Archive pour la catégorie 'Social'

Faites des pochoirs![9] même combat

Samedi 10 mai 2008

La vraie politique familiale est contre-révolutionnaire

Mercredi 7 mai 2008

Ce vendredi 25 avril, Nicolas Sarkozy semble avoir sifflé la fin de la récré pour son gouvernement de jeunes amateurs. Les ministres ont en effet, entre autres étourderies, joué ces derniers jours effrontément avec les nerfs des pères et mères de famille. L’autre semaine était annoncée la suppression de la carte de réduction SNCF pour famille nombreuse : l’Élysée démentait deux jours après. Le 16 avril le porte-parole du gouvernement disait que rien n’était prévu au sujet du rythme du versement des allocations familiales : une demi heure plus tard le décret était publié. Maintenant donc, les familles savent à quelle sauce elles seront mangées.

L’État voleur

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Voilà déjà des années que les gouvernements volent aux familles françaises de quoi renflouer les caisses de l’État. Cette fois, il s’agit d’amputer sans vergogne le pouvoir d’achat des ménages avec deux enfants et plus. Dès aujourd’hui 1er mai la majoration des allocations familiales de 33,84 euros par mois versée jusqu’à présent pour le 11e anniversaire du deuxième enfant est remplacée par la majoration de 60,16 euros qui, de seize ans descend à quatorze. Le manque à gagner par an entre onze et quatorze ans (406,08 euros) est loin d’être compensé par le gain nouveau de quatorze à seize ans (315,84 euros par an). L’amputation de ces sommes qui déjà n’étaient qu’une aumône et dont le premier enfant reste privé aura tout simplement pour effet de pousser plus de mères de famille à aller travailler hors de chez elles au lieu d’élever elles-mêmes leurs enfants. On dissuade ainsi toujours plus les couples d’avoir plus d’un ou deux enfants, étant bien entendu que dans la mentalité actuelle,
de nombreux enfants sont considérés comme signe extérieur de richesse et que la femme qui les élève est considérée comme une gourde qui, dans l’alcôve, n’a pas su “se prémunir” et qui est incapable de “s’épanouir” en allant “au boulot”… Une fois de plus, comme avec la mise sous conditions de ressources des allocations familiales, la politique familiale se révèle un beau mensonge. Il ne s’agit plus d’aligner le niveau de vie de ceux qui dépensent pour le renouvellement des générations avec ceux qui ne dépensent rien, mais d’égaliser les conditions de vie de tous les Français, tandis que ce monstre tentaculaire qu’est l’État toujours assoiffé d’argent pour s’occuper de mille choses qui ne le regardent pas est trop content de pouvoir, comme le Cronos de la mythologie, dévorer ses propres enfants. Car ce n’est évidemment pas en agissant ainsi que l’on redonnera du souffle à la démographie française. Pas étonnant qu’après tant d’années d’égoïsme hédoniste et malthusien, on en arrive à ne plus pouvoir payer les retraites des “seniors” (comme on dit). Le poids des vieux, le choc des désillusions… L’économiste Michel Godet, dans Le Figaro du 14 avril tirait la sonnette d’alarme, montrant que les familles sont de moins en moins nombreuses et que celles qui s’obstinent à l’être souffrent d’un niveau de vie de 30 à 40 % inférieur à celui des couples sans enfant à charge. Et de montrer les injustices flagrantes que la situation entraîne : une femme d’ouvrier qui a cessé de travailler pour s’occuper de ses quatre enfants verra sa retraite largement amputée. Pour remède, Michel Godet préconise que l’on compte pour la retraite les années des femmes (ou hommes) restées au foyer à partir de leur troisième enfant, car c’est bel et bien un métier que de s’occuper de ses propres enfants autant, sinon plus, que des enfants des autres dans des crèches qui coûtent à la collectivité 1 200 euros par mois et par enfant.
En outre, ces mères au foyer rendent à la société un immense service en empêchant que leurs enfants se retrouvent après l’école seuls dans la rue ou devant la télé, et s’initient dès l’âge tendre à toutes les délinquances, comme le montre Aristide Leucate ci contre. Michel Godet compare ce que coûtent à l’État les enfants élevés par leur famille avec les 15 000 euros par an et par enfant placé dans une famille d’accueil ou les 180 000 euros par an et par enfant placé dans un centre éducatif. Il est effarant de laisser s’éterniser un tel scandale.

Haro sur les familles nombreuses

Sans compter que les familles sont bénéfiques même pour l’économie du pays en augmentant le nombre de consommateurs (de chaussures d’enfant, par exemple). Le drame est, toutefois, que nos hommes politiques ne savent plus parler de la famille qu’en termes d’assistance. Alors on se donne bonne conscience en accordant des aides (aux crèches, au logement, aux transports…) qui n’améliorent guère le sort des ménages. La politique familiale est réduite à une politique sociale : on n’aide pas la famille en tant que telle, pour les services qu’elle rend à la société, mais les individus qui la composent… ou la décomposent et la recomposent… Et l’on s’en tient à la justice distributive, donc à des aumônes versées en fonction des situations économiques changeantes ou des idéologies du moment.

L’idéologie suicidaire

Or, on oublie que la famille mérite un tout autre sort : elle est l’élément fondamental de la nation, celui hors lequel nul n’a jamais indiqué un moyen de prolonger les générations. Lui assurer les moyens de croître et se multiplier est plus qu’un devoir, c’est reconnaître son rôle social, c’est vital pour un État qui veut se pérenniser. Il est triste de devoir rappeler sans cesse de telles évidences… Alors, qu’est-ce qui empêche nos gouvernants d’oser une vraie politique de la famille, de laisser les femmes avoir autant d’enfants qu’elles le souhaitent, de laisser les jeunes Français puiser dans le foyer leurs repères, au lieu d’errer comme des âmes en peine, rescapés de la loi Veil, écrasés sous le poids des soixante-huitards qui ont appris à leurs parents à n’être souvent que des consommateurs, des jouisseurs et… des contribuables ? Le mal, osons le dire, est dans la philosophie même du régime républicain. Il est urgent de la remettre en cause et de montrer l’ignominie des principes de 1789 qui envisagent l’Homme comme un absolu arraché à tout enracinement, broyé sous le joug de la “volonté générale” qui prétend créer les légitimités, séparé de ce qu’il y a de plus loin et de plus haut que lui-même. C’est au nom de cette idéologie que tous les pères de famille ont eu la tête coupée en même temps que Louis XVI, comme l’a écrit Balzac. Tant que séviront les Droits de l’Homme, la société reposera sur l’individu comme, disait Maurras, « une pyramide sur sa pointe » – ce que risque de devenir notre pyramide des âges… Renversez ce régime de mort et vous verrez les pères de famille heureux de redevenir, à l’image du Roi incarnant la continuité française, ce qu’ils doivent être selon Péguy, les grands « aventuriers des temps modernes ».

