Culture et politique(2)
13 mai 2008On n’a aucun pouvoir sur le temps si l’on se contente de scruter ce qui change: la seule manière de pouvoir agir consiste à reconnaître ce qui demeure. Dans le cadre du combat culturel, cette maxime a toute son importance. A vouloir réformer les choses, on oublie souvent que rien ne change de façon spontanée et surtout, qu’en fin de compte, malgré les aléas, les principes intelligemment entendus ne changent en aucun domaine. C’est pourquoi notre étude repose sur les éléments permanents de la culture dans ce qu’elle a d’essentiel, face à quoi nous finirons par nous interroger sur ses variations qui n’altèrent en rien son moteur premier.
Ce point de départ invalide bien logiquement deux formes de considérations: la première, que nous avons écartée dans la précédente partie, est celle qui consiste à dire que la culture doit être considérée séparément du politique; nous étayerons d’arguments notre position ultérieurement.
La seconde, plus terrible encore, est celle qui annonce la vanité de la culture en soi, son inutilité et sa pure réduction à une parodie du dogme et de la connaissance traditionnelle. Il en est d’autres qui, adhérant à la première forme de considération, concluent à la seconde de facto: puisque la culture est indéfectiblement liée au politique, alors elle est vaine et rien ne sert de s’y intéresser; pire encore est de considérer que se pencher sur la culture dans ces conditions, c’est sombrer à coup sûr dans la politique du moment, et se condamner à être un éternel mondain voué à ne rien changer.
Penser ainsi, c’est se laisser prendre au piège de l’exercice discriminatoire de la fonction politique, et devenir l’objet de l’inintelligibilité de son siècle. Au reste, d’accord ou non sur sa légitimité, il est bon de reconnaître que c’est au moyen de l’invasion de la culture par ses chantres que la Révolution a été possible en France d’un point de vue politique et dans ses conséquences démocratiques (1). Nous ne faisons pas mention des campagnes de déchristianisation, mais de cette voie plus invisible et préalable que l’on nomme « l’évolution des mœurs » et qui permet aux chefs d’être suivis dans leurs actes par la multitude. Il faut l’admettre, le courant qui domine la culture est toujours la forme officielle de Gouvernement dans l’esprit des gens, le reste, malgré sa puissance ou sa légitimité supérieure, n’étant jamais qu’une justice extra-culturelle et donc, socialement, une mauvaise justice.
Ainsi, ce n’est pas seulement l’Education Nationale qui est la cause d’une défiance actuelle envers la monarchie; ce n’est pas seulement la façon dont les gens ont appris l’Histoire qui leur fait rejeter certaines réalités. Arriverions-nous à reprendre le contrôle de l’enseignement, parviendrions-nous, plus humblement et plus justement, à contraindre les institutions à l’honnêteté la plus exacte, les gens continueraient, en majorité, à abhorrer les principes extérieurs à ceux de notre temps.
La culture, c’est le paralangage de l’unité sociale; qui comprend cela comprend combien il est nécessaire d’agir par elle. Qui comprend cela dépasse le champ de la “prêche aux convertis” et arpente des salons étrangers aux siens pour écouter, et non pour affirmer. Qui comprend cela entame le pèlerinage salutaire ou plutôt, la « traversée du désert » et s’assimile l’aride fondement social qui fait entendre aux autres la vérité différemment de soi. Il cherche par-delà les mentalités, par-delà les raisonnements, conscient de ces choses qui, extérieures à la raison, sont en mesure de la forger, de la guider, de l’inspirer. C’est, vicieusement, l’action perpétrée par toute oeuvre de propagande ou par sa petite sœur, la publicité; vertueusement, cela devient une forme véritable de justice, lorsque le cœur de celui qui travaille en ce sens est mu par une volonté de changement salutaire. Mais dans cette perspective, l’erreur est si vite arrivée; permettez-moi de citer un homme que l’on considère, à juste titre, comme l’un de nos plus grands adversaires, ce qui ne l’a pas empêché de dire des choses que l’on est en droit de méditer et qui, hors du temps et des querelles de fond, peuvent somme toute nous être adressées et utiles de surcroît: « La grandeur d’un représentant du peuple n’est pas de caresser l’opinion momentanée qu’excitent les intrigues des gouvernements, mais que combat la raison sincère et que de longues calamités démentent. Elle consiste quelques fois à lutter seul, avec sa conscience, contre le torrent des préjugés et des factions. » Maximilien de Robespierre a dit cela.
