Roseau d’or qu’il dirigeait chez Plon. Mounier refuse l’individualisme libéral autant que le collectivisme fasciste comme communiste : c’est d’abord un rationaliste catholique. Esprit est interdit en 1941 après avoir désavoué le statut imposé aux Juifs par le Régime de Vichy, sous couvert d’un article consacré à… Péguy. On refuse à Mounier l’accès à l’École des cadres d’Uriage; on l’exclut du mouvement culturel Jeune France qu’il animait; enfin ses contacts avec le directeur du journal Combat lui valent d’être emprisonné en 1942. Il est acquitté mais se rallie décidément à la Résistance et passe dans la clandestinité. L’après-guerre sera naturellement pour lui comme pour Esprit une période de gloire mondaine et d’influence politique. Il œuvre en faveur de la réconciliation avec l’Allemagne. Il est d’abord compagnon de route des communistes mais s’en détache dès novembre 1949. Dès lors, il se “recentre”, comme on dit, même si sa revue connaît, pour sa part, une toute autre évolution.
Mounier déclarait que l’événement «était son maître intérieur». Il n’a pas abdiqué pour autant son ambition philosophique. Pendant sa période résistante, il s’intéressait à la psychologie et à la caractérologie mais les travaux plus assidus de Le Senne dans la même direction éclipsèrent évidemment les siens. Après 1945, Mounier écrit, en partie peut-être à l’usage de son prestigieux «transfuge» Maurice Merleau-Ponty passé, comme on sait, d’Esprit aux Temps Modernes dirigés par Jean-Paul Sartre, une Introduction aux existentialismes (1947) et un volume de la collection Que-sais-je ? sur Le personnalisme (1949) dans lesquels il se revendique haut et fort héritier de Kierkegaard et Gabriel Marcel bien davantage que de Hegel, Husserl ou Heidegger, à la différence de Sartre. Dans ces deux ouvrages, il affirme clairement et distinctement que son personnalisme est métaphysiquement issu d’un existentialisme chrétien dont il s’attache à préciser les origines et l’évolution.
Il faut absolument tenter de se procurer l’édition originale de son Introduction aux existentialismes car la page 11 est illustrée d’un magnifique «Arbre des existentialismes» probablement dessiné par Mounier lui-même et dont les racines remontent à Socrate, aux stoïciens, à saint Augustin et saint Bernard. L’amorce du tronc est constituée par Pascal et Maine de Biran puis le tronc lui-même par Kierkegaard. Le sommet du tronc est la phénoménologie husserlienne. La branche gauche est Sartre précédé par Heidegger et Nietzsche; la branche droite est celle du personnalisme de Mounier, située entre celles de Karl Jaspers et de Gabriel Marcel. Entre ces deux branches extrêmes, et en faisant courir son regard de droite à gauche, on constate que Mounier a réparti harmonieusement ses autres sources spirituelles : Vladimir Soloviev, Léon Chestov, Nicolas Berdaieff, Martin Buber, Karl Barth, Max Scheler, Herrad von Landsberg, Henri Bergson, Maurice Blondel, Lucien Laberthonnière. Trois ans avant sa mort, Mounier s’était donc soigneusement situé dans l’histoire de la philosophie française comme dans l’histoire de la philosophie occidentale. Pourtant c’est paradoxalement de la philosophie pratique de Kant qu’un interprète comme Grateloup fera dériver son intuition métaphysique fondatrice, en particulier de la seconde maxime de l’impératif catégorique qui exige que l’on traite les personnes comme des fins. Et Grateloup de citer à juste titre un illustre intermédiaire entre Kant et Mounier, nous voulons parler de Charles Renouvier, fondateur du criticisme et condisciple à Polytechnique du génial philosophe Jules Lequier. Dans les années 1950, Lucien Sève tenta de tirer le personnalisme dans le sens du marxisme : tentative absurde, typique du climat de cette époque.
Parmi les hommes politiques qui furent ses contemporains, c’est en fait Charles de Gaulle qui l’a lu le plus attentivement. L’idée gaullienne de la participation est directement inspirée du texte mounien de 1936. En outre, le parcours individuel comme politique et spirituel de Mounier ressemblait au sien : il pouvait sembler au Général de Gaulle qu’ils avaient été nourris tous deux aux mêmes sources, avaient traversé les mêmes épreuves, en avaient tiré les mêmes leçons.

Compte Rendu:La banalité du mal

Mercredi 5 décembre 2007

Le mal est-il la matière, les passions, le corps ? Le mal est-il la privation du bien, le péché ? Le mal est-il la haine, la violence ? Le mal est-il la bêtise, l’ignorance ? Le mal est-il le tremblement de terre de Lisbonne ? La souffrance des enfants ? Le mal est-il la mort, la souffrance, le désespoir ? Le mal est-il la République ? Le mal est-il la perversité sexuelle, le sadisme d’un psychopathe ? Oui, mais pourtant… Chaque mal cité est un moindre mal en comparaison d’une autre sorte de mal : un mal dit « banal ». Qu’est-ce à dire ? Pour le comprendre il faut d’abord analyser les comportement ordinaires, ensuite le décalage de la machinisation, enfin l’époque de la Technique.

I Des homme ordinaires.
L’Obersturmbannführer Eichmann est l’archétype de la banalité du mal et « l’ennui avec Eichmann, c’est précisément qu’il y en avait beaucoup qui lui ressemblaient et qui n’étaient ni pervers ni sadiques, qui étaient, et sont encore, terriblement et effroyablement normaux. Du point de vue de nos institutions et de nos critères normaux de jugements, cette normalité était beaucoup plus terrifiante que toutes les atrocités réunies, car elle supposait […] que ce nouveau type de criminel, tout hostis humani generis qu’il soit, commet des crimes dans des circonstances telles qu’il lui est pour ainsi dire impossible de savoir ou de sentir qu’il fait mal »1. Comment cela ? Alors que tout un chacun se prend spontanément pour Jean Moulin, des expériences de psychologie sociale (un extrait du film « I comme Icare » fut diffusé) nous montrent notre obéissance docile aux ordres donnés ou au conformisme de groupe. Il n’a alors plus besoin d’une volonté de faire mal mais « d’abord et avant tout des employés consciencieux et de bons pères de famille »2. « Les assassins n’étaient pas des tueurs ou des sadiques par nature ; au contraire il y eut un effort systématique pour éliminer tous ceux qui tiraient un plaisir physique de leurs actes »3. Il ne s’agit pas de banaliser le mal, mais de montrer que ses auteurs sont ordinaires et font banalement un mal d’autant moins banal que la manière de le faire est banale. Le problème est aggravé dans un monde où les machines prolifèrent.