MICHEL FROMENTOUX
in l’AF2000 n°2747

Syndicats et patrons contre les Français

Mardi 6 mai 2008

Est-il temps de dire merci à Nicolas Sarkozy, malgré lui ? Lui dire, en effet, merci, pour montrer à quel point la démocratie est un régime illusoire, que la course à l’élection n’est qu’une affaire de mensonges dont l’objectif n’est souvent que d’énoncer un discours aux électeurs pour leur faire croire que l’on va réaliser leur souhait, et ainsi élu, faire exactement l’inverse de ce qui a été promis… Dernière preuve en date, la parodie de lutte contre le travail clandestin et la fraude à la législation sociale qui fait que plusieurs centaines – du moins pour l’instant, en attendant plus – de clandestins travaillant pour l’hôtellerie-restauration vont être régularisés à la suite d’un mouvement de grève soutenu par le CGT. Oh certes, ce sera au cas par cas… Comme l’indique hypocritement Brice Hortefeux. Bien loin des rodomontades de la campagne présidentielle où l’on avait vu un Nicolas Sarkozy se revêtir d’un manteau national, notamment contre l’immigration clandestine. Mais le plus important est, qu’avec le soutien militant des syndicats supplétifs, le patronat “négrier” de la restauration, de l’hôtellerie et du bâtiment a lui-même organisé une campagne pour obtenir la régularisation de ces travailleurs clandestins. Comme l’indique, en effet, Ivan Roufiol : « À cette occasion se dévoile le consensus qui existe entre l’extrême gauche et le monde patronal sur la question de l’immigration. Nombreux sont en effet les employeurs qui soutiennent, pour des raisons économiques, ces demandes de régularisations, tout en admettant avoir été abusés par de fausses cartes d’identité qu’une loi de 2007 leur fait obligation de vérifier. Sur RTL, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, André Daguin, a estimé à 50 000 les régularisations nécessaires dans les cafés-restaurants et 100 000 au total en France. Comment un État peut-il tolérer de voir ses règles ouvertement violées ? Comment un parlement peut-il accepter de voir ses textes remis en question ? Comment l’opinion peut-elle comprendre que des emplois, généralement peu qualifiés, soient donnés à des clandestins alors qu’il existe près de trois millions de chômeurs et que les jeunes s’angoissent pour leur avenir ? » Il est important d’affirmer que les patrons-voyous qui embauchent illégalement des clandestins doivent être sévèrement sanctionnés : ils embauchent, non pas parce qu’ils ne trouvent pas de travailleurs français, mais parce qu’ils, veulent une main d’oeuvre taillable et corvéable et peser sur les salaires. Ensuite, ce sont ces mêmes patrons – soutiens de Laurence Parisot contre l’UIMM, soit dit en passant – qui reconnaissent prendre des clandestins car personne ne veut accepter les salaires qu’ils proposent. Et ces dirigeants d’entreprises ne se sont jamais souciés de revaloriser “l’image” de leurs métiers. Ce qui aurait permis d’avoir une main-d’oeuvre disponible, sans aller la chercher à l’étranger. Alors, à quoi servent donc nos prestigieuses écoles hôtelières ? À moins que là encore la formation professionnelle ne soit qu’un vaste scandale, notamment financier. De plus, l’actuelle législation sociale égalitariste et bureaucratique ne peut que favoriser les clandestins qui rattrapent leur faible salaire par des allocations de toutes sortes.

Une mesure criminelle

De même, au nom de présupposés idéologiques mondialistes, personne ne cherche à nier les fraudes et le commerce des fauxpapiers, mais une intersyndicale des contrôleurs et inspecteurs du travail (CGT-SNU-Sud-CFDTUnsa) vient de demander, le 22 avril dernier, l’ouverture immédiate d’une négociation pour la légalisation du statut des clandestins. Ainsi, ceux chargés de faire appliquer la législation veulent officialiser un délit… Mais peut-on décemment les considérer comme seuls responsables de cette situation ? Que dire d’un gouvernement qui veut mettre en place l’immigration choisie ? Dans les colonnes de L’AF 2000, nous avions déjà dénoncé le crime que constituait une telle mesure. Décidément, nous ne pouvons pas avoir confiance en ce régime.

ARNAUD NAUDIN
in l’AF2000 n°2747

Vu sur le net… à propos de la faim prochaine

Vendredi 18 avril 2008

“Il faut vivre d’une manière différente, acheter d’une manière différente… C’est pourquoi le film s’intitule ” We feed the world” et non ” They feed the world “. Les Brabeck, les Pioneer et tous les autres, peu importent leurs noms, partagent la responsabilité de ce qui arrive actuellement. ” Nous “, comme le dit Jean Ziegler, sommes la société civile. Nous sommes consommateurs, nous allons dans les supermarchés, nous devons manger pour vivre, chacun de nous doit faire ses courses et peut les faire où il le préfère : tel est notre pouvoir ! Nous n’avons pas besoin d’avoir des tomates ni des fraises à Noël. Nous n’avons pas besoin qu’on leur fasse parcourir 3,000 kilomètres jusqu’à nous. Nous n’avons pas besoin que nos animaux d’élevage mangent les forêts primitives humides du Brésil et de l’Amérique du Sud. Et si ce n’est pas nous qui agissons, qui agira à notre place ?” “Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficulté. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné.” Jean Ziegler Rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler fait figure d’ovni au sein de cette très respectable institution. Depuis trente ans, cet éternel révolté ne cesse de dénoncer l’injustice du système libéral et le cynisme des maîtres du capital qui font crever de faim une partie du monde pour nourrir l’autre. A travers ses nombreux ouvrages, cet intellectuel hors norme s’est archané à démontrer que les méfaits du système capitaliste mondialisé ne sont pas les conséquences inéluctables de la ’main invisible’ qui guide les aléas du marché, mais bien l’oeuvre du cynisme de ces “nouveaux féodaux”…

Vu sur le net

Mardi 15 janvier 2008

Comme en 1929 !

Mardi 18 décembre 2007


Dans une interview au Journal du Dimanche du 16 décembre intitulé « Nous risquons une crise de 1929 », Jacques Attali, éminence grise de François Mitterrand et désormais de Nicolas Sarkozy, qui lui a confié la présidence de la “Commission pour la croissance”, “pronostique” une crise la finance mondiale.

« Aujourd’hui, dit il, le grand mouvement, c’est le déclin relatif des Etats-Unis ». Et bien que « son remplacement par un autre cœur, indien ou chinois, n’est pas pour demain », les « Etats-Unis » dit-il, à juste titre, « font la démonstration d’un extraordinaire aveuglement devant leurs problèmes. La campagne électorale qui commence ne donne pas le sentiment qu’ils veulent réagir. Ils vont donc au devant d’une récession très profonde qui n’épargnera pas l’Europe ».

“Nous sommes au bord d’une récession », « crise de subprimes » - les crédits hypothécaires accordés à des ménages américains insolvables - a « détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c’est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l’explosion de la bulle Internet. » « Les subprimes sont révélateurs des excès des marchés financiers, qui ont crée des montages diaboliques afin de mutualiser leurs risques au détriment des plus pauvres ».
« Attali souligne que cette crise n’est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont re-prêté leurs prêts à n’importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher. C’était à la mode. Devant la révélation de la folie que cela représente, on est passé, en une semaine, de l’euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D’ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : « Nous sommes en 1928 ». (Journal du Dimanche)

Travailler plus, pour gagner plus et consommer plus ?

Lundi 17 décembre 2007

Alors que le 11 décembre dernier, un rapport du Conseil économique et social (CES) recommande de ne pas accorder de dérogation supplémentaire à l’ouverture des magasins le dimanche, le Sénat, adopte, dans la nuit du 13 au 14 décembre un amendement qui autorise les “établissements de commerce de détail d’ameublement” à ouvrir le dimanche.
Voici un éclairage sur la question du repos, dominical en particulier pour se faire un avis sur la remise en cause des jours fériés et la fermeture traditionelle des commerces le dimanche.
“C’est de là que découle la nécessité du repos et de la cessation du travail aux jours du Seigneur. Le repos d’ailleurs ne doit pas être entendu comme une plus large part faite à une stérile oisiveté, ou encore moins, suivant le désir d’un grand nombre, comme un chômage fauteur des vices et dissipateur des salaires, mais bien comme un repos sanctifié par la religion. Ainsi allié avec la religion, le repos retire l’homme des labeurs et des soucis de la vie quotidienne. Il l’élève aux grandes pensées du ciel et l’invite à rendre à son Dieu le tribut d’adoration qu’il lui doit. Tel est surtout le caractère et la raison de ce repos du septième jour dont Dieu avait fait même déjà dans l’Ancien Testament un des principaux articles de la loi : “Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat” (36), et dont il avait lui-même donné l’exemple par ce mystérieux repos pris aussitôt après qu’il eût créé l’homme: “Il se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait” (Rerum Novarum, Léon XIII)

Henri Lagrange et le Cercle Proudhon

Vendredi 23 novembre 2007

L’histoire des mouvements politiques est propice à l’apparition de mythes.