C’est à dessein que je me suis permis une telle provocation; je n’ai pas grande estime pour les oeuvres de l’homme, et ceux qui me connaissent un peu ne peuvent me soupçonner d’être un robespierriste. Mais dans ces mots qui sont les siens, on trouve assez clairement la solution aux difficultés que soulèvent le fait de chercher à agir dans le domaine culturel: s’agit-il de manipuler les foules, parle-t-on de les dominer malgré elles? Non point. On parle de les diriger, on parle de les inspirer, on parle de poser le rempart entre elles et la violence manipulatrice d’une culture qui serait dominée par des hommes sans scrupules. Suis-je en train de dire que Robespierre n’a pas manipulé les foules? Non, je dis que même lui posait comme force de lutte et comme capacité première d’action en faveur du peuple, cette fondamentale intériorité qui fait l’homme, ce questionnement personnel et intérieur. Allons plus loin dans l’audace: j’affirme que si Robespierre était encore en vie, il serait maurrassien. Je n’ai pas dit: s’il était né à notre époque, je dis bien “s’il était encore en vie” à savoir, avec l’expérience qui fut la sienne, avec les actes qui furent les siens. Il jugerait la culture actuelle, sans nul doute, comme dominée par ces « ennemis de l’intérieur » par lesquels il fut lui-même frappé.
Pourquoi cette démonstration autour de Robespierre? Pour plusieurs raisons, sur lesquelles je reviendrai bientôt; mais en premier lieu, afin de signifier une chose: la « traversée du désert » que j’évoquais, accomplie avec intelligence, pourrait révéler chez ceux qui se croient nos adversaires des accointances qu’ils ne subodorent pas, et faire d’eux des alliés de haute valeur, étant issus d’un autre mode, d’une autre case.
C’est un univers bien peu exploré que celui du champ culturel; on croit volontiers que le combat sur ce terrain-là est inaccessible, face à la puissance croissante des médias et des hégémonies politiques en matière de communication. En vérité, les soldats du camp dominant ce champ de bataille n’ont jamais été aussi faibles dans l’Histoire qu’en cette décennie; ils pensent être à l’abri derrière leurs fondations immenses, derrière leur armée de Goliath… Mais l’empire culturel est à portée de notre main, comme la pierre qui était dans celle de David et qui terrassa le géant. (A suivre)
(1) De l’aveu même de Saint-Just, « On craignait Paris, qui chaque jour devenait plus factieux par l’audace des écrivains, l’embarras des ressources, et parce que la plupart des fortunes étaient noyées dans la fortune publique » (L’Esprit de la Révolution, chap.3) On notera que « l’audace des écrivains » est la première des causes énumérées.




Depuis déjà un an Nicolas Sarkozy a posé ses cartons à l’Élysée. Bel euphémisme de dire qu’il a déçu. Déçu les Français oui, mais pour ceux qui comme nous lucidement n’en attendaient rien, il n’y a pas de déception, juste le dégout qui s’ajoute au sentiment d’impuissance à voir un touriste gesticulant faire chaque jour un peu plus démonstration de son inaptitude au pouvoir, de son amateurisme et du vide politique qu’il incarne.
Le Camp Maxime Real del Sarte se déroulera cette année du 22 au 31 août au château de Lignières, ou nous sommes, depuis plusieurs années déjà, aimablement accueilli par le prince Sixte-Henri de Bourbon Parme. Cette université d’été aura comme thème “la résistance française”. Avec plusieurs conférences par jour, des cercles d’études par niveau, des ateliers pratiques (journalistique, études de texte, expression orale, politique locale, etc.), des points d’histoire de France quotidiens, le tout baigné dans une excellente ambiance, le CMRDS représente la seule véritable université de formation politique, bien loin de la médiocrité des autres universités d’été. Le CMRDS, ouvert aux jeunes de 15 à 30 ans, est chaque année un passage indispensable de la formation politique royaliste et de l’espérance française. Il est d’ores et déjà possible de s’y inscrire en envoyant un chèque de 150 euros à l’ordre du CMRDS, accompagné de ses coordonnées (et pour les mineurs d’une autorisation parentale), au CMRDS, 10 rue Croix-des-Petits-Champs, 75001 Paris.