II Le décalage de la machinisation.
Entre ce que nous produisons et l’idée que nous nous en faisons, le décalage est grandissant. « Les objets que nous sommes habitués à produire à l’aide d’une technique impossible à endiguer, et les effets que nous sommes capables de déclencher sont désormais si gigantesques et si écrasants que nous ne pouvons plus les concevoir, sans parler de les identifier comme étant les nôtres. […] Dès que nous sommes postés pour exécuter l’un des innombrables gestes particuliers dont se compose le processus de production, nous perdons non seulement tout intérêt pour le mécanisme dans son ensemble et pour ses effets ultimes, mais, plus encore, nous nous trouvons privés également de la capacité de nous en faire une image. Quand nous avons passé un degré maximal de médiateté – et, dans le travail actuel, industriel, commercial et administratif, c’est la situation normale – alors nous renonçons, non : alors nous ne savons même pas que nous renonçons, et qu’il serait de notre devoir de nous représenter ce que nous faisons »4. La fragmentation et la spécialisation de la division du travail sont des œillères. Puisque l’action est remplacée en partie par la production de machines, en partie par le déclenchement de machines qu’on a produites, alors l’action est abolie et avec elle la possibilité de bien agir. Mais les machines elles-mêmes proviennent de l’époque de la Technique.

III L’époque de la Technique.
Le dévoilement qui régit la technique moderne est un arraisonnement qui transforme une région en bassin houiller, une vache en un tas de viande, l’air en une réserve d’azote, un fleuve en fournisseur de pression hydraulique, etc. Ces divers phénomènes trouvent dans la Technique leur origine. Une compréhension véritable de la Technique commencera le jour où on explicitera que « Le travail des champs n’est plus maintenant qu’industrie agro-alimentaire motorisée, le Même, quant à l’aître, [le Même dans le déploiement de son essence ; im Wesen das Selbe] que la fabrication des cadavres dans les chambres à gaz et des camps d’extermination et la réduction de pays entiers par blocus à la famine, le Même que la fabrication de bombes à hydrogène »5.

Ce qui a rendu possible les catastrophes du XXè siècle est toujours là, sous-jacent à notre époque et gagne même du terrain. Si nous, hommes ordinaires, sommes soumis à l’autorité, au conformisme de groupe, si les machines aggravent le décalage entre ce que nous faisons et ce que nous en comprenons, si enfin, tout ce qui nous entoure est réduit à une matière première, alors dans l’histoire de l’humanité, dans l’histoire de ce qui se passe sur terre, jamais le mal n’a été aussi apocalyptique qu’aujourd’hui ! « Il n’y a probablement jamais eu d’époque dans l’Histoire du monde où avant toute action dans la méchanceté ; parce que nous sommes incapables d’être bon même au moment où nous ne faisons rien de particulièrement mauvais ; parce que notre mode d’être est d’emblée le mal »6. « Que faire ? », telle fut la question autour de laquelle une conversation s’engagea avec le public et se poursuivit très chaleureusement jusque tard dans la soirée.

1)ARENDT, Eichmann à Jérusalem, p. 477.
2)ARENDT, Le système totalitaire, vol. III, p. 65.
3)ARENDT, Eichmann à Jérusalem, p. 208-209.
4)ANDERS, Nous fils d’Eichmann, p. 50.
5)HEIDEGGER, GA 79, p. 27.
6)ANDERS, La menace nucléaire, p. 70.

Bibliographie : Günther ANDERS, Nous, fils d’Eichmann, Paris, Rivages, 1999 ; Hannah ARENDT, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, Paris, Gallimard, 1991 ; Martin HEIDEGGER, « La question de la Technique » dans Essais et conférences, Paris, Gallimard, 1984 ; Michel TERESTCHENKO, Un si fragile vernis d’humanité. Banalité du mal, banalité du bien, Paris, La découverte, 2005.

Camelots du Roi

Mardi 4 décembre 2007

“Les camelots du Roi, en 1910, étaient la première bande révolutionnaire d’Europe. C’étaient des garçons “de tous les milieux”, comme on dit, qui s’étaient habitués à la prison et considéraient la république comme un grand désordre général ; ils voulaient l’accentuer, pour en guérir la France, par mille désordres particuliers.”

Roger Nimier in Le Grand d’Espagne

Contre la dictature et l’anarchie

Vendredi 23 novembre 2007

“Une seule forme de gouvernement a été acceptée pendant des siècles par les Français et ce fut la monarchie. Je crois que cette forme de gouvernement est la plus compatible ou la moins incompatible avec l’humeur ou les humeurs des Français. Inconsciemment, ils doivent rêver d’un Louis XIV, c’est-à-dire d’un souverain, ce qui est conforme au caractère individualiste et concret du Français, d’un souverain qui ne se poserait pas le problème de la légitimité de son pouvoir. Il le garderait. Ce qui rend les régimes forts, c’est justement de ne pas se poser ce problème. Par ailleurs, la monarchie, c’est une famille, et le roi un visage, une présence concrète. On peut discuter avec. Le Français aime discuter, le roi est là, il est le responsable, l’Etat, c’est lui. On finira bien par restaurer la monarchie, un jour, contre la dictature et contre l’anarchie”.

Eugène IONESCO, cité dans Noblesse oblige, éd. Autrement, avril 1987

Citation du jour

Jeudi 22 novembre 2007

« La plus inquiétante jeunesse est celle qui n’a pas d’opinions extrêmes. »

Henri Dieudonné d’Artois, comte de Chambord

Sans peur et sans reproche

Mercredi 21 novembre 2007

A l’heure où la France repentante en toutes circonstances se cherche,  les “états uniens” font assaut de bravoure , d’héroïsme et d’un courage aussi plat que les écrans hollywoodiens qui les exaltent en réécrivant bien souvent leur histoire sans souci de la vérité historique.
Il serait temps de rappeler que notre Histoire est remplie de  héros véridiques que beaucoup nous envient mais que par un esprit mortifère nous n’évoquons que de façon dérisoire.Chevalier Bayard
La palme revient à Gérard Jugnot qui commit une lamentable pantalonnade sur l’un de nos héros les plus purs. Son film était tellement nul que même nos cinéphiles nourris aux amphétamines de la médiocrité militante ont délaissé les salles de cinéma. Depuis le réalisateur acteur s’est rattrapé au moins au plan artistique, mais l’injure faite à Pierre du  Terrail, Chevalier de Bayard, n’a toujours pas été réparée à ce jour.