Dans le cas de l’Action française, les noms d’Henri Lagrange et du Cercle Proudhon sont plus souvent prononcés que réellement connus. Un siècle de distance ne conduit pas forcément à la clarté. Si le courage et le degré d’engagement d’un Henri Lagrange peuvent et doivent servir de modèles aux camelots du roi d’aujourd’hui, on ne saurait aller chercher de réponse toute faite concernant l’immense question sociale dans les travaux du Cercle Proudhon. Les syndicalistes révolutionnaires du 21e siècle sont bien trop bercés d’humanitarisme ou pénétré de marxisme-léninisme pour envisager sérieusement une réflexion commune avec les monarchistes sur les conditions nécessaires à l’émergence d’un nouvel ordre social français.

     Il reste que des combats syndicaux contre l’Europe supranationale et contre les exigences de standardisation du nouvel ordre mondial peuvent et doivent être menés avec des forces de droite comme de gauche dans le cadre du compromis nationaliste. Qu’elles concernent la défense de l’emploi de la langue française, le respect des jours fériés ou la déréglementation communautaire des conditions de travail, les royalistes entendent bien être au cœur de ces luttes d’aujourd’hui.

I/ Henri Lagrange (1893-1915)

     Henri Lagrange est né le 21 novembre 1893 à Paris dans une famille originaire de Noyon, dans le Valois. En 1909, il rejoint les rangs des étudiants d’Action française. Le 12 novembre, il est arrêté lors d’une bagarre à la sortie de la salle des Sociétés savantes. Il n’a pas seize ans. En décembre de la même année, il participe cette fois aux manifestations quotidiennes dirigées contre le doyen de la faculté de droit de Paris, Charles Lyon-Caen. Le dimanche 23 juin 1911, il est arrêté à Rouen pour avoir conspué le président Armand Fallières lors des commémorations du millénaire du traité de Saint-Clair-sur-Epte. Condamné à six mois de prison, une pétition d’intellectuels et d’artistes exige sa libération. Il ne sera finalement libéré que le 8 novembre suivant.

En décembre 1911, Henri Lagrange cofonde le Cercle Proudhon dont il sera l’un des principaux animateurs et l’un des collaborateurs réguliers des Cahiers. Henri Lagrange enchaîne également des conférences devant les étudiants d’AF, dans leurs locaux du 33, rue Saint-André-des-Arts qu’ils devaient occuper jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il prend une part active à la campagne pour la loi des trois ans de service militaire en 1913, et succède à Pierre de Pimodan au poste de secrétaire général de la Fédération des étudiants d’Action française, conseillant à ses troupes d’avoir toujours « dans la main une bonne canne, dans la poche un bon livre ». « Sa figure n’était ni belle, ni gracieuse, elle ne respirait que l’énergie », dira de lui Louis Dimier. 

     Véritable prince de la jeunesse du Quartier Latin, « armé d’une violence sacrée » dixit Barrès, Lagrange est ramené à la Foi par Dom Besse, moine bénédictin de Ligugé, ce prêtre monarchiste qui marquera également profondément Georges Bernanos. Au début de 1914, la fougue de Lagrange l’amène à se brouiller quelque peu avec les dirigeants de l’Action française. Cette brouille ne survivra heureusement pas au déclenchement du premier conflit mondial.

     Lagrange, malgré son jeune âge, a multiplié les collaborations à des journaux et des revues royalistes. Dès 1910 il apporte son concours à la Revue critique des idées et des livres, de Jean Rivain, Pierre Gilbert et Henri Clouard. Dès 1911 il fait de même à L’Action française de Charles Maurras, Jacques Bainville et Léon Daudet. En 1912 et 1913 il anime, avec Maxime Brienne (le compositeur des paroles de la “Royale”) et André Blot, le brûlot Leurs Figures, dans lequel il s’en prend violemment au personnel politique républicain (Poincaré, Briand et même Barrès). En 1913, trois de ses camarades royalistes, Pierre Dumoulin, André d’Harmenon et Alain Mellet  animent durant quelques mois une revue littéraire, Le Mail. Il y collaborera, tout comme Georges Bernanos qui y publie l’une de ses premières nouvelles.

Sur le plan littéraire, Lagrange se signale par des articles enthousiastes et fouillés consacrés à Gérard de Nerval, son compatriote valoisien, au romancier Hugues Rebell, compagnon de route - prématurément disparu en 1905 - de l’Action française et au Jean-Christophe de Romain Rolland.
En 1912 il réédite à la Nouvelle Librairie Nationale, un chapitre de Proudhon, Les Femmelins, consacré à la critique de la littérature et des figures romantiques.

     Deux livres qu’il envisageait d’écrire ne verront jamais le jour : un essai politique, La Ploutocratie internationale et un roman psychologique et politique, Vingt ans en 1914, qu’il avait commencé à rédiger sous le double patronage de Stendhal et de Barrès. On sait que l’équipe de la Revue critique, et notamment Henri Martineau, firent beaucoup pour la redécouverte de l’auteur de La Chartreuse de Parme. Lagrange n’avait pas échappé à cette influence, non plus qu’à celle du Barrès du Roman de l’énergie nationale.
 
Cahier du Cercle Proudhon     Henri Lagrange s’engage volontairement en 1914 et rejoint le front début 1915 après avoir reçu une instruction militaire à  Alençon. Adjudant au 103e régiment d’infanterie, il est grièvement blessé le 6 octobre 1915  à Auberive-sur-Suippe. Cité à l’ordre du régiment, il décède des suites de ses blessures le 30 octobre suivant à l’ambulance de Montereau. Il n’avait pas vingt-deux ans.
Maurras le saluera par ces mots : « Peu d’âmes auront su en aussi peu de temps, à cette vitesse, le fort, le faible, le fugace ou le durable des engouements, des liaisons courantes et des liens immortels. » Léon Daudet dans ses souvenirs, évoquera un « jeune homme d’une intelligence surprenante, en qui s’annonçait une carrière littéraire et philosophique de premier plan ». De son côté, Maurice Barrès l’évoque dans ses Familles spirituelles de la France : « Henri Lagrange avait donné corps, par la politique royaliste à tous ses rêves, à tout ce qu’il y a de plus insaisissable et de plus secret dans les mouvements d’une jeune âme. »

II/ Le Cercle Proudhon (1911-1914)

     Groupe de réflexion économique dont l’idée revient au jeune Henri Lagrange, le Cercle Proudhon est avant tout la jonction de deux écoles de pensée alors en plein essor, l’une se situant à l’extrême gauche, la seconde à droite : le marxisme révisionniste - ou syndicalisme révolutionnaire - de Georges Sorel, l’auteur des Réflexions sur la violence et des Illusions du progrès, et le néo-royalisme de Charles Maurras. Ce rapprochement est facilité par le fait que ces deux courants partagent un même objectif : abattre la démocratie bourgeoise et libérale.

     Tandis que certains royalistes, comme Firmin Baconnier et l’équipe de L’Accord social, se contentent de défendre un corporatisme somme toute assez conservateur, d’autres maurrassiens décident de s’engager plus en avant sur le terrain social et économique. Le 16 décembre 1911 a lieu la conférence inaugurale du Cercle Proudhon. Ses fondateurs sont deux syndicalistes révolutionnaires soréliens, Edouard Berth (qui signe Jean Darville) et Marius Riquier, cinq royalistes maurrassiens préoccupés par les questions sociales : Georges Valois, Henri Lagrange, Gilbert Maire (par ailleurs bergsonien), René de Marans, André Pascalon, et un  instituteur républicain fédéraliste, Albert Vincent, qui ne tarderait pas à devenir royaliste. Edouard Berth devait - pour un court temps - rallier l’Action française en 1914, se convertir l’année suivante, avant de rejoindre après-guerre le Parti communiste.