Est-il temps de dire merci à Nicolas Sarkozy, malgré lui ? Lui dire, en effet, merci, pour montrer à quel point la démocratie est un régime illusoire, que la course à l’élection n’est qu’une affaire de mensonges dont l’objectif n’est souvent que d’énoncer un discours aux électeurs pour leur faire croire que l’on va réaliser leur souhait, et ainsi élu, faire exactement l’inverse de ce qui a été promis… Dernière preuve en date, la parodie de lutte contre le travail clandestin et la fraude à la législation sociale qui fait que plusieurs centaines – du moins pour l’instant, en attendant plus – de clandestins travaillant pour l’hôtellerie-restauration vont être régularisés à la suite d’un mouvement de grève soutenu par le CGT. Oh certes, ce sera au cas par cas… Comme l’indique hypocritement Brice Hortefeux. Bien loin des rodomontades de la campagne présidentielle où l’on avait vu un Nicolas Sarkozy se revêtir d’un manteau national, notamment contre l’immigration clandestine. Mais le plus important est, qu’avec le soutien militant des syndicats supplétifs, le patronat “négrier” de la restauration, de l’hôtellerie et du bâtiment a lui-même organisé une campagne pour obtenir la régularisation de ces travailleurs clandestins. Comme l’indique, en effet, Ivan Roufiol : « À cette occasion se dévoile le consensus qui existe entre l’extrême gauche et le monde patronal sur la question de l’immigration. Nombreux sont en effet les employeurs qui soutiennent, pour des raisons économiques, ces demandes de régularisations, tout en admettant avoir été abusés par de fausses cartes d’identité qu’une loi de 2007 leur fait obligation de vérifier. Sur RTL, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, André Daguin, a estimé à 50 000 les régularisations nécessaires dans les cafés-restaurants et 100 000 au total en France. Comment un État peut-il tolérer de voir ses règles ouvertement violées ? Comment un parlement peut-il accepter de voir ses textes remis en question ? Comment l’opinion peut-elle comprendre que des emplois, généralement peu qualifiés, soient donnés à des clandestins alors qu’il existe près de trois millions de chômeurs et que les jeunes s’angoissent pour leur avenir ? » Il est important d’affirmer que les patrons-voyous qui embauchent illégalement des clandestins doivent être sévèrement sanctionnés : ils embauchent, non pas parce qu’ils ne trouvent pas de travailleurs français, mais parce qu’ils, veulent une main d’oeuvre taillable et corvéable et peser sur les salaires. Ensuite, ce sont ces mêmes patrons – soutiens de Laurence Parisot contre l’UIMM, soit dit en passant – qui reconnaissent prendre des clandestins car personne ne veut accepter les salaires qu’ils proposent. Et ces dirigeants d’entreprises ne se sont jamais souciés de revaloriser “l’image” de leurs métiers. Ce qui aurait permis d’avoir une main-d’oeuvre disponible, sans aller la chercher à l’étranger. Alors, à quoi servent donc nos prestigieuses écoles hôtelières ? À moins que là encore la formation professionnelle ne soit qu’un vaste scandale, notamment financier. De plus, l’actuelle législation sociale égalitariste et bureaucratique ne peut que favoriser les clandestins qui rattrapent leur faible salaire par des allocations de toutes sortes.



Au XVIIIeme siècle l’unification du Népal est effectuée autour du roi hivî Nârâyan Shâh, le Népal va connaître 250 ans de monarchie et de pérennité. Petite enclave himalayenne entre l’Inde et la Chine, le Népal va adopter un modèle britannique parlementaire à partir de 1959. Mais ce nouveau modèle est inadapté aux traditions himalayennes: les mentalités hindouistes n’arrivant pas à appliquer ce régime, le roi Mahendra décide de modifier la constitution en 1962.

La révolte lycéenne de ce printemps a quelques raisons d’être : la politique purement comptable du Ministère et de M. Darcos est peu défendable quand elle méconnaît les réalités de l’enseignement dans notre pays et ses spécificités qui, pour ne pas être toutes heureuses, ne méritent pas tant d’indignité… Ainsi, de nombreuses suppressions d’heures de cours distribuées aux établissements et de postes de professeurs, qui seraient légitimées par la baisse démographique des effectifs d’élèves, s’avèrent dangereuses pour la qualité même de l’enseignement : en effet, cela se marque par l’augmentation des effectifs au sein des classes elles-mêmes dans les cours de langue, par exemple, ce qui n’est guère profitable aux élèves et rend leur participation moins fréquente et, parfois, plus difficile. Mais d’autre part, dans les zones déjà en difficulté de par l’environnement social et l’ambiance générale, diminuer le nombre de professeurs et d’adjoints d’éducation (les surveillants) revient à affaiblir leur poids et leur crédibilité au moment même où il faudrait pouvoir mobiliser de nouvelles forces pour éviter les dérives et les naufrages.




Si la Révolution Française a considérablement perdu d’un prestige bien mal-acquis, grâce au travail historique mené à son endroit, il est des zones d’ombres qui n’ont pas cessé de planer sur son nom, des crimes jamais expiés dont les victimes reviennent sans cesse telles des ombres fâcheuses. Ainsi de l’agonie du jeune Louis XVII, que la Mort ne fauche pas au hasard d’une banale journée d’été de 1795, mais dont la déchéance et le supplice germent déjà dans l’esprit tourmenté d’un vaut-rien grand-amateur de Rousseau. Prenant prétexte d’une recherche documentaire préalable à un film sur le roi martyre, Donner nous invite à le suivre dans l’engrenage sanglant de la folie révolutionnaire, disséquée comme jamais depuis les premières gloires écrites d’un Hébert de plus en plus dément face au pouvoir grandissant de son Père Duchesnes, jusqu’au point de non-retour : « Qu’est-ce qu’un enfant quand il s’agit du salut de la République ? ».
Nicolas Sarkozy poursuit inlassablement et sans relâche le démantèlement de la diplomatie française. Le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’OTAN est envisagé, et 700 soldats français supplémentaires vont être envoyés en Afghanistan, gage de la nouvelle américanophilie du gouvernement français.