Il me plaît d’imaginer un scénario de ce type : Une brume épaisse couvre ce paysage verdoyant de l’Italie Napolitaine. C’est ici que se rejoignent les deux rivières du Gari et du Ligni. Le jour se lève à peine, un fort parti de 200 Espagnols s’apprête à franchir ce confluent pour prendre à revers les troupes Françaises qui retraitent à quelques kilomètres de là.
Soudain un officier fait signe à la troupe de s’arrêter.  Quelque chose bouge sur le pont du Garigliano. La brume matinale se dissipe peu à peu et chacun peut alors distinguer un cavalier en armure, le heaume baissé. De la main gauche, il maîtrise sa puissante monture frémissante en tenant serrés les rennes. De la dextre, il tient un bran (une épée à deux mains) qui lui parait au maniement, aussi léger qu’un glaive.
La troupe s’avance prudemment. Apparemment l’homme est seul. “Quien eres ?” lui crie l’officier. “Je suis le bras du roi de France“, répond le chevalier.
S’étant assuré qu’aussi loin que porte la vue, il ne pouvait y avoir de pièges, d’un air presque nonchalant, l’officier donne l’ordre à un groupe de piquiers de débarrasser le pont de cet importun.
Les mercenaires ne se font pas prier. Un chevalier de ce rang, ça rapporte une belle rançon. En hurlant les hommes se ruent sur le cavalier. Il ne faut que quelques secondes pour que les malheureux premiers arrivés se trouvent occis, décapités, tranchés et culbutés dans la rivière. Les survivants se replient sur la troupe.
“Quien eres ?” lui crie à nouveau l’officier. Le chevalier relève son heaume et s’écrie: ”Je suis Pierre du Terrail, Chevalier de Bayard”, puis piquant des deux, il charge la troupe.
Celle-ci est hésitante, “Bayard, je connais”, disent les uns, “on dit qu’il est invincible”. “Les savoyards qui sont de bons soldats refusent de combattre contre lui.” “Il est habité de la force de Dieu lui-même” disent les autres.
Mais, déjà, le chevalier est sur eux en faisant tournoyer sa terrible épée. De nombreux soldats tombent, ceux qui tentent de l’approcher sont fauchés comme blés à la moisson, bientôt la panique s’empare de tous et c’est la débandade. Sur ce entrerait  le comte de Sassenage, ami de Bayard, qui l’a rejoint pour lui prêter main-forte, mais il ne peut que rattraper quelques fuyards. Voilà comment j’aimerais qu’un cinéaste inspiré nous présentât l’un des héros les plus fameux de notre belle Histoire.

On peut considérer que Bayard fut l’un des derniers grands chevaliers, de la race de ceux qui prirent Jérusalem quelques deux cents ans plutôt. Sa règle de vie était simple, vivre et mourir l’épée à la main, pour la justice l’honneur et la gloire.
Sa devise, qui pourrait être la nôtre, est gravée sur un monument le représentant, place Saint André à Grenoble: “Dieu et le Roi, voilà nos maîtres, oncques n’en n’aurait d’autre”.

 

Gentilhomme Français né au Château de Bayard, près de Pontcharra en 1475, il commença sa carrière sous le Duc de Savoie, puis sous Charles VIII et se fit remarquer, alors qu’il n’avait pas vingt ans, à la bataille de Fornoue, pour sa bravoure et son étonnant sang-froid.
A aucun moment il ne cédait à la peur, et redonnait du courage à ses amis aux moments les plus critiques. Tant qu’on voyait le panache de Bayard, on était sûr de l’issue. Rapidement sa réputation devint grande au-delà même de son propre camp.
Après l’affaire du Garigliano, sa réputation était telle, que sa seule présence sur le champ de bataille, avec quelques-uns de ses amis dont la bravoure aussi était connue, comme le Comte de Sassenage et quelques autres, suffisait à inspirer l’inquiétude et la terreur dans les troupes ennemies.
Il incarne parfaitement l’idéal du chevalier français, foudroyant dans le combat, mais humain et clément avec ses prisonniers dont il s’inquiétait de la guérison des blessés.
Difficile à commander, il cherchait toujours à s’assurer que les ordres servaient bien la cause de son roi pour qui il avait voué sa vie.
Et ce n’est pas un hasard s’il se rapprocha du grand François Ier dont il devint le serviteur et l’ami.
Puis, il y eu la fameuse bataille de Marignan, durant laquelle Bayard et le roi furent plusieurs fois côte à côte.
Là encore, les amateurs de cinéma doivent imaginer François Ier qui était un géant et un terrible combattant, au coeur de la bataille, couvert au plus près par le chevalier Bayard, en quelque sorte son garde du corps, tous les deux abattant leurs lourdes épées, sur la soldatesque de l’Empire coalisé.
Il y a de belles fresques trop singulièrement absentes de nos salles obscures. Et cette scène, “digne du seigneur des anneaux” : Le roi François à genoux devant ses troupes et la cour, recevant l’adoubement des mains du Chevalier.
Celui qu’on appellera le roi chevalier conduisit là un acte d’honneur insigne, que seul les rois peuvent et savent accomplir à l’intention de leurs plus grands serviteurs.
Sans doute la royauté possède-t-elle dans son principe même la capacité de susciter autant de dévouement.
Bayard quoique pêcheur (il eut quelques aventures féminines retentissantes avant de prendre une épouse légitime) n’en n’était pas moins fervent catholique et il adhérait pleinement aux condamnations du Pape à propos des armes modernes jugées diaboliques parce que  trop meurtrières.
Il détestait les bombardes et les arquebuses. Il refusait d’en possèder au sein des troupes qu’il commandait et faisait pendre haut et court les arquebusiers ennemis pris en train de tirer.
Ce qui eut, paraît-il, quelques effets bénéfiques au plan tactique, car certains arquebusiers sachant sa présence préféraient fuir la zone des combats, ce qui était propice à nos armées.

Dernier chevalier au XVIeme siècle il concevait la guerre comme au Moyen Age, avec des codes et des règles, plus axées sur la bravoure individuelle que sur l’effet de masse qu’il méprisait et pourfendait à loisir.
En 1524, en couvrant la retraite des troupes de l’amiral Bonnivet, il fût atteint au niveau des reins d’une décharge de ces arquebuses, instruments du diable qu’il honnissait tant.
Il ordonna qu’on l’appuyat contre un arbre, le visage tourné vers les espagnols, car il n’avait jamais tourné le dos à un ennemi. C’est ainsi que mourrut l’un des plus grand héros de notre Pays.
Amis, si vous passez par Grenoble, faîtes le tour par la place Saint André pour saluer la statue du dernier chevalier d’Occident, et allez vous recueillir devant ses restes pieusement gardés dans la collégiale qui est située à deux pas.

Paul Emique

Cassons les machines !

Mardi 20 novembre 2007

Cassons les machines

“La civilisation française a, durant des siécles, formé des hommes libres. La France refuse d’entrer dans le paradis des robots.”

Georges Bernanos

« Dans notre société divisée, peuplée d’esclaves modernes qui ont perdu jusqu’à la capacité de se réunir, n’importe quelle nouveauté technique est accueillie comme un don des dieux, alors qu’elle ne fait que renforcer leur isolement ; à ceux qui s’efforcent de rendre leur isolement malgré tout supportable, elle n’offre que la compagnie d’équipement techniques toujours plus perfectionnés. »

Les Amis de Ludd

A lire aussi : “Le pari de la décroissance”

Le retour de la fée verte

Lundi 1 octobre 2007

Variété d’armoise, plante vivace qui pousse sur les terrains secs et rocailleux, l’absinthe est connue depuis l’Antiquité sous le nom d’Artémisia car elle était initialement dédiée à la déesse Artémis. Pendant des siècles, ses feuilles sont réputées pour leurs vertus thérapeutiques : fébrifuge (elles font tomber la fièvre), antiseptique (désinfectante) et diurétique.Prescrites par Gallien contre la malaria ou par Hippocrate contre la fatigue, ses décoctions ne sont pas alcoolisées. Au Moyen Age, ce « remède » est vendu, exclusivement, chez les apothicaires.