     Georges Bernanos se joindra au cercle. « Le cercle d’études sociales que nous avions fondé, écrit-il dans les Grands cimetières sous la lune, portait le nom de Cercle Proudhon, affichait le patronage scandaleux. Nous formions des vœux pour le syndicalisme naissant. Nous préférions courir les chances d’une révolution ouvrière que compromettre la monarchie avec une classe demeurée depuis un siècle parfaitement étrangère à la tradition des aïeux, au sens profond de notre histoire. »

Pierre-Joseph Proudhon     Les Cahiers du Cercle Proudhon (cinq numéros au total entre janvier 1912 et janvier 1914) étaient tirés à 660 exemplaires et comptaient 200 abonnés. Ils furent principalement consacrés à l’exaltation de l’œuvre de Proudhon et de celle de Sorel, les deux maîtres à penser qui avaient, selon Georges Valois « préparé la rencontre des deux traditions françaises qui se sont opposées au cours du XIXe siècle : le nationalisme et le socialisme authentique, non vicié par la démocratie, représenté par le syndicalisme ». Pour Henri Lagrange, «en étudiant, en analysant, en pénétrant aussi profondément la vie syndicale», Georges Sorel «a permis à des Français, qui se croyaient ennemis jurés, de s’unir pour travailler de concert à l’organisation du pays français». Quant à Proudhon, ces jeunes gens de 1913 voyaient en lui, non un anarchiste mais un homme d’ordre,  le prophète de « cet ordre social français » auxquels ils aspiraient à leur tour.
     L’historien Zeev Sternhell a voulu faire du cercle Proudhon un pré-fascisme, oubliant que si Sorel a bien été un des maîtres de Mussolini, Proudhon et Maurras sont allergiques à la toute puissance de l’Etat et à la mobilisation totale de l’économie et des hommes par ce dernier. De même, Proudhon et Maurras étaient, contrairement aux fascistes, étrangers à toute forme de romantisme.

III/ L’entrée dans la légende

     La première guerre mondiale et la révolution bolchevique de 1917 auront eu raison des espoirs du Cercle Proudhon. Néanmoins, cette aventure intellectuelle menée par certains membres de la première génération de camelots du roi n’a cessé de fasciner écrivains et générations militantes. La Jeune Droite maurrassienne de Thierry Maulnier, Jean-Pierre Maxence et Jean de Fabrègues s’y référera dans les années 1930. Dans Socialisme fasciste, Pierre Drieu la Rochelle confie : « Si je fus tenté par l’Action française, ce fut dans la mesure où elle se reliait par le Cercle Proudhon à l’élan de la révolution syndicale. » Après la Libération, dans le Grand d’Espagne, l’écrivain Roger Nimier lâche : « Les camelots du Roi, en 1910, étaient la première bande révolutionnaire d’Europe. », tandis que le romancier Jean-René Huguenin leurs rend hommage dans un article : « Certains soirs, les “camelots du roi” vont même rejoindre les jeunes gens d’extrême gauche, ceux sur qui, la veille encore, il mettaient leur point d’honneur, mais avec lesquels ils partagent au moins le dégoût de la République, de ses grands financiers et de ses petits bourgeois. » Si l’on pense comme l’historien Philippe Ariès que l’Action française a été la plus grande aventure intellectuelle française depuis Port-Royal, la formation d’un tel mythe n’est pas surprenante. Aux actuels continuateurs de cette geste d’en tirer les meilleures leçons et d’en faire bon usage.

Modern slavery is cool (en sarkoziste dans le texte)

Jeudi 11 octobre 2007

Le fait d’être adhérent à l’UMP va devenir un exercice de plus en plus difficile pour tous ceux qui disposent encore d’une certaine éthique en politique. Sauf à être un libéral apatride immoral, il n’y aura plus que les opportunistes ou les niais (tendance partisans de Christine Boutin) pour voir dans les propositions de l’UMP des projets d’avenir pour la France fondés sur le bien commun et l’avenir de notre pays.

A titre d’exemple, le numéro du Magazine de l’Union daté de septembre 2007 et intitulé « feu vert pour les réformes » (il est d’ailleurs intéressant qu’un parti au pouvoir depuis 2002 ait attendu septembre 2007 pour considérer qu’il était temps de réformer le pays…) traite, dans l’un des articles qui y figurent, de l’immigration, qui fut l’une des principales préoccupations des électeurs de Nicolas Sarkozy, et s’achève par un paragraphe consacré à l’immigration économique, présentée comme un « facteur de modernité » : « notre pays a tout intérêt à attirer des salariés qualifiés, qui par leur travail enrichissent la France. »

On n’osera demander par quel tour de magie un pays comme le nôtre, touché par l’un des plus forts taux de chômage de la communauté européenne, aurait besoin de travailleurs immigrés qui viendraient « enrichir la France. » n’est-ce pas plutôt de formations plus adéquates, d’orientations plus pertinentes de ses jeunes, d’une revalorisation de l’artisanat et du travail manuel (pour ne pas dire du travail tout court…), d’une refonte totale du système scolaire et d’une désétatisation des filières économiques dont la France aurait besoin ? Faire venir des travailleurs immigrés n’est-il pas un échappatoire commode pour un gouvernement dont le parti n’osera pas réformer autant que la couverture de son magazine peut le prétendre ?

A cela s’ajoute le fait que le gouvernement prétend favoriser l’immigration du travail au détriment de l’immigration familial, ce qui est foncièrement hypocrite puisque la venue de travailleurs chez nous implique fatalement, par les dispositions de notre législation, la venue de la famille de ceux-ci, donc encore plus d’immigration familiale.

Mais il y a, au-delà de ces considérations purement économiques, un fait plus choquant qui traduit l’évolution des mentalités des élites gouvernantes parisiennes : l’approche de l’immigration a évolué et une conception purement utilitariste s’est substitué à l’immigration humanitaire et larmoyante qui a provoqué les désastres que l’on sait. D’un point de vue purement moral, l’on peut sérieusement se demander quelle conception est la pire.

L’immigration économique est en effet un « facteur de modernité » si l’on prend la modernité dans ce qu’elle a apporté de plus destructeur pour l’Humanité (le communisme, le nazisme, les révolutions…) L’immigration est un drame pour toute personne (exceptés quelques cas isolés), le fait de quitter son pays et ses racines n’est pas une chance mais une tragédie humaine qui est, à notre époque, devenue le lot de millions de personnes contraintes, pour des motifs économiques ou militaires, de quitter le pays de leurs ancêtres pour émigrer vers d’autres contrées, amenant ainsi les « clash » communautaires que nos sociétés occidentales connaissent aujourd’hui.

L’immigration économique consisterait à « faire le tri » entre les immigrés trop peu rentables pour certains intérêts situés dans le pays d’accueil et ceux qui peuvent intéresser économiquement ces mêmes intérêts. Il y a donc, en amont, une approche déshumanisante de l’immigré perçu comme un accessoire économique rentable (sous peine d’être « jeté ») et, en aval, un véritable pillage des forces économiques des pays du Tiers-monde qui en manquent cruellement.

Alors que les autorités occidentales font la chasse à l’immigration de la misère (de manière fort peu efficace et sans s’attaquer aux causes), elles incitent l’immigration économique, injuste du point de vue national puisque ces immigrés feront concurrence aux travailleurs indigènes, crapuleux du point de vue international puisque cela prive le Tiers-monde d’une potentielle « élite. » Enfin, l’on ne peut que ressentir un profond malaise à l’idée que l’entrée dans notre pays sera désormais subordonnée à une rentabilité purement économique qui, fatalement, ignore des critères humains tels que l’appartenance à une communauté, une civilisation, une nation… Ceux qui n’éprouvent qu’indifférence à l’égard du « traitement » des immigrés qui commence à voir le jour, devraient se souvenir que, en France, à chaque fois qu’une mesure a été appliquée aux immigrés, elle a ensuite été étendue à l’ensemble de la communauté nationale (par exemple la carte d’identité.)

Si l’on peut aujourd’hui considérer l’étranger comme un simple facteur économique, qui peut dire avec certitude que, demain, tout homme ne sera perçu de même ? Quelle différence y a-t-il entre un étranger et un Français aux yeux d’un mondialiste ? Ce qui peut être fait sur l’un peut être fait sur l’autre. L’enjeu devient ici civilisationnel : Après avoir, par « droit de l’hommisme, » défendu l’indifférenciation entre « nous et les autres, » c’est-à-dire la fin des frontières, des communautés régionales et nationales et des identités et perçu l’homme comme un individu désincarné, interchangeable avec ses semblables, verra-t-on par « réalisme » l’individu, toujours désincarné et interchangeable, considéré également comme un simple produit dans un système économique infernal ? Et si l’on considère que la venue sur notre sol de ces nouveaux travailleurs, qui feront concurrence aux travailleurs nationaux, seront une cause de baisse des salaires, ces travailleurs étant prêts à gagner moins pour un travail plus lourd, compte-tenu de la situation à laquelle ils échappent, l’on voit que ce raisonnement trouve une illustration concrète dans l’immédiat.

Il est plus que temps de l’affirmer : non l’immigration n’est pas une chance, ni pour la France, ni pour les immigrés. Encore faudra-t-il l’expliquer à nos contemporains biberonnés de mondialisme par la propagande audiovisuelle.

Doumenge Mistral

L’idole des “jeunes”…

Jeudi 16 août 2007

Jamel nie le côté “hip-hop fils d’immigrés banlieues représente t’as vu” de son émission Jamel Comedy Club, alors que cet aspect est revendiqué par d’autres humoristes de cette production, et qu’en regardant ce programme, ça crève les yeux.

Jamel contredit un de ses poulains phares, Fabrice Eboué, qui admet dans Télérama que les non-Blancs peuvent faire des blagues qui seraient considérées comme racistes si elles étaient faites par Bigard, l’archétype du Français de souche moyen.

Jamel trouve que dire “La fête nationale des musulmans c’est le 11 septembre”, c’est “génial“.

Jamel se livre au discours victimaire typique et généralisé dans les médias au sujet des émeutiers venus de banlieues, en l’occurrence au sujet des émeutes de la gare du Nord (articles 129 et 130).

Il affirme être de tout coeur avec ceux qui lancent des boules de pétanque sur les policiers, qui brûlent, agressent, etc. et prétend en plus qu’ils sont diabolisés dans les médias, alors que le discours qu’il tient est celui de l’idéologie dominante, très largement dominante même.

Le pire reste qu’il dénonce le fait que ces gens soient séparés des autres, exclus, puisqu’ils sont classés dans diverses zone “prioritaires”. “Prioritaires”, ce n’est pas pour rien. Il est vrai qu’il est vraiment cruel de la part de l’Etat de se consacrer en priorité à ces zones, cela rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire…

Bref du grand, du beau, du vrai Jamel, et évidemment toujours applaudi par le public, à l’exception du 11 septembre (et encore ça passe vite).

Source: Proelium

TVA sociale, face à la réformette notre rupture !

Samedi 7 juillet 2007

Après une sortie toute chiraquienne début 2006, c’est sous l’impulsion du nouveau gouvernement que la TVA sociale, véritable serpent de mer du paysage politique français, refait surface. A son annonce, la levée de boucliers socialiste ne se fit pas attendre et Monsieur Borloo (gaffe ou manoeuvre politique peu importe) dut affronter la laborieuse montée au combat des pachydermes socio-libéraux.
Mais d’ailleurs, en quoi consiste la TVA dite “sociale”? Egalement présentée comme “antidélocalisation“, cette TVA est supposée participer au rééquilibrage de la balance commerciale française (largement déficitaire pour l’année 2006).

Elle semble pourtant a priori nettement inefficace quant aux produits en provenance des pays en développement (Tigres asiatiques, Maghreb ou géant sino-indien), cette augmentation de TVA n’aura en effet que peu de conséquences sur le ras- de-marée des produits de ces contrées où le coût de la main d’oeuvre est souvent 10 fois moins important que celui du travailleur français. Face au marché américain dont la devise se dirige désormais vers 1,4 euro, nos produits apparaissent bien peut attractifs, il en va logiquement de même face aux autres pays développés hors UE dont la monnaie s’aligne sur le cours du dollar.
Reste l’UE dans laquelle cette hausse de la TVA pourrait être cette fois efficace en donnant un net avantage aux produits de fabrication française (par la baisse du coût de production et donc du produit HT).

Pour situer globalement l’action de la réforme, il s’agit d’augmenter la TVA, de reverser le “surplus fiscal” obtenu au système de sécurité sociale, les cotisations patronales étant dans le même temps diminuées. Ce n’est pas la première mesure d’instauration d’un prélèvement fiscal à vocation “sociale”, chaque fois est apparue la difficulté de mesurer l’efficacité de la réforme c’est à dire d’observer ses conséquences sur l’économie nationale. Les résultats devant être livrés à interprétation, chacun y va de son analyse, de ses statistiques (dont on connaît le danger d’instrumentalisation) et dans les faits, il est bien difficile de voir si le pari est gagné.

Car il s’agit bien (et le président Sarkozy a bien du mal à le reconnaître en parlant de “test”) d’un pari, aucune garantie d’efficacité n’existe, aucune certitude empirique … pure spéculation. Il est même à craindre des conséquences négatives : l’abaissement des cotisations patronales peut d’une part ne pas être reversé aux salariés, ou d’autre part ne pas conduire à une baisse du prix HT des produits (qui ne peut être décidée que par les patrons).
Réforme hasardeuse, nouveau coup de pocker, probablement … nouvelle mesure poudre aux yeux, certainement.

Car le gouvernement qui a pourtant fait de la rupture un leitmotiv presque lassant se refuse à la vraie, à l’authentique rupture, celle d’avec un système social archaïque qui institutionnalise l’assistanat et qui interdit au salarié d’assurer seul sa sécurité sociale.
En effet notre réponse au double problème de notre système social et du commerce extérieur auquel semble vouloir répondre cette réforme, nous devons la trouver dans l’économie sociale corporative. Notre credo ne change pas : un prolétaire est un ouvrier qui ne possède pas son outil de travail, qui ne maîtrise pas sa couverture sociale, il est celui dont l’avenir est sans cesse incertain. Notre objectif social est donc simple : rendre au travailleur la possession de sa couverture sociale, le libérer de l’Etat tout puissant. Comment faire ?

Premièrement, supprimer les cotisations patronales afin de renforcer les cotisations salariales, c’est alors au salarié d’assurer sa couverture sociale (qui ne l’oublions pas est un service) c’est-à-dire de la financer, de l’acheter. Qu’une telle prise en charge par le salarié de sa protection sociale soit élargie et organisée à l’échelle de l’entreprise, du corps de métier ou d’un autre corps intermédiaire, peu importe. Ce que nous voulons, c’est en finir avec la structure étatisée. Nous voulons rendre au salarié la pleine possession de son avenir, c’est-à-dire aussi de l’assurance de pouvoir recevoir des soins, de pouvoir toucher de quoi assurer sa subsistance et celle de sa famille en cas d’incident … ce que l’Etat s’est approprié au cours des législatures successives. Le fonctionnement des mutuelles peut et doit être élargi au maximum.

Outre la suppression d’un assistanat pervers, fruit d’un long travail des barons républicains et de leur volonté d’uniformisation et de contrôle du peuple, cela aurait des avantages économiques notables en allégeant les contributions fiscales des entreprises et en incitant au travail (par souci d’assurer sa couverture, voilà l’application de la “responsabilisation” qui est sur toutes les lèvres et que l’on ne pense pourtant si peu à mettre en place). Il est bien évident qu’une telle politique doit absolument s’accompagner d’une réforme en profondeur de notre conception de la protection sociale afin que les structures mutualisées ne délaissent pas les plus démunis.

Face à la réformette somnambulesque de Monsieur Sarkozy, nous proposons la ligne de la vraie rupture. Sans changement radical du système social, la crise se rapproche, laissant percevoir des conséquences, chaque jour d’aveuglement, plus désastreuses.

Pierre Siste Rec.

ASC n°5 !

Lundi 11 juin 2007

Nous avons le plaisir d’annoncer à nos lecteurs la publication sur Internet du 5ème volet de l’Action Sociale Corporative, la revue sociale des jeunes professionnels de l’Action française.