A partir du 1767, la plante est distillée et, par là même, perd sa bonne réputation. La mise en vente de cette absinthe, sucrée et fortement alcoolisée (elle dépasse alors souvent les 65°), l’abaisse au rang d’ « assommoir ». Cette « fée verte » louée par les poètes, de Verlaine à Baudelaire, est finalement interdite en 1915 par les autorités sanitaires françaises, désireuses de lutter contre le fléau de l’alcoolisme. Mais elle est autorisée dans de nombreux pays européens comme l’Espagne, la Tchéquie, le Portugal et la Pologne. En France, l’Absinthe fait aujourd’hui son retour, mais sous un nom d’emprunt car, le décret de 1915 n’ayant jamais été abrogé, elle demeure interdite à la vente : plusieurs distillateurs commercialisent des distillations d’armoise sous le nom de « Versinthe » ou d’ « Absente ». On retrouve même l’absinthe sur les étagères des parfumeurs : sous la forme d’une eau de toilette dénommée « absolument absinthe ». Un parfum d’interdit !

Historia, septembre 2007

Et à la santé du Roi !

Du Pathos à la télévision

Mercredi 26 septembre 2007

Vendredi 21 septembre 2007, en deuxième partie de soirée sur France 3, les honnêtes téléspectateurs faisant encore confiance au « service public » se voyaient récompensés de leur fidélité par le documentaire militant de Marion Stalens intitulé « Invitation à Quitter le Territoire ».
Ce documentaire de 52 minutes, coproduit par Cinétévé - France 3 avec la participation de l’Agence Nationale pour l’Égalité des Chances et la Cohésion Sociale retraçait le parcours de Rachelle et Ivan, deux élèves du lycée Jules Ferry à Paris, qui s’apprêtaient à passer leur baccalauréat et faisaient face à une « Invitation à Quitter le Territoire Français » (IQT).

« Face à cette menace d’expulsion, amis, professeurs et parents d’élèves se mobilisent autour des deux jeunes sans-papiers. » (sic)

Faisons les présentations :
Ivan, 18 ans, Colombien, rentré illégalement en France il y a 6 ans avec ses parents pour fuir la crise économique et l’insoutenable violence, scolarisé depuis, qualifié d’ « intégré » par ses camarades de classe et sa petite amie, parlant le français avec une relative aisance;

et Rachelle Bonjawo, 18 ans, Camerounaise, ayant perdu ses parents et rejoint sa soeur française vivant en France, qualifiée d’ « élève sérieuse et motivée » par ses professeurs, parlant bien le français.

Ce documentaire au ton engagé entends montrer la détresse profonde des « enfants » confrontés du jour au lendemain à la perspective de quitter leur quotidien, d’abandonner leurs amis, leur avenir, et d’être rapatrié dans leurs pays d’origine parce que rentré illégalement en France.

On y voit la forte mobilisation des camarades de classes qui défendent leurs amis « intégrés », « innocents », ainsi que l’implication des professeurs s’accrochant à « des élèves sérieux et francophones » et la détermination d’une déléguée des parents d’élèves.

Des questions sont souvent posées et interpellent le téléspectateur : Rachelle et Ivan sont-ils dangereux pour notre avenir? Menacent-ils l’emploi de nos enfants? Sont-ils des parasites asociaux? Quel mal ont-ils fait? Pourquoi eux?

Les émouvants témoignages de ces deux jeunes personnes désorientent et font peine. On est tenté de leur ouvrir les bras et de les accueillir sur notre « Terre d’Asile », notre république « des Droits de l’Homme »…

C’est ce qu’il faut dénoncer !

Ce document est un bijou de parti pris et il est scandaleux qu’une chaîne d’Etat ait autorisé sa diffusion.
La surprise est d’autant plus grande que la politique d’immigration du gouvernement –ayant droit de vie ou de mort sur les programmes de France Télévision- y est ouvertement critiquée pour sa froideur, son inhumanité, sa logique arbitraire et sa violence psychologique.
Ce qui est gênant, c’est l’impression latente d’assister à un procès inique et expéditif contre la France, « méchamment » attachée à l’intégrité de son territoire.

Inique parce que l’administration n’a aucun droit de réponse devant les accusations grandiloquentes des camarades de classe, des profs et des parents d’élèves.

Inique parce que les réalisateurs n’ont aucun remords à utiliser les techniques les plus vicieuses et déloyales en exploitant l’affectif, le sentimental, la pitié et l’empathie du public.
La réalisatrice nous expose la jeune camerounaise, les larmes aux yeux lors de l’interview, tenter la démonstration de son amour de la France : « Pour moi, la France représentait l’harmonie, la lumière, un vrai conte de fée… Quand je suis arrivé ici, à Paris, j’étais impressionnée; tout était grand. J’étais heureuse en pensant que j’aurais accès à l’eau chaude tous les jours et que je pourrais faire les magasins! »
L’honnête téléspectateur, confortablement assis sur son canapé moelleux, ne peut s’empêcher de s’imaginer la dure vie de cette jeune fille jadis privée d’eau chaude et de shopping et d’être saisi de pitié.
Il oublierait presque, sous le coup de la culpabilité, que quelques minutes plus tard, prise sur le vif, Rachelle confie à ses amis, entre deux rires : « L’Afrique me manque, le fait de courir pieds nus dans la rue, courir sans contraintes. Je suis contente de trouver en France des gens ouverts à ma culture africaine. Ma grand-mère m’a bien appris de ne jamais oublier d’où l’on venait, de ne jamais renier ses origines. »
La jeune fille « traquée », qui se sent « rejetée par les autorités » laisse une curieuse impression, semble se contredire et quoiqu’il en soit, nous offre une image nuancée de l’intégration que ses soutiens vantaient.

Comme pour effacer cette gaffe, Rachelle évoque l’école d’antan, l’école d’Afrique : « Au Cameroun, il y a 70 enfants par classe et l’on est souvent obligé de faire des roulements, tous ne peuvent pas étudier…»
La voilà qui émeut ses professeurs et ses camarades de classes, soudain conscients de leur « chance ».
Leur mobilisation est exemplaire, tous arpentent la cour de récréation à la recherche de signatures pour leur pétition. Ils sont efficaces, plus d’un millier seront recueillies au son de « Tu connais Rachelle et Ivan !? Bah… Ils vont se faire expulser, il faut que tu signes ! »
La déléguée des parents d’élèves n’hésite pas à monter un stand « Signe ici sinon tu vas être complice des vilains» dès la sortie des épreuves du baccalauréat.
Aussi se propose-t-elle tout naturellement de faire bénéficier Rachelle du parrainage républicain, procédure qui permet à un Français d’apporter son soutien officiel, matériel et physique à un étranger en situation irrégulière.
Bel effort de la République d’accepter en son sein les défavorisés du monde entier… On se demande pourtant où est son intérêt ; la jeune fille avouait devant la Préfecture de Police de Paris -après avoir décroché un rendez-vous pour l’examen de l’obtention d’une carte de séjour- « Une fois que j’aurais terminé mes études, je repartirai au pays, pour aider les gens à s’en sortir » !
Nous sommes bien dans le pays des droits de l’Homme, où les médias chantent le désintéressement de la République !