 

 

Au sommaire de ce numéro :

- Nos maîtres : Frédéric LE PLAY
- Déménagement d’entreprise – Jean-Philippe CHAUVIN
- La nation royale, socle des libertés – Olivier PERCEVAL
- La corporation chez Julius EVOLA – Stéphane BLANCHONNET
- Eteignez vos télés, rallumez vos cerveaux!
- Jallate victime de l’affairisme – Jean-Philippe CHAUVIN

Téléchargez gratuitement la revue en cliquant ici.

La belle ouvrage…

Vendredi 30 mars 2007

“Nous avons connu un honneur du Travail, exactement le même que celui qui, au Moyen-âge, régissait la main et le coeur.
C’était le même, conservé intact en-dessous.
Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, égal dans le plus infime détail.
Nous avons connu cette piété de “l’ouvrage bien faite” poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences.
J’ai vu, toute mon enfance, rempailler des chaises exactement du même esprit et du même coeur, et de la même main que ce peuple avait taillé ses cathédrales…

Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron, ni pour les connaisseurs, ni pour le client du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même pour lui-même, dans son être même.
Une tradition venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulaient que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement, aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait.
C’est le principe même des cathédrales.” Ch. Péguy.

Vu sur le blog de la section Ardèche-Vivarais

La SFAP se mobilise dans le débat sur la fin de vie

Jeudi 22 mars 2007

N’hésitez pas à signer la pétition lancée par la société
française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) mise en ligne à cette adresse : http://sfap.org/

Elle a l’avantage d’émaner d’une société savante (comme on dit en jargon médical) apolitique et areligieuse, ayant ses entrées au ministère de la santé puisque la SFAP a en charge la surveillance du plan soins palliatifs.

Cette pétition n’est pas réservée aux soignants.

N’hésitez pas à diffuser cette adresse largement autour de vous.

Soupe du Roi !

Samedi 10 mars 2007

soupe-du-roi.jpg

http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article6211.php

Action Sociale Corporative N°2

Jeudi 7 décembre 2006

L’Action Sociale Corporative N°2 vient de sortir !

Au sommaire de ce second numéro:

- Les délocalisations par JP CHAUVIN.
- Le fédéralisme et la question sociale par Stéphane BLANCHONNET
- Les notions d’intégration et d’assimilation par Olivier PERCEVAL
- Economie sociale : Les mutuelles réunies par Philippe KAMINSKI

N’hésitez pas à le télécharger sur www.asc.new.fr

Réforme des retraites: toujours des promesses

Mercredi 27 septembre 2006

M. Fillon s’agite beaucoup ces derniers temps. La sortie d’un essai politique de sa plume intitulé “La France peut supporter la vérité” est prévue pour le 5 octobre. Explosif ou pas, cette publication fait suite au pavé dans la marre qu’il a lancé voilà une quinzaine de jours, alors que débutait le débat parlementaire sur la fusion GDF-SUEZ: selon lui la prochaine législature aura obligation de réformer les régimes spéciaux de retraites dont bénéficient quelques 1,6 millions de personnes (SNCF, RATP, Opéra de Paris, etc.).
Pour des raisons à la fois financières et d’équité sociale, voilà bien longtemps que ces régimes auraient dû être alignés sur ceux des salariés du privé. En 1993, ce sont ces derniers qui ont vu leur régime modifié (allongement de la durée de cotisation notamment). De plus vaste envergure les lois Juppé de 1995 furent un échec patent. En 2003, le gouvernement UMP, sous la pression de la rue, accouchait d’une réformette édulcorée concernant les régimes - plutôt “spéciaux” eux aussi- de retraite des fonctionnaires.

Qui était alors ministre des affaires sociales ? M. Fillon.

Alors pourquoi nous promettre pour demain ce que vous n’avez-pas réussi à faire en plus de dix ans ?
Jusqu’à maintenant, les champions de l’égalitarisme tous azimuts, emmurés dans leurs contradictions idéologiques (Mme Buffet, en direct de la fête de “L’Humnaité” (sic!), se félicitait encore d’une éventuelle mobilisation de la CGT …) ont eu raison de ces velléités de réforme vers plus d’équité.
Reculades et rodomontades, effets d’annonce, promesses électoralistes et stratégies clientélistes, autant de méthodes partagées par tous.
Pendant ce temps, la France saigne.

PV.

ABC du royalisme social : Leçon n°11

Dimanche 24 septembre 2006

LA MONARCHIE PIVOT DE LA REORGANISATION CORPORATIVE

Quelles garanties offre la Monarchie à la classe ouvrière ?

Premièrement, son passé. La Monarchie et les classes laborieuses ont toujours fait bon ménage. C’est grâce à la Monarchie que, dans l’ancienne France, le régime corporatif a pu s’établir, durer et prospérer.
Deuxièmement, la Monarchie est intéressée à la réorganisation corporative, seul moyen de libération ouvrière.

Comment la Monarchie est-elle intéressée à la réorganisation corporative ?

La Monarchie ne peut vivre sans les libertés corporatives. Elle ne se maintient qu’à la condition de les protéger, de même que la république ne subsiste qu’à la condition de les étouffer.

Comment cela ?

Le principe qui est à la base de la république, c’est l’élection ; à la base de la Monarchie française, il y a l’hérédité.
Parce que le pouvoir républicain est électif, son existence est à la merci d’un scrutin. Pour durer, il s’arrange de manière que le scrutin lui soit toujours favorable, et il obtient ce résultat en faisant de l’individu son débiteur. Or l’individu ne devient vraiment débiteur du pouvoir républicain que lorsque ce pouvoir est le seul dispensateur des grâces, c’est-à-dire lorsqu’il n’existe pas, pour protéger l’individu, d’autre forteresse que l’Etat républicain.
Au contraire, la Monarchie, parce qu’héréditaire, n’est pas obligée, pour durer, de faire du citoyen le débiteur de l’Etat. Les raisons qui contraignent la république d’étouffer les libertés corporatives n’existent pas pour elle. Elle ne gêne donc pas ces libertés. Les favorise-t-elle ? Oui, elle doit les favoriser, elle le doit par politique. C’est ce qu’écrivait un grand ministre de la restauration, Villèle : « La Monarchie peut sans danger, elle doit par politique, permettre aux citoyens de se grouper autour de leurs intérêts communs pour combiner les moyens les plus propres à obtenir qu’ils soient protégés. Ainsi doivent s’établir les conseils des administrations secondaires , les corps de ville, les chambres de commerce, d’hommes de loi, de gens de lettres, de corporations de toutes espèces. »
Qui ne voit, d’autre part, que ces corporations débarrassent le pouvoir royal d’une foule d’attributions secondaires et lui permettent de se consacrer plus librement à sa fonction propre, qui est la garde des intérêts généraux de la nation. Le régime corporatif offre ainsi à la Monarchie son assise la plus sûre.

Faut-il conclure de ce qui précède que du jour où un pays est en Monarchie, la question sociale est résolue ?

Une telle conclusion serait absurde. Il faut dire : du jour où un pays est en Monarchie, la réforme sociale est possible ; elle ne l’est jamais en république. Elle ne l’est pas en France démocratique, mais elle le devient dans la mesure où la Monarchie est antidémocratique, dans la mesure où la Monarchie est également éloignées de l’absolutisme et du parlementarisme, c’est-à-dire dans la mesure où elle est corporative.

ABC du royalisme social: leçon N°10

Mercredi 13 septembre 2006

LA REPUBLIQUE OBSTACLE A LA REORGANISATION CORPORATIVE

Qu’est-ce qui prouve que la république est résolument hostile aux libertés ouvrières et à l’établissement d’un nouveau régime corporatif ?
Deux choses le prouvent. Premièrement son passé ; deuxièmement, son intérêt le plus évident.

Qu’a-t-elle donc fait dans le passé, la république ?
Elle a supprimé les institutions corporatives et interdit, sous peine de mort, de les recréer.

La troisième république n’a-t-elle pas réparé le crime de la première, en dotant les ouvriers d’une loi qui leur permet de former des syndicats ?
Il est vrai que la loi de 1884 sur les syndicats a été votée par un parlement républicain. Mais il faut tenir compte de deux faits. En premier lieu, les syndicats existaient bien avant leur reconnaissance légale par le gouvernement républicain ; des syndicats s’étaient reformés malgré la loi révolutionnaire, et le parlement républicain n’a fait qu’enregistrer, en 1884, un état des choses qu’il déplorait, mais qu’il ne pouvait pas empêcher.
Le deuxième fait qu’il faut retenir, c’est que la loi de 1884 a été plus nuisible qu’utile à la classe ouvrière.

Comment cela ?
La loi de 1884 eût été le point de départ d’une magnifique reconnaissance corporative si elle avait mis la réalité du lien professionnel, l’existence d’un intérêt commun aux patrons et aux ouvriers. Il suffisait, comme le demandaient les royalistes, d’encourager, de favoriser, sinon de promouvoir l’organisation par métier, par profession. Mais les républicains n’ont rien voulu entendre ; les républicains n’ont reconnu que le groupement par classe, c’est-à-dire la formation syndicale en place de la formation corporative. Or, la formation syndicale, considérée comme expression dernière du groupement professionnel, retient, dans une
entreprise stérile et dangereuse de lutte l’un contre l’autre l’ouvrier et le patron et retarde par là même l’œuvre de libération ouvrière.

Dans quel but les républicains entretiennent-ils la lutte des classes ?
Afin de pouvoir continuer leur œuvre d’exploitation. La lutte des classes entretient l’ouvrier dans cette illusion que l’ennemi c’est son patron, alors que la cause première de son état de servitude, c’est le régime du bon plaisir imposé par la révolution et maintenu par les politiciens républicains.
Absorbé qu’il est par la lutte contre le patronat, l’ouvrier n’aperçoit pas la figure de son ennemi véritable, le politicien démocrate, profiteur du régime du bon plaisir, qui à l’abri de toute surveillance, peut digérer tout à son aise.
De plus, la lutte des classes, qui provoque la grève ouvrière et le lock out patronal, fournit des prétextes aux républicains démocrates pour briser les organisations ouvrières et noyer dans le sang la révolte prolétaire.

Les républicains démocrates n’ont-ils pas un autre moyen de réduire à néant les revendications ouvrières ?
Oui, les ouvriers dupés, trompés, se retournent parfois contre les politiciens. Afin d’éviter le péril qui les menace, les républicains démocrates ont imaginé de domestiquer, de museler les chefs des syndicats, et, par eux, le prolétariat organisé.
Ne faut-il pas tenir compte à la république des réformes sociales qu’elle a réalisées ?
Les réformes sociales ne sont, en elles-mêmes, que de faibles restitutions à la classe ouvrière des bienfaits qu’elle possédait sous la monarchie et que la première république lui a confisqués. Encore cela n’est-il vrai qu’en apparence. Dans la pratique, les réformes servent à récompenser des services électoraux.
D’ailleurs, même si les réformes représenteraient vraiment une restitution, il ne faudrait pas en exagérer le mérite ; on devrait les considérer comme un moyen d’endormir les appétits d’affranchissement du travailleur. Car, ce qui importe, ce n’est pas seulement de soulager la souffrance du prolétaire, mais bien plutôt d’atteindre le mal dans sa racine, par conséquent d’arracher complètement le travailleur au prolétariat, de lui restituer sa « possession d’état » par l’institution d’un régime corporatif nouveau.

Quel est le principal obstacle à la réorganisation corporative ?

L’intérêt républicain démocratique.

Comment cela ?
Le régime corporatif suppose entre l’individu et l’Etat des sociétés intermédiaires ― communes, provinces, corps professionnels ― qui sont maîtresses dans leurs affaires particulières.
Le régime républicain démocratique, lui, n’admet pas la liberté des communes, des provinces, des corps professionnels. Ce qui le constitue, c’est d’un côté, l’Etat tout-puissant ; de l’autre l’individu-poussière, l’individu faible et désarmé, livré au bon plaisir de l’Etat.

Pourquoi l’Etat républicain ne peut-il admettre l’existence de libres corporations ?
Parce qu’il est électif. L’élection appliquée à tout fait de la république un gouvernement incapable de supporter la moindre liberté réelle.

Comment cela ?
Puisqu’il est créé par l’élection, le gouvernement républicain dépend de l’électeur. Pour se maintenir au pouvoir, il veillera donc à ce que l’électeur lui soit toujours fidèle. Il y parviendra en fonctionnarisant le corps électoral, ou tout au moins en mettant à l’électeur une corde au cou. Ainsi, l’électeur sollicite-t-il une place pour un ami ou pour lui-même ? L’Etat seul est à même de la lui fournir ; désire-t-il un secours, une pension d’assistance, une retraite ? C’est l’Etat qui tient la caisse. Il en résulte que c’est non plus le gouvernement qui dépend de l’électeur, mais bien plutôt l’électeur qui dépend du gouvernement.
Au résumé, le régime républicain ne se maintient qu’à la condition de s’emparer des attributions qui incombent tout à fait aux corporations. Le régime républicain suppose que l’Etat est le pourvoyeur nécessaire des places et des sinécures de toutes sortes. N’est-il pas évident que si la république laissait aux corporations le soin d’organiser elles-mêmes les services d’assurance et d’assistance pour leurs membres, les citoyens ne seraient plus débiteurs du gouvernement.

Qu’arriverait-il alors ?
Il arriverait que la république, n’ayant aucun appui, s’effondrerait. Elle ne peut se maintenir que si les citoyens dépendent d’elle, que si les individus sont ses esclaves. Ce n’est pas un peuple libre qui convient à l’Etat républicain, c’est un troupeau.

A l’égard des organisations professionnelles, le régime électif n’a-t-il pas un autre inconvénient ?
Oui, dans tout régime électif il se forme des bandes, appelées partis politiques, qui, dans le but de conquérir le pouvoir, pénètrent dans les syndicats ouvriers, les détournent de leurs fins professionnelles, et les transforment en agences électorales.

La classe ouvrière ne peut-elle s’opposer à cette main-mise des politiciens sur les syndicats ?
Dans la pratique, cela lui est très difficile. Les politiciens, disposant du pouvoir et des faveurs, ont peu de peine à trouver des complices dans les syndicats.

La libération ouvrière est donc une entreprise impossible en république démocratique ?

Oui, si la classe ouvrière s’obstine à supporter encore la république, elle doit renoncer à sortir du prolétariat. Si elle veut résolument s’affranchir, elle n’a qu’un parti à prendre : briser la république et établir un régime qui lui offre des garanties solides.

Quel régime peut offrir à la classe ouvrière de solides garanties ?
Il n’en est qu’un : c’est la Monarchie !

ABC du royalisme social: leçon N°9

Lundi 11 septembre 2006

DU SYNDICAT À LA CORPORATION

L’Etat ne doit donc pas créer de toutes pièces le régime corporatif ?

Non, ce n’est pas son affaire. En matière d’organisation du travail, il n’y a pas de législateurs plus éclairés que les travailleurs eux-mêmes.

L’Etat doit-il donc se borner à contempler en spectateur indifférent le travail de réorganisation corporative ?
Non, sans doute, l’Etat doit intervenir, mais c’est pour briser les barrières qui empêchent le monde du travail de s’organiser ; c’est pour abolir les lois qui entravent l’évolution du syndicat vers la corporation.

L’Etat n’a-t-il pas encore un autre devoir à remplir ?
L’Etat doit favoriser l’éclosion du germe corporatif, reconnaître la corporation une fois formée et homologuer ses règlements. Ainsi procéda l’Etat sous Saint Louis. Le roi chargea le prévôt de Paris, Etienne Boileau, de rassembler les us et coutumes des classes laborieuses. Puis il donna à ces règles, recueillies dans le Livre des Métiers, un corps, une existence matérielle : il les confirma. Le roi était le gardien des libertés corporatives.