Vient le moment de l’élargissement du propos où la défense des cas de Rachelle et Ivan est noyée dans la propagande d’organisations comme RESF (Réseau Education Sans Frontières) ou France Terre d’Asile, réclamant sans conditions la régularisation massive des sans-papiers. L’œil et les oreilles du téléspectateur -qui s’était presque endormi devant la douceur ovine de nos deux jeunes gens- sont ensuite malmenés par les images des défilés de soutien aux sans-papiers, défilés chamarrés et étourdissants au rythme des tam-tams, des djembés, et des « Nous sommes tous des enfants d’immigrés ».
L’écoeurante apothéose du multiculturalisme, l’exposition agressive du melting-pot, en un mot, le mariage informe du rien au n’importe quoi.

Comment ne pas s’insurger devant cette basse technique de racolage qui consiste à apitoyer avec Rachelle et Ivan, deux cas défendables et émouvants, pour ensuite amener le téléspectateur à adhérer de facto à ces instruments collaborationnistes que sont la Ligue des droits de l’Homme, le Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés, France Terre d’Asile, etc.?

Comment garder son calme avec cette déléguée des parents d’élèves, « marraine républicaine » de Rachelle, qui s’est battue pour que la direction du Lycée Jules Ferry accorde son soutien à « tous les élèves en voie d’expulsion, quelque soit leur mérite et leur légitimité à résider en France » ?

Quelle attitude observer face à cette parenthèse révoltante, cette rencontre entre Rachelle et Rachel, vieille dame juive traquée sous l’Occupation -membre de RESF- qui témoignait de l’horreur vécue comme « enfant caché », et qui insistait sur « la continuité des arguments » entre les nazis et les « expulsionnistes » !?
Elle qui appelait à « déceler là où commence l’intolérable », voici une franche occasion de commencer!
Combien de temps encore va-t-on diaboliser ceux qui considèrent le déracinement des enfants, l’immigration massive et institutionnalisée et la précarité organisée de ces populations comme un drame pour le pays d’origine et le pays d’accueil ?

Quel trait de clairvoyance faudra-t-il pour que la France réfléchisse au co-développement comme LA solution durable etjuste, sollicitant intelligemment les pays en mesure d’aider et traitant dignement les pays ayant besoin d’aide ?
Dans un monde juste, l’immigration n’existerait pas…
Ce que semble oublier ce jeune groupe de rock débile qui clôture le documentaire en scandant avec haine : « La France appartient à l’être humain

Plus que jamais : Français, éteins ta télé… et rallume ton cerveau !

Saucourt.

S’il faut en choisir un…

Mardi 11 septembre 2007

Alors que l’entraineur de l’équipe de France de rugby, frisant le ridicule pour ne pas dire l’indécence, a fait lire à ses joueurs la lettre de Guy Môcquet avant leur premier match de Coupe du Monde, rappelons quelques vérités.

Le 22 octobre 1941, Guy Môquet s’écroulait abattu par les 12 balles du peloton d’exécution allemand. Il n’avait que 17 ans. Une si courte existence et un si tragique destin ! Mais s’il fut une victime de l’Allemagne nazie, Guy Môquet n’a jamais été un résistant.

REFUSONS LA FALSIFICATION DE L’HISTOIRE

Guy Môquet était communiste, ce qui n’enlève rien à la cruauté de son sort certes, mais est indispensable à la compréhension de celui-ci. Contrairement à une certaine légende, entretenue depuis 1945, communiste et résistant n’ont pas toujours été synonymes. Le 23 Août 1939, Staline et Hitler signent le pacte de non agression : pour les communistes de tout les pays et en particulier français, l’Allemagne nazie cesse dès lors d’être l’ennemie. Le PCF dénonce alors la « guerre impérialiste » que la France mènerait contre l’Allemagne. La nuisance est telle que Daladier, président du conseil, prononce sa dissolution le 26 septembre 1939. Le 6 octobre Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste « français », déserte et rejoint Moscou. Le 10 octobre, Prosper Môquet, député communiste est arrêté et déchu de son mandat. Contraint à la clandestinité, le parti n’en continue pas moins ses actions de sape contre la nation : propagande défaitiste, sabotages de matériel militaire au sein des usines qui causeront la mort de nombreux soldats français lors de la campagne de mai 1940.
C’est dans ce contexte de collusion avec l’ennemi que Guy Môquet , militant des jeunesses communistes, sera arrêté le 13 octobre 1940 au métro gare de l’est par des policiers français. C’est donc, non pour faits de résistances, mais pour avoir suivi avec toute la naïveté de son age la position de trahison et de collaboration du PCF qu’il a été arrêté.
Le 22 juin 1941, l’Allemagne attaque l’URSS, le PCF rentre alors en résistance contre cette première, nouveau renversement de situation qui ne fait que montrer que le PCF ne détermine pas sa ligne politique selon les intérêt français…Le 20 octobre, Karl Holtz, commandant des troupes d’occupation de Loire inférieure est assassiné par 3 militants communistes, le cycle infernal des répression commence…Sur ordre des Allemands,Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur sélectionne 27 otages, Guy Môquet est parmi eux. Le soleil éclaire la place d’exécution de ses derniers rayons, lueur funèbre. Douze coups de feu déchirent le silence de cette fin d’après midi du 22 octobre 1940.Un jeune homme de 17 ans est mort, mais si horrible que ce destin soit, il n’a aucun rapport avec la résistance.

Si monsieur Sarkozy avait voulu honorer un authentique résistant, il eut du relire de plus près ses cours d’histoire et sortir des poncifs distillés par le parti des « 75000 fusillés » depuis 1945. Il aurait pu découvrir l’épopée du lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, pur joyau d’héroïsme français. Dès septembre 1940 celui qui a pour devise « Dieu, le Roi » rejoint Londres et se met au service du général de Gaulle. Il revient en France le 21 décembre 1940 pour fonder le réseau Nemrod. Dénoncé, il est arrêté par les allemands en janvier 1941. Refusant de se mettre au garde à vous devant les sentinelles, il est rossé à de nombreuses reprises. A son procès, faisant preuve d’un rare panache, il cherchera à couvrir ses camarades. Condamné à mort le 25 mai, le président de la cour, ému, viendra lui serrer la main. Il ne reste plus pour lui qu’à attendre la mort et rédiger son testament : « Je ne puis préjuger de l’avenir et affirmer dès maintenant si, dans mon action j’ai eu tort ou raison. Mais j’affirme solennellement que je n’ai agi que pour la France et la France seule. Je n’ai eu en vue que la libération de notre patrie. Je crois avoir suivi la tradition de fidélité de notre famille […]. Je crois mériter l’honneur qu’on inscrive sur ma tombe à coté de mon nom « mort pour la France »[…]N’ayez à cause de moi de haine pour personne. Chacun a fait son devoir pour sa propre patrie. Apprenez au contraire à connaître les caractère des peuples voisins de la France.» Le 29 août, dans le petit matin, la salve retentit, son corps se soulève une dernière fois vers le ciel au cri de « vive la France », le premier martyr de la résistance française vient de tomber.

Tragique était le destin de Guy Môquet, magnifique fut celui d’Honoré d’Estienne d’Orves. L’honneur, le courage, la droiture, le pardon, Dieu, la patrie, voila l’exemple pour la jeunesse de France qu’il eut fallu choisir !

Romain Vindex.

Touche pas à mon reporter!

Dimanche 19 août 2007

Tintin présent!

15 août…fête nationale!

Mercredi 15 août 2007

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“Ancien ministre de l’éducation et néanmoins philosophe”

Dimanche 5 août 2007

Vauban, un héros français au service du Royaume

Dimanche 29 juillet 2007

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Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633 - 1707) fut à la fois ingénieur et architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste. Expert en poliorcétique, il donna au royaume de France «une ceinture de fer» et fut nommé maréchal de France par Louis XIV.

Gardant le soucis permanent du sort des plus démunis, ce libre penseur, touche-à-tout de génie, mit sa vie au service de la France qu’il disait “aimer à la folie“. En celà il est un exemple pour notre temps.

Voir la biographie>>
Et une partie de ses oeuvres>>

Margaret Thatcher, contre-révolutionnaire ?

Mercredi 11 juillet 2007

Si Marie-Antoinette m’était contée

Lundi 9 juillet 2007

Voir l’émission complète ici.

Vers le totalitarisme urbain ?

Mercredi 4 juillet 2007

Les Monades Urbaines, chef d’oeuvre écrit par Robert Silverberg, a été publié en 1971 aux Etats-Unis et en France en 1974. Le livre se présente comme une compilation de sept nouvelles liées entre elles par les personnages qui y apparaissent et le lieu d’action : la Monade 116.

La Terre en l’an 2381 compte soixante-dix milliards d’êtres humains vivant dans les monades, d’immenses tours d’une hauteur de trois kilomètres regroupées en constellations et dont les habitants vivent dans une totale promiscuité. Les monades sont elles-mêmes compartimentées en villes regroupant chacune quelques étages, les villes des étages supérieurs rassemblant les hauts administrateurs, les villes des étages les plus bas étant celles des « paupos, » les prolétaires, les classes inférieures. Dans ces monades, où ne règne qu’une seule devise : « croissez et multipliez, » la propriété n’existe plus et des notions telles que la jalousie, les frustrations ou l’égoïsme ont disparu. La liberté sexuelle y est absolument totale et va jusqu’à constituer une valeur sociale : si le mariage existe toujours, il n’implique aucune fidélité sexuelle dans le strict cadre conjugal, bien au contraire, la société toute entière repose sur l’échangisme des partenaires au point que se refuser sexuellement à une autre personne est un grave crime asocial. Quittant rarement leur étage, ne s’aventurant jamais hors de leur monade, les terriens de ce 24ème siècle sont convaincus de vivre un âge d’or de la civilisation dépourvue des inquiétudes du 20ème siècle liées au risque de la surpopulation et à l’anarchie du monde horizontal et non planifié.

Le monde présenté dans ces sept nouvelles pourrait sembler idyllique voire idéal pour nombre de nos progressistes d’aujourd’hui : les nations sont effacées, les communautés dissoutes, la famille n’y est plus qu’une coquille vide et la liberté sexuelle est parvenue à son paroxysme (et y est même imposée.) La société est entièrement planifiée par les administrateurs qui s’assurent que le parfait équilibre de la monade soit maintenu, que ses habitants ne manquent de rien et que la croissance de la population soit maintenue. L’Homme des monades urbaines est bel et bien un « homme nouveau. »

Pourtant, plus l’on progresse dans le roman, plus le monde parfait semble cacher un enfer. Les déviants, ceux qui se révoltent contre cet ordre planifié et cette absence totale d’intimité, sont des « anomos » : ils éprouvent des émotions interdites telles que la jalousie, le sentiment d’attachement ou encore l’envie d’entrer en contact avec le monde extérieur, le monde naturel que les habitants des monades ne peuvent contempler qu’à travers les fenêtres de leurs appartements. Les anomos sont soignés ou, selon la gravité de leur anormalité, exécutés par la chute : ils sont jetés du haut du toit de la monade.

Robert Silverberg fait partie de ces auteurs à mettre dans la mouvance d’Orwell ou d’Huxley. Il s’interroge dans ce livre sur les risques totalitaires que présente la société urbaine libertaire et déracinée. A une époque où l’inquiétude dominante était celle de l’augmentation de la population mondiale, l’auteur essaie d’imaginer un monde où, pour survivre, l’Humanité pousse à l’extrême l’urbanisation de la société en s’enfermant dans d’immenses tours babéliennes. Il tente ainsi de démontrer combien une société prétendument parfaite peut au final incarner l’horreur du totalitarisme, combien le libéralisme sexuel, présenté pourtant comme un progrès par tous les tenants de la pensée unique progressiste d’aujourd’hui, peut être un facteur d’asservissement de l’homme dépourvu des sentiments de fidélité, d’attachement, de choix. Enfin, l’auteur pose la question essentielle : lorsque l’homme sera devenu totalement urbain, aura déserté les campagnes et se sera coupé du réel pour s’enfermer dans l’artificiel, sera-t-il toujours un être humain libre ?

Aujourd’hui, alors que nos villes bétonnées produisent des phénomènes sociaux inquiétants voire alarmants, que nos cités produisent du cosmopolitisme et du déracinement, coupant les Français de leurs racines et diluant progressivement leur identité, ces questionnements que nous offre Silverberg sont à méditer… et constituent une base de réflexion pour la contre-révolution qui vient.

Doumenge Mistral

“Ces rois qui ont tout changé”

Lundi 28 mai 2007

Historia n’est pas une revue royaliste. Cependant, le lecteur objectif sera toujours comblé par la qualité des dossiers qu’elle propose et la diversité des historiens qui y apportent leur contribution.

Dans le magnifique dossier du numéro 107 d’Historia Thématique de mai-juin 2007, intitulé « Ces rois qui ont tout changé, » pas moins de 12 portraits de rois de France sont brossés par des historiens de renom parmi lesquels Jean-Christian Petitfils ou notre amie Anne Bernet, ainsi que les réformes qu’ils menèrent de leur temps, au niveau de l’Etat, de l’école, des arts, de la diplomatie…

Un magnifique dossier qui ne manquera pas de nous rappeler combien la France doit tout à la monarchie.

Nous ne résistons pas au plaisir de publier l’éditorial de cette revue : certes, ce n’est pas de la propagande monarchiste mais cela n’en demeure pas moins fort éloigné des sentiers battus de l’historiquement correct.