Est-il toujours facile à l’Etat de remplir son devoir en favorisant la réorganisation corporative ?
Cela lui est parfois impossible. Il arrive que l’Etat doit choisir entre son devoirs et son intérêt : son devoir lui commande d’appuyer les efforts des classes laborieuses ; son intérêt l’oblige à refuser à ces classes les libertés dont elles ont besoin pour sortir du prolétariat. C’est ce qui se produit aujourd’hui pour la France. La réorganisation corporative n’y est si peu avancée que parce que l’Etat dresse systématiquement des barrières à toute tentative de reconstruction sociale.

Pourquoi l’Etat, en France, est-il hostile aux libertés corporatives ?

Ces libertés sont pour lui une menace continuelle ; et il en est ainsi parce que l’Etat est constitué au rebours du principe corporatif, parce qu’il est une république démocratique.

Chômage et finances publiques: une question de priorités

Lundi 4 septembre 2006

Voilà qu’on nous annonce en grande pompe que les chiffres du chômage baissent. Le taux de chômage serait passé sous la barre des 9 %, ce qui n’était plus arrivé depuis 2002.
Un scepticisme mesquin pourrait nous envahir tant les manipulations sont courantes en ce domaine et les officines institutionnelles aux ordres des politiciens en place. Récemment c’est encore l’Insee qui à demi-mot faisait son mea culpa concernant les statistiques de l’immigration qu’elle avait sous-estimées en 1999.
En leur accordant le bénéfice du doute et n’étant pas partisans d’une « politique du pire », l’on ne peut que se réjouir d’une amélioration de la situation sociale d’une partie de nos compatriotes et donc de la France.

Mais c’est ici qu’intervient une autre donnée : baisse du chômage oui, mais à quel prix ?
Le troisième volet du plan Villepin pour tenter d’approcher la barre des 8% comprend la suppression des dernières cotisations patronales de Sécurité sociale au niveau du SMIC pour les entreprises de moins de 20 salariés. Outre le fait que cette mesure - qui au demeurant va dans le bon sens- risque d’encourager les patrons à n’employer qu’au SMIC ou à ne pas dépasser les 20 salariés, ce nouvel allègement a un coût qu’il faut bien financer ; d’autant qu’il devrait être accompagné d’autres mesures coûteuses telles que l’augmentation de la prime pour l’emploi dont l’efficacité a d’ailleurs étaient remises en cause à plusieurs reprises par la Cour des comptes.

Or, comme le rappelait un sénateur de la commission des finances, il n’y a PAS DE CAGNOTTE quand un budget est déficitaire de près de 50 milliards d’euros*, et le redressement des finances publiques est toujours censé, depuis le rapport Pebereau de 2005, faire partie des « priorités absolues » du gouvernement.

Reste à savoir comment ce régime reposant sur l’élection au suffrage universel et donc entièrement soumis aux pressions partisanes et aux urgences électoralistes, pourra concilier et gérer à long terme ces différentes « priorités » qu’il s’est lui-même fixé.

* Depuis 1975, aucun budget de l’Etat n’a été voté à l’équilibre ; autrement dit nous accumulons les déficits chaque année depuis 30 ans.

ABC du royalisme social: leçon N°8

Lundi 4 septembre 2006

RÔLE POLITIQUE DE LA CORPORATION

Le régime corporatif ne représente-t-il pas encore un autre avantage ?
Oui, il permet d’introduire dans la constitution politique la représentation des droits et des intérêts professionnels.

Quels seraient les avantages de cette représentation ?
Elle nous débarrasserait de la domination des politiciens, de tous ces ambitieux, qui, parce qu’ils n’ont pas réussi dans leurs propres affaires, se croient appelés à gérer les grands intérêts de l’Etat. Elle mettrait fin au règne de ceux qui consomment et donnerait l’influence à ceux qui produisent. Par elle, les intérêts de la profession pourraient faire entendre leur voix.

Comment s’entend la représentation professionnelle ?
Les corporations désigneraient leurs membres les plus capables, qui rédigeraient les cahiers de profession. Sur ces cahiers seraient consignés les vœux et les besoins des corps d’état.

Quel rôle serait assigné aux mandataires des corporations ?
Un rôle consultatif. Ainsi le comprenaient nos pères : les états transmettaient au Souverain les vœux et les doléances du pays.

Sur quoi s’appuie cette conception du rôle politique de la corporation ?

Sur des paroles royales : « Qui ne voit, disait le Comte de Chambord en 1865, que la constitution volontaire et réglée des corporations libres deviendrait un des éléments les plus puissants de l’ordre et de l’harmonie sociale, et que ces corporations pourraient entrer dans l’organisation de la commune et dans les bases de l’électorat et du suffrage ? Considération qui touche un des points les plus graves de la politique de l’avenir. »
Enfin, en 1907, Mgr le Duc d’Orléans écrivait : « Les associations professionnelles…donneront, avec le temps, naissance à une véritable organisation corporative, base naturelle d’une représentation sérieuse et compétente ».

ABC du royalisme social: leçon N°7

Vendredi 1 septembre 2006

Rôle social de la corporation.

Suffit-il d’organiser le travail de telle sorte que nous n’ayons plus que de bons produits ?
Non, il faut encore et surtout que le travail entretienne celui qui produit. L’entrepreneur fait travailler pour produire, mais l’ouvrier travaille pour vivre. Il importe donc que la production ne soit pas détournée de sa destination sociale, et elle l’est lorsqu‘elle dépasse les besoins de la consommation ou encore lorsque l’entrepreneur vise à gonfler son gain en rognant sur les salaires de l’ouvrier. On doit se préoccuper davantage de ce qui est, en définitive, la fin principale du travail, c’est-à-dire de la subsistance du travailleur. Et c’est pourquoi la corporation a un rôle social à remplir.

En quoi consiste le rôle social de la corporation ?
A résoudre la question sociale, c’est-à-dire le problème de la sécurité et de la dignité du travailleur.

Que faut-il entendre par le mot SÉCURITÉ du travailleur ?
Par sécurité du travailleur nous entendons l’assurance de ce travailleur contre les risques de la vie : risques du chômage, des accidents, de la maladie, de l’invalidité vieillesse.

Quelle garantie contre ces risques divers la corporation apporte-t-elle au travailleur ?
Tout d’abord, la corporation peut empêcher de nombreuses crises de chômage par le fait qu’elle organise la production. Si le chômage n’a pu être évité, le patrimoine corporatif appuie le travailleur dans les cas d’accidents, de maladies ou d’infirmités ; c’est le patrimoine corporation encore qui assure le pain de la vieillesse.

Suffit-il d’arracher le travailleur à l’insécurité de l’existence ?
Non, il faut encore l’élever en dignité, c’est-à-dire lui assurer des conditions de travail qui lui permettent de faire face à toutes ses charges personnelles et familiales.

Comment la corporation assure-t-elle à l’ouvrier de bonnes conditions de travail ?
Par le retour à l’une des meilleures pratiques de la corporation du passé. Au temps de la prospérité corporative, syndics des maîtres et syndics des artisans réglaient contradictoirement le prix des salaires. Pourquoi le conseil corporatif ou la chambre corporative ne donneraient-ils pas obligatoirement leurs avis sur les tarifs et règlements du travail ? Les patrons seraient protégés contre une concurrence sans limite ; les ouvriers contre l’avilissement des salaires. Les grèves et les lock out seraient par là même évités.

A quoi aboutit l’exercice du rôle social de la corporation ?

A l’abolition du prolétariat et l’affranchissement du travailleur. Arraché à l’insécurité de la vie, assuré que son travail lui permettra une existence honorable, l’ouvrier cesse d’être un prolétaire, c’est-à-dire un homme campé dans la société.
Par la possession d’état, le régime corporatif l’installe dans la société, lui restitue ce droit de cité dans la patrie française que la Royauté lui avait garanti durant six siècles et que la révolution lui
a enlevé le 14 juin 1791 (loi Le Chapelier). Au résumé, le régime corporatif lie le sort du travailleur à la fortune de la Patrie.