C’est à croire que nous devons tout à la République. Auparavant, la France vivait sous l’Ancien Régime, autant dire un système archaïque et inégalitaire, dominé par un monarque plus intéressé à sa propre gloire qu’à la prospérité de ses sujets, lesquels soutenaient par leur labeur deux classes oisives, la noblesse et le clergé. S’il est vrai que la Révolution a provoqué une rupture de régime, la plupart des institutions qui structurent la société aujourd’hui viennent d’un passé parfois très lointain. A tout seigneur tout honneur, c’est Hugues Capet, le fondateur de la dynastie, qui, le premier, a jeté les bases de la principale institution: le gouvernement de l’Etat. Au fil du temps, ses successeurs se sont efforcés d’apporter leur pierre à l’édifice. Et avec trente-cinq rois sur une période de neuf siècles, celui-ci tient debout. En retrouvant ces contributions successives, Historia a formé un gouvernement idéal (présenté selon l’ordre protocolaire de la République), une dream team à faire rêver n’importe quel chef d’Etat…

L’exercice – ludique – consiste à attribuer chaque ministère au monarque le plus emblématique. Pour certains, le choix s’impose: on ne saurait nommer Saint Louis ailleurs qu’à la Justice, lui qui a gagné l’amour de ses sujets par son sens de l’équité. En revanche, il ne nous a pas paru souhaitable de confier les Finances à Philippe le Bel, le champion des manipulations monétaires un peu douteuses ; il exerce mieux son talent dans le rôle d’arbitre, à l’instar du locataire de Matignon. François Ier excelle au ministère de la Culture et de la Communication, tant son oeuvre de mécène et son sens de la représentation – camp du Drap d’or pour séduire Henri VIII, grande entrée à Paris pour éblouir Charles Quint – impressionnent les contemporains. Inutile de présenter Henri IV, sa poule au pot et son ministre Sully: l’Agriculture devait lui échoir. Son petit-fils, Louis XIV, premier flic de France ? Un anachronisme, certes, mais on ne peut dénier au Grand Roi d’avoir mis de l’ordre dans le pays et uniformisé une administration qui manquait de cohérence.

Pour certains, le « poste » est plus surprenant. Louis VI le Gros, par exemple, s’avère un adepte de la culture biologique avant l’heure, et ne serait pas désavoué par Nicolas Hulot. On n’attend pas Philippe II Auguste, le vainqueur de Bouvines, dans le rôle d’un protecteur de l’école ; pourtant, en voulant faire de sa capitale une ville qui puisse rivaliser en prestige avec Bologne, Oxford ou Cambridge, il favorise le développement de l’université. On ignore aussi que Charles VII, le monarque indécis qui n’a jamais livré bataille, met sur pied une armée permanente dont l’efficacité lui permettra de reconquérir son royaume. Et Louis VII, le pauvre Louis VII passé à la postérité pour la perte de son épouse (Aliénor) et celle d’un prestigieux duché (l’Aquitaine), il a tout de même réussi à faire fructifier ce qui lui restait de territoire en développant le commerce et l’artisanat; le père de la petite entreprise, en somme. D’autres, et non des moindres, tels Charles V, Louis XI, Louis XV, ont également imprimé leur marque dans la constitution de la nation. Oui, la République doit énormément aux têtes couronnées. Forcément. Sinon, ce serait le paradoxe : pas de pères, rien que des fils !

Historia

Insurrection n°63 - Aux oubliés de l’Histoire de France

Vendredi 11 mai 2007

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Hotel Stella : Un singe enivré

Mardi 8 mai 2007

Nous avons le plaisir de faire la réclame d’un groupe ami : Hotel Stella dont voici le premier album. Se réclamant d’un « punk-rock hussard » (ou « Hussard-Core »), Hôtel Stella se place sous le patronage des Blondin, Nimier ou Laurent. Avant la sortie de ce disque, le groupe s’est déjà forgé une solide réputation à travers plusieurs concerts dont l’un avait eu lieu au château de Lignières pendant le camp de l’Action française.

1. La Ligue Noire
2. Absinthe
3. Fier de ta vie
4. Orage métallique
5. Paris

Les Rita Mitsouko…corrosifs!

Mardi 1 mai 2007

“Quand on va voir des westerns avec son père en douce, comme si c’était un crime, on a vite un peu de mal avec le communisme. Sinon, mon père fréquentait les situationnistes, j’ai lu Marx, Aron, etc. Autant dire que j’ai appris le nihilisme et cette culture de se construire dans la haine de ce que l’on est. Tout ce qui n’était pas blanc était formidable, tout ce qui était blanc était mal. J’ai été élevé là-dedans. Il fallait admirer les Black Panthers. Toute la musique que j’aimais était honnie, jugée décadente, impérialiste. La seule musique admise, c’était Le Chant des partisans. Il fallait toujours que je défende mes goûts, que je me batte pour eux.”

“De toute façon, en France, il y a qui ? Philippe Katerine, Rachid Taha, et puis Etienne Daho. Ils font ce qu’ils disent et ce qu’ils veulent. Ils ont tout mon respect. Mais Manu Chao, non, par exemple. Ce n’est pas un musicien. C’est un politique. Comme Renaud. Ils prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique, c’est un paillasson sur lequel ils s’essuient les pieds. Derrière, je n’entends qu’une bande de suiveurs qui se préoccupent de préserver leur pré carré. La musique, c’est un vrai travail et c’est dur. Mais en France, on ne travaille pas, on se contente d’un tout petit niveau musical. Je trouve terrible qu’on accorde moins de crédit à Daho qu’à des types comme Doc Gynéco ou JoeyStarr.”

“Ah, oui, bien sûr, quelle créativité ! « Ah si j’étais riche, lalalalalala. » Le discours d’un Gynéco peut se résumer ainsi : « Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux.

Source: Télérama

Maintenant, on en arrive à du rap islamique, antifrançais, raciste…Aujourd’hui, quand je discute avec des rappeurs et que je prononce le mot travail, ils partent en courant. Au bout d’une heure d’enregistrement, ils sont fatigués, en plus ils passent le plus clair de leur temps au téléphone. Ils sont là pour la thune, point barre. C’est hallucinant. Je préfère travailler avec des types de 18/20 ans qui font du rock, au moins on a des choses à se dire, pour eux la musique est une passion » (…) « Dans la musique électronique, l’astuce du sample, c’est rigolo mais ça ne passe plus. Mais j’ai adoré William Orbit, Chemical Brothers, Prodigy. Quant au slam, j’ai l’impression de retourner en classe de CM2. Pour moi, c’est pas de la chanson mais de la récitation.”

Source: VSD

Le Maréchal Lyautey

Samedi 7 avril 2007

Alors qu’il était en poste dans l’est algérien Lyautey fut chargé en mars 1907 d’occuper Oujda, en représailles de l’assassinat à Casablanca du docteur Mauchamps ; il réprima ensuite le soulèvement des Beni-Snassen en novembre 1907 et fut nommé haut-commissaire du gouvernement pour la zone marocaine occupée dans la région d’Oujda.

La convention de Fès de mars 1912 établit le protectorat français sur le Maroc, dont Lyautey fut le premier commissaire-résident général. Il entreprit la « pacification » du Maroc, malgré le début de la Première Guerre mondiale. Grand bâtisseur, Lyautey laissera une trace profonde : l’urbanisme marocain. Attaché à la culture locale, il édicta plusieurs lois visant notamment à protéger les centres anciens des grandes villes ou à établir des règles strictes laissant aux indigènes des espaces de liberté comme l’interdiction pour le non-musulmans de pénétrer dans les mosquées.

La signature du traité de Fès instaure l’installation d’un protectorat français au Maroc. Le sultan Moulay Hafiz s’engage à ne conclure aucune alliance avec un autre pays que la France et à ne contracter aucun emprunt auprès d’une autre puissance. De son côté la France promet de respecter le sultan et la religion musulmane. Le Protectorat offre un double visage, incarné d’une part par le Gouverneur-général et de l’autre par le Maghzen, (administration indigène) coiffé par le Sultan. Cette architecture politique vise à ce que les Marocains”redeviennent les acteurs de leur propre histoire” (1). “Grand lord colonial de la Troisième République”, Lyautey est en rupture avec le milieu colonial métropolitain, et fort du savoir-faire des officiers d’élite héritiers des “bureaux arabes” d’Algérie, il sut comprendre la dimension patriotique du soulèvement d’août 1912, et en tirer toutes les conséquences politiques qui donnent à son Protectorat un aspect particulièrement novateur : préférer la collaboration à l’administration directe, restaurer l’autorité du Makhzen central, circonvenir les élites urbaines en instaurant des espaces de délibération et en se posant en recours contre la colère des tribus, maintenir des seigneurs de guerre mais protéger leurs droits par une législation conservatoire de leurs biens qui sut, sans totalement enrayer la dépossession foncière, soustraire leurs terres aux appétits des colons. C’est l’une des composantes de son charisme que d’avoir su convertir son entourage à cette “politique des égards” respectueuse de l’Islam sans équivalent dans le reste de l’empire colonial français. Tous les efforts de ce royaliste visent à faire du Sultan, alors purement décoratif un “malik”, un roi, souverain d’un peuple devenu nation, selon un motif capétien . Le Protectorat, ce fut d’abord “une expérience de transplantation étatique” (2). Si le Protectorat prit progressivement une forme « pré-technocratique » et échouera, jusqu’à la fin, à constituer un encadrement marocain, et demeurera toujours “le Makhzen des Français”, il n’en reste pas moins qu’il constituera la matrice fonctionnelle de l’État marocain jusqu’au début des années 1980.

Les médecins, les travailleurs sociaux, les officiers, les enseignants, les religieux ou les intellectuels, formés à l’école de Lyaytey considèreront que le Protectorat se transcende dans la coopération, qui en est non pas la négation, mais l’aboutissement.

Le sultan Mohammed V rentrera au Maroc le 16 novembre et l’indépendance sera prématuremment proclamée le 2 mars 1956 après que le président du Conseil Edgar Faure, l’eut reconnu comme sultan du Maroc. Le gouvernement français renonce ainsi au protectorat qu’elle avait instauré dans le pays depuis 1912, . Sous la pression populaire, l’Espagne renoncera à son tour à son protectorat le 7 avril. Après 44 ans de tutelle étrangère, le Maroc retrouve son autonomie. En août 1957, le sultan Mohammed V se proclamera roi d’un Maroc amputé des enclaves espagnoles et ne comprenant pas les territoires que les indépendantistes, au nom de l’histoire, estimaient marocains : tout le Sahara jusqu’au Niger et au Sénégal, autrement dit, la région de Tindouf, qui faisait partie de l’Algérie française, le nord de l’actuel Mali, la Mauritanie et le Sahara-Espagnol. Le roi n’y renonçait pas définitivement mais estimait que l’indépendance immédiate était préférable. L’Istiqlal créa, dans le Sud, une armée de libération marocaine comprenant des Mauritaniens et des Sahraouis, membres de tribus nomadisant à travers ces territoires et partisans d’un «grand Maroc».Cette armée irrégulière envahit le nord de la Mauritanie à l’indépendance de celle-ci, en 1960, et certains de ses membres forcèrent, en janvier 1969, les Espagnols à évacuer Ifni.

Mais cette armée devenait incontrôlable et fut dissoute par le roi, ce qui suscita un vif mécontentement parmi ses membres sahraouis dont le territoire était toujours occupé par l’Espagne : ils devinrent les premiers cadres du Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro. Le Front Polisario mena désormais la lutte pour l’indépendance hors de l’État marocain, jusqu’à abriter des éléments proches de la mouvance Ben Laden.

1 Lyautey et l’institution du protectorat français au Maroc (1912-1925), Daniel Rivet Vol., L’Harmattan

2 Lyautey, Juin, Mohammed V, tome 1. Fin d’un protectorat de Guy Delanoë, l’Harmattan

Haine antichrétienne: pires que les caricatures de mahomet, les photos espagnoles!

Jeudi 5 avril 2007


Dix photographies blasphématoires, plus répugnantes les unes que les autres, ont été publiées en Espagne sous le prétexte fallacieux et tramé jusqu’à la corde de la liberté d’expression qu’utilisent toujours les pornographes et les marchands d’étrons qui se proclament abusivement “artistes”. Dans une des photos, “Marie” masturbe “Jésus” en une Piéta diabolique, dans une autre la “Vierge” berce un porcelet, en compagnie d’une invertie qui la pelotte, dans un autre cliché, la sainte Eucharistie est profanée.
Cette nouvelle provocation est manifestement un rebondissement des opérations de déstabilisations initiées avec les caricatures de Mahomet. Nous avions alors fait connaître notre clair rejet du scandale sous couvert de cette funeste et fausse liberté d’expression, sans limite assignable.
Si nous n’avons jamais hésité dans nos publications comme dans nos réunions publiques, nos cercles de formation et nos échanges à parler avec la plus grande liberté intellectuelle de l’islam, à la fois comme civilisation et comme religion, si nous avons toujours souligné les tensions politiques qui le traverse comme les impasses théologiques qui l’affectent, nous ne revendiquions pas en faveur de la licence verbale et picturale d’une presse soudainement très “libérale” et “indépendante” lorsqu’il s’agit de railler ce qui est le plus saint pour un milliard d’hommes. Si certains, au risque de la sécurité des chrétiens d’Orient, ont cru bon de soutenir le nihilisme terminal qu’exprimait un journal de l’oligarchie mondialisée d’un petit état scandinave en quasi-dhimmitude démographique, nous avons cru bon d’exprimer la plus grande réserve quant à la réthorique voltairienne qui prévalait alors de Charlie-Hebdo au Figaro de Riouffol, en passant par les supports “identitaires”. Le scandale présent nous donne raison.
On ne peut souhaiter à autrui un autre régime que celui qu’on souhaite se voir appliquer…
C’est pourquoi nous pouvons dire : le scandale est immense. Nous demandons le retrait immédiat de ces images, des excuses publiques des (ir)responsables de la réalisation, de la publication et de la diffusion de ces images blasphématoires, ainsi que la condammantion la plus ferme de ces immondices par les autorités culturelles du Royaume des Espagnes.

L’Action Française étudiante.

Pour faire connaître vos exigences:
Ambassade d’Espagne
22 av Marceau 75008 PARIS
office culturel : 01 44 43 18 47